Les étudiants de Bezalel s’attaquent à tous les malheurs du monde
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Les étudiants de Bezalel s’attaquent à tous les malheurs du monde

Le département de Design Industriel de l’Académie des Arts et du Design expose les projets de jeunes diplômés censés révolutionner nos vies

Photo d'illustration d'un soldat utilisant  BCarrier lors d'une exposition des diplômés de l'académie des arts et du design Bezalel, le 18 juillet 2018 (Crédit : Ariella Gentin/Times of Israel)
Photo d'illustration d'un soldat utilisant BCarrier lors d'une exposition des diplômés de l'académie des arts et du design Bezalel, le 18 juillet 2018 (Crédit : Ariella Gentin/Times of Israel)

Yehouda Herman, 28 ans, diplômé de l’Académie Bezalel pense avoir trouvé un moyen de résoudre la crise humanitaire provoquée par les moustiques porteurs de maladies.

Chaque année dans le monde, quelque 750 000 personnes succombent à la piqure d’un moustique porteur de maladies.

Autrefois, on utilisait des désinfectants chimiques pour exterminer massivement ces animaux nuisibles. Ces produits chimiques provoquaient des dégâts à l’eau, aux animaux et même aux hommes vivant aux alentours, fait remarquer Hermann.

Il décida donc de procéder autrement. Il développa un pesticide biologique, le Biosive, qui infecte les moustiques sans affecter l’écosystème environnant.

Le dioxyde de carbone attire les moustiques femelles car il signale la présence d’un organisme vivant qui libère des protéines dont elles ont besoin avant de pondre.

Hermann a construit un récipient qui émet du dioxyde de carbone pour attirer les moustiques. Il a placé à l’intérieur du récipient une substance contenant la bactérie Bacillus, un pesticide qui détruit les larves de moustiques.

Lorsque le moustique s’échappe du récipient « comme une abeille sur une fleur » qui recueille le pollen, le moustique devient porteur de ce pesticide

Yehuda Hermann, diplômé de l’Académie des arts et du design Bezalel, pose devant son stand Biosive lors d’une exposition à Jérusalem, le 18 juillet 2018 (Crédit : Ariella Gentin/Times of Israel)

A sa sortie du récipient, le moustique pondra ses œufs dans l’eau. Puisque le moustique est infecté par la bactérie, les larves mourront quelques heures après la ponte.

« Cette méthode est particulière, explique Hermann, parce que toute la surface alentour, sur un radius de 250 m, devient un mouroir pour les futures larves, parce que le pesticide est soluble dans l’eau et que les moustiques pondent dans l’eau. Si d’autres moustiques pondent dans cette même eau, leurs larves mourront elles aussi en quelques heures. »

Herman prévoit de placer ces récipients dans les poubelles pour qu’en jetant leurs ordures, les récipients puissent être remplis de matière biologique si nécessaire.

Les poubelles présentent l’avantage d’être posées sur le sol, tout près des moustiques.

Le travail de Herman était l’un des nombreux projets présentés à l’Académie Bezalel des Arts et du Design à Jérusalem.

Au terme d’un programme de quatre ans, les étudiants apprennent à développer des solutions concrètes et pratiques pour faire face aux problèmes contemporains dans le but de changer notre mode de vie.

Les projets couvraient un large éventail de sujets. Certains étant fermement enracinés dans le présent industriel, proche et familier alors que d’autres étaient orientées vers des dimensions futuristes dit Safi Heifetz le chef du Département de Design Industriel dans sa présentation de l’exposition.

L’un des hauts-parleurs – champignons créé par le biais du projet du diplômé de l’Académie des arts et du design Bezalel Kevin Allouche, le 18 juillet 2018 (Crédit : Ariella Gentin/Times of Israel)

Les technologies et designs des étudiants tapissent les murs du Département de Design industriel. Parmi les quarante projets, on trouve une moto semi-autonome, un système de haut-parleur créé à partir de champignons et qui diffuse de la musique. On note également les ébauches d’un « bar à parfums » itinérant qui offrira des senteurs différentes qui transporteront l’utilisateur dans un monde virtuel.

Le parfum Beach venue, contient des odeurs de pastèque, de sueur, de sable et les effluves de l’eau salée de l’Océan, transportant virtuellement le consommateur sur la plage.

L’exposition accessible au public est ouverte jusqu’au 3 août sur le campus du mont Scopus.

Netta Shanwald, 26 ans, présente le Bcarrier, un kit de transport du sang pour aider les forces spéciales opérant dans des zones de combat.

« Les soldats israéliens meurent majoritairement d’hémorragie pendant le laps de temps qui sépare le moment où ils sont blessés et celui où il sont admis à l’hôpital, explique Shanwald. Il est très délicat de transporter et conserver du sang. Le sang doit être conservé à 4 °C mais doit être ramené à la température du corps avant d’être transfusé. »

Le sang est habituellement stocké dans des appareils réfrigérants puis réchauffé à l’aide d’un autre appareil.

Dès lors qu’il est attribué à une unité militaire, le sang est très rarement réintégré dans les stocks de la banque du sang, les risques de rupture dans la chaîne du froid sont trop importants.

Netta Shanwald, diplômée de l’académie des arts et du design Bezalel , pose devant son stand qui présente le BCarrier, le 18 juillet 2018 (Crédit : Ariella Gentin/Times of Israel)

Shanwald a donc imaginé un kit qui peut, affirme-t-elle maintenir le sang au frais et le réchauffer à la température adéquate lorsqu’il doit être utilisé.

Le Bcarrier est un récipient composé de deux compartiments ; l’un destiné à maintenir le sang au frais, l’autre à le réchauffer. Le sang stocké dans un tube reste froid grâce aux bandes refroidissantes créées par Shanwald et inspirées par le Nano Cool. Fed Ex utilise le Nano Cool, un système de réfrigération par évaporation composé d’une boîte en plastique blanc qui diffuse de l’eau pour maintenir les paquets froids.

Les bandes utilisées dans le BCarrier font appel à la même technologie

L’utilisateur prend la bande et la casse comme un bâton lumineux qui génère de l’air froid. A partir du moment où les bandes sont placées dans le récipient, le froid est maintenu pendant 24 heures au terme desquelles il est possible d’ajouter des bandes pour garder le sang au frais plus longtemps si nécessaire.

Un échantillon d’odeur de pastèque extrait du projet de Tournée des odeurs de Mata Rosen, diplômée de l’académie des arts et du design, le 18 juin 2018 (Crédit : Ariella Gentin/The Times of Israel)

Lorsque les soldats veulent réchauffer le sang, ils ouvrent la partie supérieure de l’appareil et un nouveau compartiment équipé de boutons qui réchauffent le sang apparaît.

Lorsque le bouton est enclenché « le tube contenant le sang grâce à l’électricité générée par une batterie. Ce compartiment ne risque pas d’être activé de façon accidentelle dans le sac d’un soldat car il est totalement inaccessible tant que le récipient n’est pas ouvert, garantit Shanwald.

L’appareil est équipé d’un écran qui permet d’afficher la température de conservation du sang et évite ainsi qu’il soit inutilement détruit.

« L’armée israélienne est au courant de mon projet » dit Shanwald. J’ai travaillé à sa conception en collaboration avec des officiers. »

Elle n’a pas pour autant la certitude que l’armée israélienne utilisera son Bcarrier à cause de son prix et de certains autres facteurs.

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