Les Juifs peuvent-ils aider à fortifier la démocratie tunisienne naissante ?
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Les Juifs peuvent-ils aider à fortifier la démocratie tunisienne naissante ?

Seule survivante des révolutions des 'printemps arabes', la démocratie tunisienne poursuit une farouche volonté d'aller de l'avant

Yamina Thabet, présidente de l'ATSM condamnant à la radio les propos anti-juifs d'une députée tunisienne (Crédit: capture d'écran)
Yamina Thabet, présidente de l'ATSM condamnant à la radio les propos anti-juifs d'une députée tunisienne (Crédit: capture d'écran)

Hormis Djerba, où subsiste une communauté juive bien décidée à faire perdurer sa présence multi-millénaire sur l’île, les Juifs tunisiens, à l’instar du reste du Maghreb, ont quitté massivement Tunis, Sousse, Sfax, Zarzis pour la France et Israël entre le début des années 1960 et celui des années 1970.

Mais, aujourd’hui les Juifs de Tunisie, aussi minoritaires soient-ils, pourraient avoir un rôle à jouer dans le renforcement de la toute jeune démocratique tunisienne.

C’est en tout cas la conviction de Maya Nahum, exprimée sur le site du Huffington Post, juive auto-proclamée sioniste récemment invitée au lancement du projet d’un musée du patrimoine juif en Tunisie.

Elle, – qui écrivait en 2011, alors que le feu de la révolution s’allumait en Tunisie avant d’enflammer le reste du monde arabe, que « pour fabriquer un avenir libre, un pays doit réintégrer son passé dans l’enseignement prodigué aux générations présentes et celles à venir », – regrettait qu’en Tunisie « l’histoire et la présence des Juifs » soient ignorées par les meneurs de cette révolution.

Mais aujourd’hui, Maya Nahum est agréablement surprise par une récente découverte : une université tunisienne qui « a entamé depuis longtemps un travail (…) de réhabilitation du judaïsme tunisien ».

Le projet est une initiative de « Habib Kazdaghli, l’actuel doyen de la Manouba, explique-t-elle. Le Laboratoire fête aujourd’hui ses 20 ans. Le doyen Habib Kazdaghli est celui qui, en pleine tourmente islamiste, refusa le port du niqab dans les salles de cours, » écrit-elle.

Aujourd’hui, trois thèses par an sont consacrées au judaïsme tunisien, clamait il y a quelques jours avec fierté le doyen de l’université de la Manouba. 

Il rappelait cette réalité peu connue lors de l’annonce commune, avec Lucette Valensi professeur à l’EHESS de la création d’un futur musée du patrimoine juif tunisien.

Pour le doyen, ce musée aura la vertu de fortifier les progrès démocratiques à l’oeuvre actuellement en Tunisie.

Pour un pays arabe qui rêve de progrès et de développement, l’acceptation de son patrimoine juif peut être vu comme un signe d’une forte volonté d’en finir avec un conservatisme parfois mortifère.

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