Les incidents antisémites en Grande-Bretagne atteignent un pic
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Les incidents antisémites en Grande-Bretagne atteignent un pic

Un organe de surveillance a enregistré 1 382 cas, dont 145 agressions violentes; les attaques contre des Juifs à Manchester ont augmenté de 25 %, mais ont diminué à Londres

Des graffitis à la synagogue Etz Chaim de Leeds (Crédit :  UK Jewish News)
Des graffitis à la synagogue Etz Chaim de Leeds (Crédit : UK Jewish News)

Le nombre d’attaques antisémites enregistrées au Royaume-Uni a légèrement augmenté en 2017 pour atteindre 1 382 cas, ce qui constitue un nouveau record historique.

L’augmentation de 3 % en 2017 par rapport à l’année précédente a été enregistrée dans le rapport annuel du Community Security Trust, ou CST, qui est le plus grand organisme de surveillance de l’antisémitisme de la communauté juive britannique.

Dans le rapport publié jeudi, le CST a enregistré une augmentation de 34 % du nombre d’agressions antisémites violentes, passant de 108 en 2016 à 145 en 2017.

Le type d’incident le plus courant enregistré par le CST en 2017 concernait des agressions verbales dirigées au hasard contre des personnes visiblement juives en public, ce qui représentait le quart du total annuel, soit 356 incidents.

Le CST enregistre les incidents antisémites depuis 1984. En 2013, l’organisme de surveillance n’avait enregistré que 535 incidents. Ce chiffre a plus que doublé en 2014, quand Israël a lancé une campagne militaire contre le Hamas à Gaza. Le nombre total d’incidents en 2015 était de 960, suivi d’une augmentation à 1 346 en 2016.

Dans 420 affaires enregistrées l’année dernière, des témoins ont décrit les auteurs présumés. Dans ces cas, 57 % d’entre eux ont été décrits comme des Européens et 25 % comme des Arabes ou des Noirs.

Il y a eu certaines améliorations dans le signalement des incidents antisémites, ce qui pourrait avoir contribué à l’augmentation des chiffres, a indiqué le CST. L’augmentation du nombre de signalements pourrait être due en partie à la façon dont les accusations d’antisémitisme au sein du Parti travailliste, qui étaient répandues en 2016, se sont poursuivies jusqu’en 2017. « C’est pourquoi l’antisémitisme a suscité un débat public et a fait l’objet de nombreux reportages dans les médias nationaux », a noté le CST dans son rapport.

Une grande partie de l’augmentation des incidents en 2017 est due à leur prévalence croissante à Manchester, qui abrite la deuxième plus grande communauté juive du royaume.

La branche de l’organisation Shomrim sur les lieux d’une attaque antisémite à Stamford Hill, au mois de novembre 2017 (Crédit : Twitter via JTA)

Dans la région du Grand Manchester, le CST a enregistré 261 incidents en 2017 contre 206 en 2016, soit une augmentation de 27 %. Entre-temps, le nombre d’incidents à Londres a chuté de 7 % en 2017, pour s’établir à 773.

Un incident mentionné dans le rapport s’est produit en juillet à Hertfordshire, au nord de Londres. Un groupe de garçons visiblement juifs a été suivi par un groupe de garçons et de filles qui criaient à plusieurs reprises : « Je suis Hitler. Je vais te gazer. »

Dans un autre cas, ce sont de jeunes écoliers juifs qui ont été agressés physiquement et verbalement dans un bus qui les ramenait à la maison en revenant de l’école en janvier 2017. Ils étaient assis sur le pont supérieur de l’autobus quand ils ont été confrontés à un groupe d’adolescents, qui ont demandé avec insistance aux victimes si elles étaient juives, si elles fréquentaient une école juive et pourquoi elles ne portaient pas « ces chapeaux ridicules », selon le rapport du CST. Les agresseurs ont ensuite frappé, donné des coups de pied et des coups de poing aux écoliers juifs, qui ont tenté d’attirer l’attention du chauffeur d’autobus, mais qui ont été ignorés et sont restés piégés dans l’autobus pendant que la violence se poursuivait.

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