ADL : Malgré la pandémie, l’antisémitisme aux USA à un niveau record en 2020
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ADL : Malgré la pandémie, l’antisémitisme aux USA à un niveau record en 2020

L'ADL a annoncé que 2024 plaintes pour agression, harcèlement et vandalisme avaient été enregistrées pendant toute l'année - ce qui marque une baisse de 4 % par rapport à 2019

Des croix gammées peintes sur la façade d'un centre communautaire de Fairfax, en Virginie, le 6 octobre 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)
Des croix gammées peintes sur la façade d'un centre communautaire de Fairfax, en Virginie, le 6 octobre 2018. (Crédit : capture d'écran Twitter)

L’Anti-Defamation League a publié mardi un rapport révélant que le nombre d’incidents antisémites était resté à un niveau historiquement élevé aux États-Unis au cours de l’année 2020, malgré les restrictions liées à la pandémie qui ont contraint de nombreux Américains à rester chez eux. Le nombre d’agressions antisémites a cependant fortement diminué et, pour la première fois en trois ans, personne n’a été tué dans une attaque antisémite.

Le rapport annuel de l’ADL a recensé 2 024 incidents d’antisémitisme aux États-Unis en 2020, soit une baisse de seulement 4 % par rapport aux 2 107 enregistrés en 2019. Le décompte de 2020 est le troisième plus élevé depuis 1979, quand l’ADL a commencé à publier des rapports annuels, et représente plus du double du chiffre de 942 de 2015. Les rapports sont compilés à partir des plaintes des victimes et des informations des forces de l’ordre et des dirigeants communautaires.

La pandémie a, en 2020, conduit à l’émergence de théories du complot dans lesquelles les Juifs ont été accusés de propager la maladie, bien que le rapport prévient qu’aucun cas de violence antisémite directement lié à ces théories n’a été signalé.

270 cas d’antisémitisme ont été répertoriés dans le pays en janvier 2020, contre une moyenne de 155 par mois après la mise en place de restrictions contre la COVID-19.

Le nombre d’agressions antisémites a diminué de près de moitié, passant de 61 à 31. Le vandalisme a diminué de 18 %. Les incidents sur les campus universitaires ont diminué de 32 %.

Bien qu’il y ait eu moins d’attaques physiques, la pandémie a inspiré une nouvelle manifestation de haine, le « Zoombombing » – phénomène lors duquel des antisémites viennent perturber des réunions virtuelles juives avec des discours, des messages ou des images haineux. L’ADL a répertorié près de 200 Zoombombings tout au long de l’année. Ces incidents représentent environ un tiers du total des cas de harcèlement antisémite enregistrés par les institutions juives. Le harcèlement antisémite a augmenté de 10 %, selon le rapport.

Le nombre d’incidents impliquant des références à Israël ou au sionisme est resté stable, totalisant 178 en 2020, contre 175 en 2019.

« Tandis que tout déclin dans les données reste encourageant, nous avons encore vécu une année où les actes antisémites restent à un niveau douloureusement élevé en dépit des confinements et autres changements significatifs survenus dans nos vies quotidiennes et dans nos interactions avec les autres », a commenté le chef de l’ADL, Jonathan A. Greenblatt. « Nous ne pouvons pas nous permettre de baisser la garde. Alors que les communautés commencent à s’ouvrir et que les gens passent dorénavant plus de temps les uns avec les autres, nous nous devons de rester vigilants. »

L’année dernière avait démarré par une marche de 25 000 personnes à New York protestant contre une série d’attaques contre des Juifs dans la région fin 2019, dont deux mortelles. À l’époque, avant que la pandémie ne vienne perturber le pays et le monde, les Juifs de New York et d’ailleurs s’inquiétaient d’une nouvelle escalade de cette violence meurtrière, et les dirigeants à tous les niveaux du gouvernement avaient promis d’y apporter une réponse.

Selon une autre étude de l’ADL datée de 2019, plus de 60 % des Américains croyaient au moins à l’un des 11 stéréotypes antisémites majoritaires, tandis que 11 % croyaient en la plupart d’entre eux. Une enquête de 2020 de l’American Jewish Committee a révélé que 88 % des Juifs américains affirmaient que l’antisémitisme restait un problème aux États-Unis.

Une enquête menée début 2020 a révélé que plus d’un adulte américain de moins de 40 ans sur 10 pensait que les Juifs avaient causé la Shoah. Une autre enquête publiée en 2020 a révélé qu’un cinquième des répondants de 16 pays européens estimaient qu’un réseau secret de Juifs influençait les affaires politiques et économiques mondiales.

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