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Les États-Unis veulent renforcer la coopération sécuritaire entre Israël et l’AP

Barbara Leaf a dit que la situation économique des Palestiniens est essentielle pour la stabilité dans un contexte de tensions accrues

Jacob Magid est le correspondant du Times of Israël aux États-Unis, basé à New York.

Des membres du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique participent aux funérailles de Taher Zakarneh, 19 ans, tué lors d'affrontements avec les forces israéliennes, dans la ville cisjordanienne de Qabatiya, près de Jénine, le 5 septembre 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)
Des membres du groupe terroriste palestinien du Jihad islamique participent aux funérailles de Taher Zakarneh, 19 ans, tué lors d'affrontements avec les forces israéliennes, dans la ville cisjordanienne de Qabatiya, près de Jénine, le 5 septembre 2022. (Crédit : Majdi Mohammed/AP)

L’administration Biden œuvre à garantir la continuation de la coopération sécuritaire entre l’Autorité palestinienne et Israël dans un contexte de tensions et de violences accrues en Cisjordanie, a commenté une haute-responsable américaine dans la journée de mercredi.

Dans un entretien téléphonique avec les journalistes qui était consacré à son voyage dans la région, au début du mois, Barbara Leaf, la vice-secrétaire américaine aux Affaires du Proche-Orient, a indiqué que les États-Unis étaient « très inquiets » face à la situation sécuritaire au-delà de la Ligne verte.

Leaf n’a pas commenté le dernier affrontement meurtrier qui a eu lieu mercredi et qui a entraîné la mort d’un commandant israélien, Bar Falah, qui a été tué par deux hommes armés palestiniens dont l’un d’eux était membre des services de sécurité de l’AP.

Leaf a toutefois déclaré que les États-Unis « œuvraient à garantir le plus possible que la coopération sécuritaire reste solide et continue ».

Les forces israéliennes ont effectué des raids nocturnes dans les secteurs contrôlés par l’Autorité palestinienne depuis des mois dans le cadre de l’Opération Breakwater, lancée après une série d’attentats meurtriers palestiniens qui a fait 19 morts du côté israélien entre la mi-mars et le début du mois de mai.

Plus de 2 000 suspects ont été placés en détention depuis le début de cette opération, selon les services de sécurité du Shin Bet. Pour leur part, au moins 97 Palestiniens ont été tués par les soldats israéliens cette année, a annoncé le ministère de la Santé de l’Autorité palestinienne. Une liste qui comprend des Palestiniens ayant commis des attaques meurtrières sur le sol israélien, des adolescents qui avaient protesté avec violence contre les raids nocturnes de l’armée israélienne et la journaliste d’Al-Jazeera Shireen Abu Akleh.

L’insistance placée par Leaf sur la coopération sécuritaire a fait écho aux propos tenus lundi par le porte-parole du département d’État américain, Ned Price, qui a lui aussi reconnu les menaces « indéniables » pesant sur Israël et incarnées par les groupes terroristes et les loups solitaires en Cisjordanie. En même temps, Price a déclaré que la capacité de l’AP à s’attaquer aux menaces, en Cisjordanie, était entravée lorsque les liens avec Israël « sont à leur point le plus bas ».

La vice-secrétaire d’État au Moyen-Orient Barbara Leaf, à gauche, rencontre le président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas au bureau de ce dernier à Ramallah, le 11 juin 2022. (Crédit : State Department/Twitter)

De son côté, Leaf a salué, mardi, le coordinateur américain à la sécurité à Jérusalem Mike Fenzel pour avoir facilité la coopération sécuritaire entre Israël et l’Autorité palestinienne.

Leaf a ajouté que le renforcement de la sécurité seul ne serait pas suffisant pour mettre un frein aux récentes violences, disant que « il y a des choses qui sont faites dans d’autres domaines ou autour de la coopération sécuritaire qui permettent de la maintenir ».

La haute-responsable américaine a déclaré qu’un grand nombre de ses réunions avec des responsables israéliens et palestiniens s’étaient concentrées sur l’amélioration des conditions de vie au niveau économique pour les Palestiniens de Cisjordanie et de Gaza, expliquant que « ce facteur économique peut aider et soutenir l’amélioration des conditions sécuritaires ».

Les obsèques d’Ali Harb, poignardé à mort par un résident israélien, pendant ses funérailles dans le nord de la Cisjordanie, dans le village d’Iskaka, le 22 juin 2022. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

Leaf a souligné l’accès à la 4G pour les Palestiniens et l’ouverture, vingt-quatre heures sur vingt-quatre et sept jours sur sept, du poste-frontière Allenby, qui sépare la Cisjordanie et la Jordanie – deux annonces qui avaient été faites par les États-Unis pendant le déplacement du président Joe Biden dans la région, au mois de juillet. Leaf a précisé avoir poussé Israël à mener à bien ces deux initiatives.

Selon un reportage de la Treizième chaîne, la semaine dernière, les entretiens de Leaf avec les responsables israéliens avaient été quelque peu tendus lorsqu’elle avait exprimé son inquiétude face au nombre élevé de victimes palestiniennes.

Tandis que les officiels israéliens ont établi clairement qu’ils n’étaient pas intéressés par une escalade des violences, ils ont affirmé que l’armée continuerait ses opérations anti-terroristes dans toute la Cisjordanie dans le but de protéger la vie des citoyens.

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