Les Israéliens éthiopiens ont profité de la retenue de la police – Motti Cohen
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Les Israéliens éthiopiens ont profité de la retenue de la police – Motti Cohen

Le commissaire a déclaré que la police avait voulu laisser les manifestants protester légitimement suite à la mort d'un ado, tué par un policier hors service

Un membre de la communauté éthiopienne d'Israël arrêté par la police à Netanya au cours des affrontements qui ont suivi la mort de Solomon Tekah, tué par un policier, le 2 juillet 2019 (Crédit : JACK GUEZ / AFP)
Un membre de la communauté éthiopienne d'Israël arrêté par la police à Netanya au cours des affrontements qui ont suivi la mort de Solomon Tekah, tué par un policier, le 2 juillet 2019 (Crédit : JACK GUEZ / AFP)

Le chef de la police en exercice, le commissaire Motti Cohen, a déclaré mardi que les agents des forces de l’ordre avaient agi avec retenue au cours du mouvement de protestation qui a suivi, la semaine dernière, la mort d’un jeune Israélien d’origine éthiopienne qui avait été tué par un policier hors-service, et que les activistes ayant commis des actes de violence avaient « profité d’eux ».

« Au cours des manifestations récentes et particulièrement la semaine dernière, nous avons assisté à l’exploitation de notre désir, en tant que forces de police, d’autoriser un mouvement de protestation légitime. Une partie du public a agi avec violence à l’encontre des civils et de policiers à l’occasion de graves perturbations », a dit Cohen lors d’une cérémonie organisée pour l’arrivée du nouveau chef du commandement du nord au sein des forces de l’ordre.

Cohen a ajouté que les agents avaient affronté « un défi significatif visant à conserver l’équilibre entre l’expression d’une protestation légitime et l’application de la loi et le maintien de l’ordre face aux violations ».

Les manifestations de la semaine dernière ont été entraînées par la mort de Solomon Tekah, 19 ans, à Haïfa, mortellement touché par un tir d’un policier qui était hors service à ce moment-là.

Le chef de la police par intérim Motti Cohen lors d’une cérémonie marquant la nouvelle année juive au siège de la police israélienne de Jérusalem, le 5 septembre 2018 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Le mouvement de protestation est encore monté d’un cran après les funérailles de Tekah qui ont eu lieu mardi dernier. Certains manifestants ont incendié des véhicules, retourné des voitures de police et ils s’en sont pris physiquement ou verbalement à ceux qui tentaient de franchir les barrages routiers improvisés qu’ils avaient dressés, civils ou policiers.

Les organisateurs disent que les réformes gouvernementales portant sur la lutte contre le racisme et les violences policières contre les Israéliens d’origine éthiopienne n’ont toujours pas été mises en oeuvre, plus de trois ans après des promesses qui avaient été faites à l’issue de manifestations similaires.

Cohen a aussi précisé que l’agent qui a ouvert le feu sur Tekah devait pouvoir bénéficier de la présomption d’innocence.

« Les agents de police se trouvent souvent dans l’obligation d’agir dans des situations extrêmes et ils sont parfois aux prises avec des situations complexes qui exigent un jugement rapide et des décisions réfléchies », a-t-il dit.

« C’est notre devoir de rappeler que chaque citoyen et que chaque policier a le droit à la présomption d’innocence jusqu’à ce que la justice ne démontre le contraire, et que c’est également le cas dans cet événement malheureux et tragique ».

Une voiture de police brûle alors que des membres de la communauté éthiopienne en Israël affrontent la police dans la ville côtière israélienne de Netanya le 2 juillet 2019, lors d’une manifestation contre le meurtre de Solomon Tekah, un jeune homme d’origine éthiopienne, tué par un policier qui n’était pas en service. (Photo par JACK GUEZ / AFP)

Le bureau du département des enquêtes internes de la police a confirmé lundi qu’une enquête sur la mort de Tekah avait conclu que l’agent avait tiré en visant le sol et que la balle aurait ricoché, se nichant dans l’aorte de l’adolescent.

Worka et Wbjig Tekah tiennent une photo de leur fils Solomon Tekah, 19 ans, qui a été tué par un policier hors-service le 1er juillet 2019 à leur domicile de la ville israélienne de Haïfa, le 3 juillet 2019 (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Le policier, dont l’identité n’a pas été révélée, a clamé avoir tenté de mettre un terme à une bagarre de rue mais que trois jeunes lui avaient jeté des pierres, mettant sa vie en péril.

Les responsables favoriseraient une accusation de délit disciplinaire plutôt que d’homicide involontaire.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan, dont le portefeuille intègre les forces de police, s’est exprimé au cours de la même cérémonie que Cohen, mardi, disant que tandis qu’il apportait son soutien aux forces de l’ordre, il devait y avoir une « tolérance zéro pour les violences excessives de la part de la police. »

« Un agent violent qui ignore comment faire preuve de retenue ne peut pas rester dans la police », a-t-il ajouté.

Le ministre de la Sécurité intérieure Gilad Erdan réconforte la famille de Solomon Tekah, 19 ans, tué par un policier, une mort qui a entraîné des émeutes dans le pays, le 4 juillet 2019 (Autorisation)

Les Juifs éthiopiens, dont la lignée remonterait à l’ancienne tribu israélite de Dan, avaient commencé à arriver en grand nombre dans les années 1980 quand Israël les avait emmenés clandestinement, par avion, pour les sauver de la guerre et de la famine dans la Corne de l’Afrique.

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