Les familles des civils détenus à Gaza prient et lancent un appel au Hamas
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Les familles des civils détenus à Gaza prient et lancent un appel au Hamas

Des religieux juifs éthiopiens et bédouins se sont exprimés lors d'un événement à Jérusalem en rappelant qu'Avera Mengistu et Hisham al-Sayed sont atteints de pathologies mentales

Les famille d'Avera Mengistu et de Hisham Al-Sayed devant une affiche demandant la libération de ces civils détenus par le Hamas à Gaza, le 6 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)
Les famille d'Avera Mengistu et de Hisham Al-Sayed devant une affiche demandant la libération de ces civils détenus par le Hamas à Gaza, le 6 septembre 2018. (Crédit : Hadas Parush/Flash90)

Pour marquer la nouvelle année juive, les familles des deux civils israéliens détenus par le Hamas ont organisé une brève cérémonie de prière interconfessionnelle jeudi, appelant le groupe terroriste à libérer les prisonniers sans délai.

Selon l’organisation de défense des droits de l’Homme Human Rights Watch (HRW), citant un responsable israélien, Hisham Al-Sayed, avait été filmé par des systèmes de surveillance en train de passer à Gaza en avril 2015.

Lors de la cérémonie, le père et le frère d’Avera Mengistu ont été rejoints par le père de Hisham al-Sayed.

Les deux hommes seraient atteints de pathologies mentales et ils seraient entrés dans l’enclave contrôlée par le groupe terroriste du Hamas sans être conscients des implications de leur agissement, ont expliqué les membres de leurs familles.

« Lors de Rosh Hashana, les familles juives se réunissent pour fêter le Nouvel An. Mais la joie de la famille Mengistu ne sera pas complète en l’absence d’un fils », a expliqué Kes Samai Aliyas, le guide spirituel de la famille.

Ayeli Mengistu, père d’Avera Mengistu, l’un des deux Israéliens détenus par le Hamas, lors d’une conférence de presse organisée par les familles des captifs réclamant leur libération à Jérusalem, le 6 septembre 2018 (Crédit : AFP PHOTO / THOMAS COEX)

« Avera et Hisham sont des civils. Ce ne sont pas des soldats, ce ne sont pas des combattants. Ils sont entrés dans Gaza sans avoir conscience de ce qu’ils étaient en train de faire. Leur libération est un geste humanitaire », a-t-il continué.

Sheikh Ibrahim Hawagra, un proche de la famille al-Sayed, a brièvement pris la parole lors de cet événement. « Aujourd’hui, c’est Rosh Hashana. Inshallah, ils reviendront en paix… Shana tova », a-t-il déclaré en utilisant l’expression en hébreu pour souhaiter une « bonne année ».

Au début de la semaine, un responsable de l’armée israélienne a affirmé pour la première fois qu’ils pensaient que Mengistu et Al-Sayed étaient encore en vie.

« Ces informations nous donnent de l’espoir », a commenté le frère aîné d’Avera, Ilan Mengistu. « Heureusement, l’hypothèse de travail est qu’ils sont vivants. Et nous sommes heureux qu’il n’y ait aucune information qui vienne contredire cela. Mais nous n’avons encore reçu aucun signe de vie ».

« Un homme avec des besoins particuliers est gardé en otage, quelle cruauté », a lancé Ilan Mengistu en hébreu.

S’adressant à une vingtaine de journalistes, il a lancé un appel à Yahya Sinwar, le chef du Hamas, lui recommandant vivement de libérer les deux hommes dans un geste humanitaire.

« Je vous supplie d’agir comme un être humain et de prendre en compte l’état nerveux et mental de mon frère », a-t-il dit. « La décision vous revient. En deux heures, Avera et Hisham peuvent être de retour dans leurs foyers, aux côtés de leurs familles respectives, et recevoir les soins médicaux dont ils ont besoin et qu’ils méritent ».

Avraham Mengistu, 28 ans, détenu par le Hamas dans la bande de Gaza depuis 2014. (Crédit : Facebook)

Le père de Hisham al-Sayed, Shaaban, a critiqué le Hamas qui utilise son fils et Mengistu comme monnaie d’échange politique dans sa lutte contre Israël. Son fils était entré par inadvertance dans Gaza à deux occasions auparavant mais le groupe terroriste l’avait rendu après avoir réalisé son instabilité mentale, a-t-il dit.

« Le Hamas a changé. Et ce n’est pas un changement favorable pour les Palestiniens », a-t-il dit. « Nous sommes tous pour les Palestiniens, nous faisons partie des Palestiniens ».

Il a appelé les Palestiniens à Gaza et dans le monde entier à faire pression sur le Hamas jusqu’au retour des deux captifs israéliens. « Le Hamas n’agit pas dans votre intérêt », a-t-il dit, s’exprimant en arabe par l’intermédiaire d’un traducteur.

Alors qu’un journaliste lui demandait s’il avait le sentiment que le gouvernement israélien travaillait suffisamment à garantir le retour de Mengistu et d’al-Sayed et s’il pensait que les autorités en feraient davantage si son fils était Juif, al-Sayed a répondu : « Je ne pense pas qu’il y ait de racisme. Le gouvernement fait tout ce qui est en son pouvoir pour Avera et Hisham al-Sayed, tout comme il le ferait pour n’importe qui d’autre ».

Le chef du Hamas Ismaïl Haniyeh avait déclaré en avril être prêt à négocier avec Israël sur la restitution des corps de deux soldats israéliens et la libération de deux civils israéliens détenus à Gaza.

Les dépouilles de deux soldats israéliens, Oren Shaul et Hadar Goldin, tués durant la guerre de 2014 à Gaza sont aux mains du Hamas.

Environ 6 500 Palestiniens sont détenus dans les prisons israéliennes selon le Club des prisonniers palestiniens.

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