Les familles demandent le retour des corps des soldats dans le cadre de l’accord avec Ankara
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Les familles demandent le retour des corps des soldats dans le cadre de l’accord avec Ankara

Israéliens et Turcs se rencontreront dimanche à Rome pour finaliser l’accord, mais les parents Shaul et Goldin protesteront si leurs fils ne sont pas ramenés à la maison

Zehava Saul, avec son époux Herzl, depuis décédé, n'ont pas de preuve définitive que leur fils Oron soit mort après avoir été capturé par le Hamas à Gaza Ville le 20 juillet 2014. (Crédit : JTA/Ben Sales)
Zehava Saul, avec son époux Herzl, depuis décédé, n'ont pas de preuve définitive que leur fils Oron soit mort après avoir été capturé par le Hamas à Gaza Ville le 20 juillet 2014. (Crédit : JTA/Ben Sales)

Alors que les négociateurs israéliens et turcs devaient se retrouver dimanche à Rome pour conclure un accord de normalisation des relations, les familles de deux soldats tués en 2014 pendant la guerre dans la bande de Gaza ont demandé dimanche que les corps de leurs fils soient restitués dans le cadre de tout accord avec Ankara.

Les familles du Lieutenant Hadar Goldin et du Sergent Oron Shaul ont prévu une tente de protestation devant la résidence officielle du Premier ministre Benjamin Netanyahu à Jérusalem si l’accord n’incluait pas le retour de leur fils.

Goldin et Shaul ont été tués quand un missile antitank a touché leur véhicule pendant l’opération Bordure protectrice contre le Hamas. Même si aucun des corps n’a été retrouvé, l’armée a considéré que les deux soldats avaient été tués en action sur la base de preuves médicolégales.

La famille de Shaul a déclaré à la famille depuis chez elle que Netanyahu ne devait pas signer un accord avec Ankara à moins qu’il ne stipule le retour des dépouilles des deux soldats.

« Mon fils est allé à la guerre à Gaza. Deux ans sont passés, et il n’est pas encore rentré », a déclaré Zehava Shaul, la mère du soldat. Elle a ajouté que Netanyahu devait tenir sa promesse et ramener son fils à la maison.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite une exposition de peintures d'Hadar Goldin, tombé dans une bataille à Gaza et dont le corps n'a pas été récupéré, au village d'artistes d'Ein Hod dans le nord d'Israël, le 10 août 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu visite une exposition de peintures d’Hadar Goldin, tombé dans une bataille à Gaza et dont le corps n’a pas été récupéré, au village d’artistes d’Ein Hod dans le nord d’Israël, le 10 août 2015. (Crédit : Amos Ben Gershom/GPO)

La famille de Goldin a déclaré qu’en signant un accord avec la Turquie, « le Premier ministre échouera à son premier test important à la suite l’opération Bordure protectrice, et donnera une médaille au Hamas pour la capture de Goldin et de Shaul. »

« Le moment est venu pour Israël d’être celui qui dicte le prix au Hamas pour l’enlèvement et la détention de soldats, et pas de la manière à laquelle nous avons été habitués ces trois dernières années. Payer un prix élevé pour nos ennemis », a déclaré la famille Goldin, citée par la radio militaire.

Le député Haim Yelin, du parti Yesh Atid, a déclaré qu’il rejoindrait la manifestation à Jérusalem si l’accord ne ramenait pas Goldin et Shaul.

« Il est inacceptable qu’un accord avec la Turquie ne comprenne pas le retour de nos garçons à la maison », a-t-il déclaré dans un communiqué.

Les soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite) (Crédit : Flash90)
Les soldats de Tsahal Oron Shaul (à gauche) et Hadar Goldin (à droite) (Crédit : Flash90)

Face aux critiques des familles, le bureau de Netanyahu a déclaré dans un communiqué que « Israël accomplit en permanence, des efforts à la fois ouvertement et secrètement, pour ramener en Israël les soldats Oron Shaul et Hadar Goldin, que leurs mémoires soient bénies, ainsi que les deux citoyens israéliens détenus dans la bande de Gaza. »

« Israël ne cessera pas son activité tant que la mission ne sera pas accomplie », a déclaré le bureau du Premier ministre.

Si un accord est conclu, il passera mercredi devant le cabinet de sécurité d’Israël pour être approuvé, selon des médias et un responsable israélien qui a demandé l’anonymat.

Les analystes ont déclaré qu’il était très probable qu’un accord soit conclu dimanche.

Autrefois étroites, les relations entre Israël et la Turquie, membre clé de l’OTAN, se sont significativement dégradées quand un commando israélien avant lancé un raid mortel avant l’aube sur un navire d’une flottille de six bateaux en mai 2010 qui essayaient de briser le blocus maritime imposé par Israël sur Gaza. Neuf activistes qui étaient à bord du Mavi Marmara avaient été tués dans les combats qui avaient suivi, et un dixième était ensuite décédé de ses blessures.

Deux des conditions cruciales de la Turquie pour une normalisation, des excuses et des dédommagements, ont été largement remplies depuis, ne laissant comme obstacle à la réconciliation que sa troisième demande, qu’Israël lève le blocus sur la bande de Gaza dirigée par le Hamas. Le blocus est conçu pour empêcher le Hamas d’importer des armes.

Selon le quotidien turc Hurriyet, les deux parties auraient atteint un compromis où la Turquie enverrait de l’aide aux Palestiniens via le port israélien d’Ashdod plutôt que directement à Gaza.

Une rencontre entre le Netanyahu et le secrétaire d’Etat américain John Kerry aura également lieu dimanche à Rome pour discuter de l’état des négociations de paix israélo-palestiniennes.

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