Les employés d’une maison de retraite reconnus coupables de mauvais traitements
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Les employés d’une maison de retraite reconnus coupables de mauvais traitements

Quatre employés, filmés en train de brutalement frapper, secouer et menacer verbalement les résidents de l'établissement de Neot Kipat Hazahav, reconnaissent leur culpabilité

Les employés d'une maison de retraite à Haïfa ont été vus au tribunal de la magistrature de Haïfa, où ils ont été accusés de mauvais traitements envers les personnes âgées, le 5 mars 2017 (Crédit : Flash90)
Les employés d'une maison de retraite à Haïfa ont été vus au tribunal de la magistrature de Haïfa, où ils ont été accusés de mauvais traitements envers les personnes âgées, le 5 mars 2017 (Crédit : Flash90)

Quatre employés d’une maison de retraite de Haïfa ont été filmés en train de soumettre des personnes âgées à des mauvais traitements extrêmes. Ils ont reconnu être coupables des accusations pour lesquelles ils ont été inculpés dans le cadre d’une négociation de plaidoyer et ont été reconnus coupables jeudi devant le tribunal de la magistrature de Haïfa.

Les accusés — une infirmière en chef et trois autres employés de la maison de retraite de Neot Kipat Hazahav — ont été reconnus coupables d’accusations de mauvais traitements portées par des procureurs de l’État.

Le tribunal a jugé Hussam Abu Ahmad (50 ans), Andrei Keyes (49 ans), Peter Goskob (26 ans) coupable d’agression aggravée et d’ « agression contre les personnes sans défense ». Inessa Schneider (59 ans), infirmière responsable de l’unité, a été reconnue coupable de manquement au devoir, de négligence et de ne pas avoir signalé les incidents.

Les quatre employés ont été identifiés grâce à une vidéo documentant les abus diffusés par Hadashot (ancienne deuxième chaîne), il y a un an.

La négociation de plaidoyer ne prévoyait aucun accord sur la peine encourue, et l’accusation a l’intention de requérir de longues peines d’emprisonnement.

Le reportage diffusé sur la Deuxième chaîne prouvait que les employés frappaient brutalement les résidents et les secouaient violemment pour les forcer à s’endormir.

Le reportage a également dénoncé des conditions d’hygiène effroyables dans l’établissement de Haïfa, les personnes âgées étant obligées de dormir sur des matelas tachés d’urine et de passer des jours entiers sans être lavées.

La maison de retraite Neot Kipat Hazahav de Haïfa, dans un reportage diffusé le 18 février 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Les images ont été fournies à la chaîne de télévision par un employé de Neot Kipat Hazahav, qui a documenté les mauvais traitements sur une période de plusieurs mois afin d’exposer ce qu’il a décrit comme « des choses que je n’avais jamais imaginées même dans mes cauchemars ».

Après la diffusion du reportage, la police s’est rendue à la maison de retraite, a procédé à plusieurs arrestations et a interrogé des douzaines d’employés de Neot Kipat Hazahav. Le ministère de la Santé a ensuite convoqué des cadres de la maison de retraite pour une audience et a ordonné que le directeur de l’établissement soit remplacé par un administrateur médical.

Le ministre de la Santé, Yaakov Litzman, a exprimé son indignation devant les mauvais traitements documentés dans la vidéo, et a promis de mener un examen approfondi des maisons de retraite israéliennes, qui inclurait le licenciement des employés et des responsables de la gestion.

Il a personnellement dirigé une équipe de fonctionnaires du ministère qui se sont rendus à Neot Kipat Hazahav, où ils ont exigé d’inspecter les installations et d’évaluer les méthodes de travail et les pratiques.

« Je suis bouleversé par ce qui s’est passé ici », a déclaré Litzman à la Deuxième chaîne dans une interview à la maison de Haïfa. « C’est inhumain. Je n’ai même pas les mots. Nous ne pouvons pas ignorer cela. »

« C’est une perte de toute l’humanité et un mal terrible pour les personnes sans défense. Nous devons agir immédiatement pour empêcher ces choses-là », a-t-il exigé.

Un employé de la maison de retraite Neot Kipat Hazahav de Haifa frappant un résident âgé, dans un reportage diffusé le 18 février 2017. (Crédit : capture d’écran Deuxième chaîne)

Neot Kipat Hazahav avait reçu une note élevée lors d’un examen des soins infirmiers mené par le ministère il y a un an, avant la diffusion du reportage. Litzman a reconnu que la surveillance exercée par son ministère sur les maisons de retraite du pays était déficiente.

« Nous devons être reconnaissants [de la diffusion du] reportage. Il est clair que le ministère de la Santé fait partie du problème », a-t-il déclaré.

Dans la foulée de la diffusion du reportage, le Premier ministre Benjamin Netanyahu s’est déclaré « indigné » par les agressions documentées dans le reportage et a appelé le ministère de la Santé et la police à « traiter les agresseurs avec toute la rigueur de la loi et à faire en sorte que cela ne se reproduise pas ».

En juillet 2017, le ministère du Travail, des Affaires sociales et des Services sociaux a déclaré que les signalements dénonçant des actes de négligence et d’abus sur des personnes âgées par la famille et le personnel soignant ont augmenté de 17 % en 2016, ce qui inclut une augmentation de 20 % des signalements d’abus sexuels.

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