Les filles du procureur assassiné rencontrent le président argentin
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Les filles du procureur assassiné rencontrent le président argentin

Un an après l’assassinat soupçonné, Mauricio Macri promet la justice pour le procureur Alberto Nisman

Le président argentin nouvellement élu Mauricio Macri rend visite à la famille du procureur assassiné Alberto Nisman à son domicile le 17 Janvier, 2016. (Crédit : autorisation)
Le président argentin nouvellement élu Mauricio Macri rend visite à la famille du procureur assassiné Alberto Nisman à son domicile le 17 Janvier, 2016. (Crédit : autorisation)

BUENOS AIRES — Le président argentin nouvellement élu Mauricio Macri a rendu visite aux filles du procureur assassiné Alberto Nisman dimanche, promettant de « rendre la justice en mémoire à votre père ».

La visite du président à la maison de vacances de la famille à Los Abrojos constitue un changement radical vis-à-vis du précédent gouvernement de Christina Kirchner, qui n’a ni reçu les proches de Nisman, ni exprimé ses condoléances à la famille de Nisman et a accusé Nisman, après sa mort, d’avoir utilisé des fonds publics pour engager des prostituées.

Le Bureau du président a déclaré sur Twitter que Macri, qui a été élu en décembre, exprimait « la reconnaissance de l’Etat d’Argentine pour le travail » que Nisman a réalisé dans l’affaire de l’attentat à la bombe du centre communautaire juif AMIA de 1995.

La visite du nouveau président argentin a eu lieu un an après que Nisman ait été trouvé mort dans son appartement avec une blessure par balle à la tête.

Les filles de Nisman, Iara et Kala, ont rencontré Macri à sa résidence personnelle de vacances, appelée Los Abrojos. La rencontre a été annoncée sur Twitter et dans le programme présidentiel public.

La rencontre de 20 minutes, au cours de laquelle le rabbin argentin Marcelo Polakoff a prié à la mémoire de Nisman, s’est tenue sans la présence de journalistes.

La rencontre de dimanche a eu lieu un jour avant un rassemblement public organisé par l’organisation politique juive DAIA appelé des « Bougies pour Nisman », qui a été trouvé mort dans son appartement le 18 janvier 2015.

Vendredi, Macri a donné l’ordre aux agences du gouvernement de déclassifier tous les dossiers liés à la mort non résolue de Nisman. Macri a donné l’ordre d’envoyer tous les dossiers à la juge Fabiana Palmaghini, qui est en charge d’une nouvelle étape de l’enquête après que l’affaire ait été retirée de la procureur Viviana Fein, il y a un mois.

Vendredi également, les services secrets argentins ont déclaré qu’ils autoriseraient leurs agents à se présenter devant Palmaghini pour fournir des informations sur comment l’agence a protégé ou a pu espionner le procureur décédé.

« Je ne peux pas établir pour le moment s’il s’agissait d’un suicide ou d’un homicide », a déclaré la procureur Viviana Fein l’année dernière, lorsqu’elle a convoqué les auteurs de deux rapports médico-légaux pour examiner leurs preuves, y compris deux tests qui n’ont pas permis de retrouver des traces de poudre sur les mains de Nisman. En juillet, le médecin légal américain Cyril Welch a examiné l’affaire et a déclaré qu’il pensait que Nisman avait probablement été assassiné.

Dans la nouvelle phase de l’enquête, Palmaghini interrogera les gardes du corps du procureur décédé pour déterminer si la zone était bien protégée dans les heures qui ont précédé la découverte du corps de Nisman.

Le corps de Nisman a été retrouvé mort quatre jours après qu’il ait ouvert une enquête contre la présidente de l’époque Cristina Fernandez de Kirchner, accusant son gouvernement d’avoir couvert le rôle de l’Iran dans l’attaque de 1994 sur le centre juif AMIA à Buenos Aires, qui a fait 85 morts et des centaines de blessés.

L’enquête de Nisman accusait le gouvernement d’établir un « canal de communication parallèle » avec l’Iran afin de « transmettre et de mettre en pratique les ordres donnés par la présidente (Kirchner) et, de cette façon, obtenir des objectifs illégaux », y compris la création de relations commerciales.

Sa mort a été découverte juste quelques heures avant qu’il ne doive présenter des preuves aux législateurs argentins du parlement national.

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