Des Israéliens d’origine éthiopienne ont manifesté à Tel-Aviv
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Des Israéliens d’origine éthiopienne ont manifesté à Tel-Aviv

La police s’attendait à ce que "plusieurs milliers" de manifestants participent à cette manifestation antiraciste

Les agents de police se préparent à une manifestation des Israéliens d'origine éthiopienne, à Tel-Aviv, le lundi 18 mai 2015 (Crédit : Juda Ari Gross)
Les agents de police se préparent à une manifestation des Israéliens d'origine éthiopienne, à Tel-Aviv, le lundi 18 mai 2015 (Crédit : Juda Ari Gross)

Une manifestation contre la brutalité policière et la discrimination a eu lieu à Tel-Aviv, lundi après-midi. La police s’attendait à la présence de plusieurs milliers de militants qui avaient promis que le défilé ne prendrait pas une tournure violente.

Le rassemblement a connu un lent départ – avec uniquement une douzaine de manifestants présents. Puis, lentement, plusieurs centaines de personnes les ont rejoints au cours de la première heure. La manifestation était organisée lors d’une journée particulièrement chaude.

« Ceci est une manifestation nationale, pas juste une manifestation éthiopienne. Nous disons ‘assez’ », a expliqué l’un des organisateurs, Eyayae Avraham, qui fait partie d’un groupe appelé Dor Amitz (Génération courageuse), au Times of Israël.

« Je souhaite que la police ne nous tire pas dessus, n’utilise pas de gaz [lacrymogènes], n’utilise pas des grenades assourdissantes. C’est un problème national … Si la loi ne nous protège pas, à quoi sert-elle ? »

La police s’attendait à ce que la foule augmente.

« La police a autorisé la manifestation de ce soir dans le centre de Tel- Aviv. Plusieurs milliers de personnes sont attendus. Les unités de la police vont réagir si nécessaire à tous troubles à l’ordre public », a déclaré le porte-parole de la police israélienne, Micky Rosenfeld.

Les fonctionnaires de police ont eu des entretiens lundi avec des activistes des communautés éthiopiennes israéliennes, qui ont planifié le rassemblement pour protester contre ce qu’ils considèrent comme le racisme institutionnalisé à leur encontre.

Les pourparlers faisaient partie d’un effort pour empêcher la manifestation de sombrer dans la violence, comme ce qui est arrivé lors d’une précédente manifestation à Tel-Aviv.

Le chef de la police d’Israël, Yohanan Danino, a décrit les négociations qui ont lieu entre les fonctionnaires de police et les organisateurs de la manifestation comme « fructueuses et productives », selon le site d’informations Ynet.

La dirigeante de Dor Amitz, Inbar Bugale, 23 ans, qui sera à la tête de la manifestation à Tel-Aviv, a déclaré à la Dixième chaîne que l’événement ne serait pas violent.

« Cela n’est pas l’objectif », a-t-elle déclaré.

« Nous voulons montrer à l’Etat que nous ne resterons pas silencieux même si on nous demande d’attendre. Cela est inconcevable. La lutte se poursuit, et nous devons le dire », affirme-t-elle.

Bugale a ajouté que les organisateurs de la manifestation ont expliqué aux fonctionnaires de police qu’ils n’avaient aucune envie de transformer l’événement en une manifestation violente, et leur ont demandé d’agir avec retenue.

« Nous sommes aussi des personnes, et nous n’avons aucune raison ni le désir d’entrer en conflit avec la police. Mais nous avons l’intention de bloquer la route et de perturber la routine parce que le racisme est une question de routine. »

La manifestation devait commencer avec un défilé sur la place située face au Théâtre Habima, sur le boulevard Rothschild de Tel-Aviv, qui était le lieu des manifestations pour la justice sociale qui a balayé Israël durant l’été de 2011. De là, les manifestants devaient continuer le long de la rue Ibn Gabirol pour rejoindre la place Rabin.

Parmi les préparatifs de la manifestation, les représentants de Dor Amitz ont envoyé une lettre au procureur général Yehuda Weinstein en lui demandant de poursuivre l’agent de police qui a attaqué le soldat Damas Pakada. L’incident au cours duquel Pakada a été battu faisait partie des catalyseurs pour les manifestations de protestation qui ont dégénéré à Jérusalem et à Tel-Aviv plus tôt ce mois-ci.

L’officier de police qui a été surpris par la vidéo alors qu’il battait Pakada a été congédié la semaine dernière et fait face à une enquête criminelle. L’agent bénévole qui l’a rejoint dans l’attaque a reçu l’interdiction de servir dans la police.

Intervenant dimanche lors d’une cérémonie commémorative annuelle dédiée aux membres de la communauté éthiopienne israélienne qui sont morts en essayant de rejoindre Israël, le Premier ministre Benjamin Netanyahu a promis qu’il allait former un comité spécial cette semaine pour aborder toutes les questions de discrimination et de racisme. Le cabinet de Netanyahu devrait en discuter mardi.

« Nous allons présenter un plan global au gouvernement pour vous aider dans tous les sens, a déclaré le Premier ministre. Il n’y a pas de place pour le racisme et la discrimination dans notre société, aucune. »

Les épouses des officiers de police et des gardiens de prison avaient l’intention d’organiser un rassemblement à 18h30, lundi, dans le Jardin Rose, près du bâtiment de la Knesset, à Jérusalem, pour soutenir les agents de police.

« Une situation absurde a été créée dans laquelle les gens respectueux des lois qui mettent leur vie en danger pour le bien-être public sont tachées », s’est insurgée Avigail Sharara, la présidente de l’Association des épouses des policiers et des gardes pénitentiaires, à Walla.

« Je pense que les membres de la Knesset se joindront à nous, et ensemble, nous allons embrasser les officiers en bleu et leur présenter nos remerciements. Les membres de la communauté éthiopienne doivent réaliser qu’attaquer les agents de police conduit à une impasse, et ne résout pas le problème. »

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