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Les imprudences de Donald Trump avec les documents classifiés

De précédents épisodes rappellent que le milliardaire républicain a parfois manipulé ou utilisé des informations confidentielles avec une certaine légèreté quand il était au pouvoir

Le président américain de l'époque Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne de candidats républicains au sénat à  Valdosta, en Géorgie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci, File)
Le président américain de l'époque Donald Trump lors d'un rassemblement de campagne de candidats républicains au sénat à Valdosta, en Géorgie, le 5 décembre 2020. (Crédit : AP Photo/Evan Vucci, File)

La police fédérale américaine a saisi lundi des documents marqués « top secret » lors de sa perquisition au domicile de l’ancien président Donald Trump, selon des documents judiciaires révélés vendredi.

Paradoxalement, ces révélations pourraient donner un coup de pouce à l’ancien homme d’affaires, qui flirtait déjà ostensiblement avec une nouvelle candidature à l’élection présidentielle de 2024, en lui permettant d’à nouveau se dépeindre comme un martyr.

« Je pensais déjà qu’il allait se présenter avant ça, j’en suis encore plus convaincu aujourd’hui », a déclaré le sénateur républicain Lindsey Graham sur Fox News.

Or selon les experts, si l’ancien président se déclare effectivement, alors il est certain que Joe Biden le fera aussi. Même en étant le plus vieux président américain en exercice, à 79 ans, le démocrate considère en effet qu’il est de sa responsabilité historique de débarrasser l’Amérique de Donald Trump.
Contrairement à 2020, les rôles seraient cette fois inversés, avec Joe Biden en poste, contre Donald Trump en opposant.

De précédents épisodes rappellent que le milliardaire républicain a parfois manipulé ou utilisé des informations confidentielles avec une certaine légèreté quand il était au pouvoir.

Pas de tir iranien

Ses pouvoirs de président lui permettaient de décider seul de la déclassification de certaines informations confidentielles. Mais certains de ses choix ont pour le moins déconcerté la communauté du renseignement.

Le 30 août 2019, Donald Trump a tweeté une image de ce qui semblait être une photographie en haute résolution d’un pas de tir pour fusée ou missile en Iran. Après une réunion avec ses services de renseignement, il avait confirmé avoir pris la photo.

Le président américain de l’époque, Donald Trump (à droite) et le premier ministre de l’époque, Benjamin Netanyahu, avant le départ de Trump pour Rome, à l’aéroport international Ben Gurion de Tel-Aviv, le 23 mai 2017. (Crédit : Kobi Gideon/GPO via Flash90)

Informations d’Israël

Le 10 mai 2017, le président reçoit à la Maison Blanche le ministre russe des affaires étrangères Sergeï Lavrov et l’ambassadeur russe aux Etats-Unis, Sergueï Kisliak.

Il leur révèle des informations détaillées venues d’un pays tiers au Moyen-Orient sur les capacités d’attaque de l’organisation Etat Islamique (EI).

Mais ces éléments hautement protégés venaient en fait d’Israël, vivement irrité de voir ces informations données aux Russes.

Sous-marins stratégiques

Lors d’une conversation téléphonique en avril 2017, Donald Trump dit à son homologue des Philippines Rodrigo Duterte que deux sous-marins nucléaires américains naviguaient au large des côtes nord-coréennes, emportant avec eux « une énorme force de frappe », selon la présidence philippine.

Rodrigo Duterte, président de la République des Philippines. (Crédit : domaine public)

La localisation des sous-marins nucléaires, éléments centraux de la dissuasion nucléaire américaine, est un secret bien gardé par le Pentagone.

Armes nucléaires secrètes

Dans un entretien avec le journaliste vedette américain Bob Woodward en 2019, Donald Trump avait évoqué l’existence d’un outil nucléaire américain secret.

« J’ai construit un système d’arme, un truc nucléaire, que jamais personne n’a eu dans ce pays auparavant », avait-il déclaré. « Nous avons quelque chose dont Poutine ou Xi n’ont jamais entendu parler ».

Commandos

En révélant la mort dans un raid américain du leader de l’organisation Etat Islamique (EI) Abou Bakr al-Baghdadi en octobre 2019, le président américain a égrainé nombre de détails – nombre d’hélicoptères impliqués, entrée des commandos dans le bâtiment, espionnage préalable via les téléphones et internet de l’EI – habituellement gardés secrets par le Pentagone.

Ces informations peuvent permettre aux adversaires des Etats-Unis de mieux comprendre comment son armée procède, a estimé l’ancien commandant des forces spéciales Michael Nagata auprès du site Politico.

Poutine

Donald Trump, enfin, ne semblait pas tout dire à ses chefs espions.

En juillet 2018, le chef des services de renseignements, Dan Coats, semblait surpris quand, lors d’une conférence, on lui dit que la Maison Blanche invitait à Washington Vladimir Poutine, avec qui M. Trump venait d’échanger à Helsinki.

« Pardon ? » avait-il dit.

M. Coats avait aussi reconnu avoir été laissé dans l’ignorance de la teneur de l’entretien des chefs d’Etat en Finlande. « Je ne sais pas ce qui s’est passé pendant cette rencontre », a-t-il déclaré, trois jours après l’entretien.

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