Les grands rabbins accusent la Haute Cour d’ingérence dans la loi juive
La déclaration fait spécifiquement référence au rejet de la demande d'une audience supplémentaire concernant l'ouverture des examens rabbiniques aux femmes

Les grands rabbins d’Israël, Kalman Ber et David Yosef, ont accusé lundi la Haute Cour de justice d’ingérence dans les questions relevant de la loi juive, ou halakha, qui, selon eux, relèvent de la compétence du Grand Rabbinat, à la suite de récents cas où la cour s’est prononcée contre la position du rabbinat.
« Les membres du Conseil du Grand Rabbinat, présidé par les grands rabbins, considèrent avec sévérité et douleur l’intervention de la Haute Cour de justice dans des questions qui ne relèvent pas de sa compétence », peut-on lire dans une déclaration du rabbinat diffusée par un porte-parole à l’issue d’une réunion d’urgence du conseil.
La déclaration fait spécifiquement référence à la décision prise par la Cour au début du mois de rejeter la demande d’une audience supplémentaire concernant sa décision de juillet qui exigeait que le rabbinat ouvre ses examens rabbiniques aux femmes.
« Toutes les questions relatives aux examens et à l’ordination relèvent de la seule compétence du Grand Rabbinat, conformément à la tradition de l’ordination et aux décisions halakhiques prises au fil des générations », ajoute la déclaration.
Le rabbinat administre des examens dans les principaux domaines de la loi juive. Les candidats qui souhaitent être reconnus comme rabbins doivent passer au moins six examens. Le rabbinat délivre également d’autres types de certificats à ceux qui réussissent les examens, ce qui a des implications économiques et sociales importantes.
Les requérants ont demandé au tribunal d’autoriser les femmes à passer les examens afin de pouvoir bénéficier des mêmes avantages, sans pour autant préconiser qu’elles puissent recevoir l’ordination rabbinique.
La déclaration du rabbinat souligne que la preuve d’une connaissance suffisante de la Torah n’est pas suffisante pour être reconnu comme rabbin, et ajoute qu’une commission chargée de formuler les critères d’examen et d’ordination sera mise en place. La déclaration ne contient pas de rejet spécifique de l’exigence selon laquelle les examens seront ouverts aux femmes.
Une autre annonce du rabbinat faite la veille, avant la réunion de ce mardi, mentionnait que le conseil devait également discuter de la décision rendue la semaine dernière par le tribunal exigeant que le rabbinat reconnaisse l’organisation rabbinique orthodoxe modérée Tzohar comme organisme de certification de casheroute, ainsi que de la décision prise en février de révoquer la compétence des tribunaux rabbiniques pour statuer sur les affaires de pension alimentaire.
Cependant, aucune décision spécifique n’a été annoncée mardi sur ces questions.







