Les infirmiers menacent d’une grève générale, dénonçent le manque de personnel
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Les infirmiers menacent d’une grève générale, dénonçent le manque de personnel

Alors que le nombre de cas de coronavirus augmente et que les unités de coronavirus sont réouvertes face à une seconde vague, plus de 750 infirmiers sont en quarantaine

Des infirmières de l'hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, le 19 février 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)
Des infirmières de l'hôpital Hadassah Ein Kerem, à Jérusalem, le 19 février 2014. (Crédit : Yonatan Sindel / Flash90)

Les infirmiers ont menacé de se mettre en grève, lundi, en raison de la pénurie de main-d’oeuvre au cours de la pandémie de la COVID-19 qui, affirment-ils, rend impossible une bonne exécution de leur travail.

Selon le site Ynet, ce sont 759 infirmiers qui sont actuellement placés en quarantaine alors même que les hôpitaux, dans tout le pays, rouvrent les unités de coronavirus sans ajout, par ailleurs, de personnels soignants supplémentaires.

« Les infirmiers sont en train de s’effondrer », a écrit la présidente de l’Association nationale des infirmiers, Ilana Cohen, dans un courrier adressé au ministre des Finances Israel Katz, dans lequel elle demande à le rencontrer de manière à pouvoir trouver un moyen d’éviter une escalade du conflit syndical en cours.

« Ce n’est plus possible de continuer comme ça. Le système est en panne, point final », ajoute-t-elle dans la lettre. « Ce dont nous avons besoin aujourd’hui, c’est de main-d’oeuvre ».

Ilana Cohen, chairwoman of the National Association of Nurses, with hundreds of nurses from all over Israel during a protest in Jerusalem, December 17, 2012 (photo credit: Miriam Alster/Flash90)
Ilana Cohen, présidente de l’Association nationale des infirmiers lors d’une manifestation à Jérusalem, le 17 décembre 2012 (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Elle estime, dans son courrier, que les malades et les infirmiers ont été « abandonnés » et que le système de soins israélien est « asséché ».

Elle déplore l’achat, par les hôpitaux, de respirateurs sans formation préalable des personnels à les utiliser, le nombre insuffisant de soignants au vu des circonstances actuelles ainsi que « l’ouverture d’unité de coronavirus sans ajout d’infirmiers supplémentaires ».

Ces éléments, dit-elle, font d’une grève une « option viable ».

L’association, le mois dernier, avait lancé un conflit social, disant que la lourde charge de travail des infirmiers nuisait à leurs capacités à apporter les soins appropriés aux malades placés sous leur responsabilité.

Il manque quelques centaines, voire quelques milliers de personnels soignants, avait déclaré au site Ynet le vice-directeur du centre médical Sheba, Arnon Afek. « Il y a une grande pénurie d’infirmiers en comparaison avec le nombre de lits que nous exploitons au sein des hôpitaux », avait-il constaté.

Des infirmières protestent contre leurs conditions de travail aux abords du ministère de la Santé à Jérusalem, le 22 juillet 2019 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Au mois de juillet dernier, les infirmiers de tout le pays s’étaient mis en grève après la rupture des négociations qui avaient été entamées entre le syndicat national qui les représentait et le ministère de la Santé. Les personnels soignants dénonçaient alors des conditions de travail médiocres, une lourde charge de travail et des standards de soins révisés à la baisse.

Les infirmiers ne sont pas la seule catégorie de personnels victimes de surmenage. Au mois de janvier, un médecin du centre médical Soroka de Beer Sheva s’était suicidé. Il avait été le quatrième médecin à commettre ce geste fatal en un an et demi.

La mort de ce médecin avait amené les administrateurs de l’hôpital à réclamer l’organisation, en urgence, d’une réunion pour évoquer le problème – qui est apparu alors que les personnels soignants se plaignent de plus en plus de longues heures de travail et de conditions inacceptables pour l’exercice de leur fonction.

Les laboratoires chargés du dépistage du coronavirus semblent également être arrivés à leurs limites, avec plusieurs caisses de santé qui ont averti qu’elles « travaillent bien au-delà de leurs capacités », a rapporté Ynet.

Selon le site d’information, les mutuelles ont indiqué qu’à moins que survienne une baisse du nombre de tests quotidiens, elles devraient commencer à jeter des échantillons de dépistage sans les examiner.

Lundi dernier, le syndicat des travailleurs sociaux a initié une grève générale après l’échec de négociations répétées avec le gouvernement, qui ne sont pas parvenues à déboucher sur un changement dans leurs conditions de travail.

« Nous sommes attaqués avec violence et cruauté », aurait dit Inbal Hermoni, cheffe du syndicat israélien des travailleurs sociaux, la semaine dernière – des propos cités par le site Walla. Elle a également dénoncé les « salaires scandaleux » touchés par ses pairs et un « fardeau déraisonnable » qui pèse sur eux.

C’est « le système tout entier » qui a été « négligé, asséché et abandonné », a-t-elle continué, ajoutant que « des responsables financiers veulent briser les services sociaux et les faire fermer » et qu’il n’y a donc « plus d’autre choix » que celui de la grève.

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