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Les internes dénoncent le gouvernement et rejettent l’offre concernant leurs gardes

La décision de l'État de reporter la date d’application du plan de réduction progressive de la durée des gardes dans les hôpitaux de 26 à 18 heures est contestée par les internes

Le Dr Rey Biton (deuxième à droite), chef de l'organisation Mirsham des internes en médecine, tient une conférence de presse à l'hôpital Assuta à Ashdod, le 1er août 2022. (Crédit : Flash90)
Le Dr Rey Biton (deuxième à droite), chef de l'organisation Mirsham des internes en médecine, tient une conférence de presse à l'hôpital Assuta à Ashdod, le 1er août 2022. (Crédit : Flash90)

Les internes, qui avaient protesté contre les gardes de 26 heures et menacé de démissionner en masse en raison du délai d’application d’un plan visant à réduire progressivement la durée de leurs gardes à 18 heures, ont rejeté mardi une offre de travailler à court terme par gardes de 21 heures dans certaines régions.

L’offre a été faite par le bureau du Premier ministre dans le but d’apaiser les tensions croissantes entre les internes et le gouvernement en raison du retard pris dans la mise en œuvre d’un plan visant à réduire progressivement leurs services de 26 heures à 18 heures dans les zones périphériques, en dehors des villes du centre d’Israël.

Les internes ont repris leur combat cette semaine suite à l’annonce faite par le gouvernement dimanche que le plan, qui devait débuter cette année, avait été reporté à septembre 2023.

Le bureau du Premier ministre a déclaré que les responsables de Mirsham, l’organisation représentant les internes, ont choisi « d’insister pour aller de l’avant avec un plan qui ne peut pas être avancé compte tenu des limitations existantes pendant une période électorale », a rapporté mardi la chaîne publique Kan.

Les Israéliens doivent aller voter le 1er novembre pour les cinquième élections nationales depuis 2019.

Le plan visant à raccourcir progressivement les gardes était censé entrer en vigueur au mois d’avril, démarrant par un programme pilote dans 10 hôpitaux des zones dites périphériques. Cette mesure faisait suite aux menaces de démissions en masse proférées l’an dernier par des milliers d’internes protestant contre les gardes excessivement longues. En octobre 2021, au moment de l’annonce du plan proposé par le gouvernement, les manifestants avaient déjà fait savoir que ce plan était trop vague et que sa mise en œuvre n’était pas assez claire.

Le Dr Rey Biton, cheffe de l’organisation Mirsham des internes en médecine, tient une conférence de presse au centre médical Assuta à Ashdod, le 1er août 2022. (Crédit : Flash90)

Mirsham a déclaré mardi que l’organisation ne consentirait pas à un plan qui propose de raccourcir les gardes uniquement pour les internes des zones périphériques et non pour ceux du centre du pays.

L’organisation a accusé le ministère des Finances d’essayer de faire de cette question un moyen pour le gouvernement de « donner des subventions » à la périphérie et de « prévenir [le passage des] budgets et des investissements nationaux dont la périphérie a désespérément besoin après des années de négligence. »

« Toutes les parties impliquées profitent de la ‘période électorale’ pour fuir leurs responsabilités et essayer de nous vendre un plan de gardes réduites épouvantable… dans le seul but de pouvoir se vanter d’avoir ‘raccourci les gardes’ et d’ainsi récolter des bénéfices politiques aux dépens des internes et des patients », a déclaré Mirsham, selon Kan.

Lundi, le Dr Rey Biton, directrice de Mirsham, a réitéré les menaces de démission en masse du personnel si la décision du gouvernement de retarder l’application du plan n’était pas annulée avant le 25 août.

Elle a promis « d’importantes manifestations à l’intérieur et à l’extérieur des hôpitaux » dans les jours à venir et a qualifié « d’arrêt de mort » le report de la réduction des gardes.

L’annonce du gouvernement dimanche de retarder la mise en œuvre du plan avait été faite en réponse à une pétition déposée devant le tribunal du travail par la caisse de santé Clalit, qui affirmait que la main-d’œuvre pour absorber une réduction des heures de travail des internes était insuffisante et que, par conséquent, la santé publique serait affectée. La requête a été intentée contre le ministère de la Santé et le ministère de l’Économie.

Dans sa pétition, Clalit affirme que 300 nouveaux postes de médecins seraient nécessaires pour couvrir le manque de personnel si les heures de travail des internes étaient réduites.

En réponse, la ministre de l’Économie, Orna Barbivai, a déclaré au nom du gouvernement que la question ne pourrait être résolue que par la prochaine Knesset, après les élections du 1er novembre, selon les médias israéliens.

Biton a déclaré que les élections étaient « une piètre excuse au manque de gouvernance ».

Des internes manifestent pour de meilleures conditions de travail à Tel Aviv, le 30 juillet 2022. (Crédit : Tomer Neuberg/Flash90)

« Ce gouvernement a échoué tant sur le plan professionnel que moral, aussi bien parce qu’il ne s’est tenu à aucun engagement et à aucun accord avec nous, que parce qu’il perpétue les conditions d’emploi abusives et dangereuses dans des conditions qui relèvent de l’esclavage », a-t-elle déclaré.

En octobre dernier, des milliers d’internes avaient démissionné pour protester contre les gardes de 26 heures qu’ils doivent effectuer. Suite à cela, le gouvernement avait proposé un plan prévoyant de réduire à 16-18 heures les gardes dans 10 hôpitaux situés dans des zones périphériques.

Il avait promis qu’après la phase pilote dans les 10 hôpitaux périphériques, le plan serait étendu à tous les hôpitaux si le budget nécessaire pouvait être trouvé et si un comité créé pour examiner la question pouvait établir que le niveau des soins médicaux n’était pas compromis.

Jusqu’en 2000, les internes israéliens effectuaient des gardes allant jusqu’à 36 heures et parfois plus. Cette année-là, un accord avait été signé pour réduire les gardes à 26 heures avec une pause de deux heures.

En 2012, suite à des demandes de réduction du temps de travail, le gouvernement a modifié la réglementation afin de limiter les internes à deux gardes par semaine et de leur interdire de travailler plus de 71,5 heures par semaine.

La plupart des hôpitaux n’ont jamais appliqué cette nouvelle réglementation.

Selon un sondage de 2016 publié dans The Marker, 72 % des internes travailleraient plus de 26 heures d’affilée au moins une fois par mois, 42 % ne dormiraient pas pendant leur garde et 27 % travailleraient plus de 71,5 heures par semaine.

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