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Les Habitués du temps suspendu, de Rebecca Benhamou, récompensé du prix Mare Nostrum

Voyage touchant en Algérie, inspiré du grand-père de l'autrice, le livre narre un temps disparu, quand la communauté juive algérienne était florissante

Rebecca Benhamou et son ouvrage « Les Habitués du temps suspendu ». (Crédit : Éditions Fayard)
Rebecca Benhamou et son ouvrage « Les Habitués du temps suspendu ». (Crédit : Éditions Fayard)

La journaliste, romancière et essayiste Rebecca Benhamou a remporté ce vendredi le prix littéraire méditerranéen Mare Nostrum du premier roman pour son ouvrage Les Habitués du temps suspendu (éditions Fayard). Ce livre, inspiré du grand-père de l’autrice, Juif d’Algérie, qui a un jour quitté l’Algérie pour ne plus jamais y retourner, est paru en mars.

Voyage touchant dans ce pays du Maghreb, il narre un temps disparu, quand la communauté juive algérienne était encore florissante.

« Un matin de décembre, Lila, une jeune violoncelliste, joue un air de Bach pour les habitués du Temps suspendu, un café de la rive gauche, à Paris. Parmi eux, il y a le vieux Salomon, un horloger à la retraite qui, grâce à cette musique, voyage vers un ailleurs qu’il croyait oublié. Vers une contrée située de l’autre côté de la Méditerranée, qu’il a fuie cinquante ans auparavant – un lieu dont était aussi originaire le père de Lila », indique la quatrième de couverture du livre.

« Commence alors un échange entre deux déracinés, qui se croisent depuis des années, sans vraiment se connaître. Ils se racontent l’exil, la guerre, le temps qui passe, l’amour. Ils partagent cette terre idéalisée qui a vu naître l’un, mais pas l’autre, et qui pourtant prend toute la place. De souvenirs en confessions, c’est toute une existence, tout un pays, qui revient à la vie… »

« Pourtant, quand se pose la question d’y retourner, le vieux Salomon hésite. À son âge, à quoi bon abîmer ses souvenirs en les confrontant à la réalité ? »

Ce premier roman oscille ainsi entre le fantasme du pays que l’on quitte, et celui dans lequel on arrive ; celui « que l’on perd et celui que l’on reçoit en héritage ».

Le prix, créé en 2021 par l’association Mare Nostrum une Méditerranée autrement, qui promeut la coopération culturelle internationale depuis Perpignan, est doté de 3 000 euros par lauréat.

La journaliste Anaïs Llobet a remporté le prix dans la catégorie Roman méditerranéen pour un ouvrage qui se déroule à Chypre-Nord, Au café de la ville perdue.

Ce livre paru en janvier aux éditions de l’Observatoire, le troisième de cette collaboratrice de l’AFP à Nicosie, se déroule dans la station balnéaire de Varosha. Celle-ci s’est vidée de ses habitants en 1974, au moment de l’invasion par l’armée turque du tiers septentrional de l’île de Chypre, pour rester depuis une ville-fantôme.

Dans la catégorie Histoire et Géopolitique, le prix revient au Britannique David Abulafia pour La Grande Mer : Une histoire de la Méditerranée et des Méditerranéens (éditions Les Belles Lettres).

Enfin le jury a distingué, dans la catégorie Philosophie et Spiritualité, Stéphanie Binder pour Tertullien et moi (Cerf), où l’historienne raconte comment elle s’est intéressée à ce théologien chrétien des IIe et IIIe siècles.

Les jurys des quatre catégories sont constitués de lecteurs, d’écrivains et d’universitaires.

L’annonce des lauréats du Prix a eu lieu ce vendredi depuis les studios d’Ici Beyrouth au Liban, pendant le Salon du livre francophone. La cérémonie de remise du Prix se déroulera le 30 novembre au siège de la Fédération des Caisses d’Epargne, à Paris.

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