Les Israéliens plus inquiets des déchets que du dérèglement climatique – Sondage
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Les Israéliens plus inquiets des déchets que du dérèglement climatique – Sondage

Les personnes interrogées se flattent de veiller à la propreté mais critiquent leurs concitoyens ; la sanction de la pollution par l'amende est prônée par 4 Israéliens sur 5

Des ordures sur les rives de la mer Morte. (Crédit : Dov Greenblat, Société de la Protection de la Nature en Israël)
Des ordures sur les rives de la mer Morte. (Crédit : Dov Greenblat, Société de la Protection de la Nature en Israël)

Deux Israéliens sur cinq (41 %) estiment que la propreté dans les espaces publics est plus importante que la qualité de l’air (27 %) ou que la crise du climat (15 %), révèle un sondage réalisé par l’organisation à but non-lucratif Clean en collaboration avec la Société pour la protection de la nature.

Seuls 9 % des sondés placent en tête de la liste de leurs préoccupations environnementales le tri sélectif et le recyclage et seulement 8 % évoquent l’extinction des espèces animales sauvages.

Interrogés sur le niveau de propreté de leurs quartiers, 14 % ont dit être insatisfaits et 38 % ont déclaré que la propreté, dans les espaces publics, était « mauvaise » ou « très mauvaise ». 46 % ont déclaré que cette propreté était « moyenne » et 16 % qu’elle était « bonne » ou « très bonne ».

Presque la moitié des Israéliens interrogés ont déploré le manque de programmes de sensibilisation ou de promotion de la propreté.

Alors qu’il leur était demandé de juger leur propre niveau de propreté, 83 % des Israéliens se sont adjugés des notes allant de 7 à 10 sur une échelle de dix. Des chiffres qui contrastent avec les notes de 3 à 10 qu’ils ont accordé à leurs concitoyens, de manière plus générale.

Trois quarts des personnes interrogées ont expliqué que la solution était d’installer plus de poubelles dans les zones naturelles et de les vider plus fréquemment. 43 % ont déclaré que le meilleur moyen de persuader la population d’utiliser les poubelles était la publicité et la distribution de sacs. 39 %, pour leur part, ont dit être favorables à la sanction, par le biais d’amendes remises aux contrevenants.

Des déchets dans la nature, d’après une présentation de la députée Miki Haimovich lors d’une réunion de la commission des Affaires intérieures et de l’environnement de la Knesset sur les déchets, le 2 juin 2020. (Crédit : Osnat El-Az, Société pour la protection de la nature en Israël).

Sur l’ensemble des personnes interrogées, les deux-tiers ont déclaré aller se promener dans la nature au moins une fois par mois.

Ce sondage a été réalisé à la fin du mois de décembre, auprès de 600 Israéliens âgés de 17 à 40 ans. Il présente une marge d’erreur de 4,1 %.

Tomer Eshel, directeur-général de Clean, a appelé les décisionnaires à dépenser moins d’argent dans des campagnes de nettoyage massives et à davantage investir dans la sensibilisation et la publicité.

De son côté, Iris Hahn, directrice de la Société pour la protection de la nature en Israël, a déclaré « qu’en plus de leur caractère désagréable et de leurs nuisances esthétiques, les déchets ont un effet sérieux sur la nature en Israël », portant directement préjudice à la vie sauvage.

« Il est temps de procéder à un profond changement, un changement culturel qui nous permettra d’avancer vers notre objectif qui est celui d’un pays propre. Ce genre de changement peut s’effectuer par le biais d’un processus global qui comprendra l’éducation, la publicité, la remise à niveau de toutes les infrastructures et un système de sanction sérieux. »

L’Autorité de la nature et des parcs en Israël et le ministère de la Protection environnementale prévoient une journée de nettoyage national d’ampleur, une initiative qui sera financée à hauteur de 150 millions de shekels à partir du Fonds gouvernemental pour la préservation de la propreté, qui a été lui-même constitué à partir des taxes appliquées aux ordures ménagères et aux décharges et à partir des liquidités versées pour les sacs en plastique dans les supermarchés.

Cette initiative se base sur une immense campagne pendant laquelle 50 000 Estoniens avaient nettoyé leur pays tout entier en l’espace de cinq heures.

Lors d’une réunion de la commission des Affaires internes et de l’environnement à la Knesset qui avait été consacrée au sujet, au mois de juin dernier, la présidente de commission Miki Haimovich (Kakhol lavan) avait déclaré : « Il y a beaucoup de bonnes intentions mais il n’y a pas assez d’éducation et de sensibilisation… On le constate dans les écoles, avec les enfants qui terminent leur repas mais qui ne jettent pas correctement les déchets. Il n’y a pas de sensibilisation, il n’y a pas de modèle de rôle individuel. Du point de vue de l’éducation de nos enfants, rien n’est fait ».

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