Les forces de sécurité commencent l’évacuation de l’avant-poste de Netiv Haavot
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Les forces de sécurité commencent l’évacuation de l’avant-poste de Netiv Haavot

La police des frontières a fait partir les jeunes qui s'étaient barricadés dans une menuiserie promise à la démolition dans un quartier partiellement construit sur des terrains palestiniens

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Liron Hyman, une habitante de  Netiv Haavot, parle aux médias lors de l'évacuation par les forces de sécurité d'une menuiserie dans l'avant-poste, le mercredi 19 novembre 2017 (Crédit :  Jacob Magid/Times of Israel)
Liron Hyman, une habitante de Netiv Haavot, parle aux médias lors de l'évacuation par les forces de sécurité d'une menuiserie dans l'avant-poste, le mercredi 19 novembre 2017 (Crédit : Jacob Magid/Times of Israel)

NETIV HAAVOT — Les forces de sécurité ont évacué les militants qui se trouvaient dans une menuiserie de l’avant-poste illégal de Netiv Haavot mercredi matin.

Des centaines de jeunes se trouvaient dans cet avant-poste, un quartier d’Elazar, dans le Gush Etzion, au sud de Jérusalem, afin d’empêcher la démolition de la structure, qui a été sanctionnée par la Haute cour de Justice.

Les agents de la police des frontières ont fait sortir les jeunes de la menuiserie un par un afin de vider le bâtiment de façon à ce qu’il puisse être rasé.

Les manifestants ont allumé des feux à l’entrée du quartier pour ralentir les agents.

Alors qu’approximativement 100 agents construisaient un périmètre autour de la menuiserie et oeuvraient à la vider de ses occupants, des adolescents et des adolescentes ont entonné l’hymne national et donné des coups de sifflets.

Un certain nombre de jeunes manifestants ont hurlé des insultes en direction des forces de sécurité, les accusant d’être des traîtres. « Un Juif n’évince pas un autre Juif », a ainsi crié l’un d’entre eux.

https://www.timesofisrael.com/security-forces-begin-evacuation-of-netiv-haavot-outpost/

La Haute cour avait jugé que la menuiserie – qui sert de mémorial pour les soldats de l’armée israélienne morts au combat – ainsi que 15 habitations ont été construites sur des terres palestiniennes.

Les maisons devaient être démolies au mois de mars 2018 mais la destruction de deux structures résidentielles avait été prévue avant cette date. Le mémorial a déjà été détruit une fois, puis reconstruit.

Alors qu’aucune habitation dans l’avant-poste ne se trouve entièrement sur des terres privées palestiniennes, neuf d’entre elles ont été en partie construites illégalement.

Le mois dernier, la Haute cour a rejeté une requête des résidents qui demandaient que six autres maisons soient épargnées, dans la mesure où elles n’empiètent que de façon marginale sur des terrains privés.

Les habitants avaient offert de démolir seulement les « parties problématiques » des habitations qui, pour un grand nombre d’entre elles, sont de vastes villas, en autorisant donc les parties restantes de ces constructions à rester intactes.

Alors que la Haute cour s’est opposée à cette demande et a affirmé que les 15 maisons devaient être démolies, le quotidien Haaretz a rapporté mercredi que le Procureur général Avichai Mandelblit oeuvre à délivrer six permis de construire à au moins six des maisons les moins problématiques, ce qui empêcherait leur démolition.

Liron Hyman, 24 ans, a qualifié « d’absurdes » ces démolitions.

« On a le dos au mur et le gouvernement nous a transformés en habitants d’implantation radicaux plutôt qu’en modérés, ce que nous sommes véritablement », s’est-elle exclamée.

Hyman, qui habite depuis 16 ans à Netiv Haavot, a attribué la responsabilité de cette éviction au gouvernement.

« On nous dit que c’est le gouvernement le plus à droite de l’histoire mais ce sera la quatrième communauté à être démolie sous leur mandat », a-t-elle dit, minimisant le fait que les maisons ont été construites illégalement. « Les gens sont forcés de construire d’abord et après seulement, ils reçoivent une approbation. C’est comme ça que les choses se font ici ».

Ami Gvirtzman, qui habite les lieux, attribue la responsabilité des destructions aux ministres du cabinet issus du Likud, affirmant qu’ils n’ont pas fait suffisamment pour les empêcher.

« Ils sont plein de bonne volonté mais rien ne s’est traduit en action en notre nom », a-t-il dit. « Ils nous ont fait toutes sortes de promesses qu’ils n’ont pas tenues ».

Le président du conseil régional du Gush Etzion Shlomo Neeman a expliqué que l’évacuation de la menuiserie était un moment « très triste ».

« On nous dit que c’est une affaire relative à l’état de droit, mais c’est en fait la destruction de la loi », a-t-il dit au Times of Israel. « Il est temps que le gouvernement reconnaisse le droit à notre souveraineté sur toutes les parties de la terre d’Israël ».

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