Les leaders de Cisjordanie déplorent le renvoi de Kobi Eliraz par Netanyahu
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Les leaders de Cisjordanie déplorent le renvoi de Kobi Eliraz par Netanyahu

Pour un collègue de ce conseiller délégué aux implantations – qui aura aidé à faire avancer des centaines de plans de construction – ce limogeage est dû aux liens avec Liberman

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Kobi Eliraz, conseiller du ministre des Affaires étrangères sur les questions relatives aux implantations, à la conférence d'Amana, le 21 octobre 2014. (Crédit: capture d'écran YouTube)
Kobi Eliraz, conseiller du ministre des Affaires étrangères sur les questions relatives aux implantations, à la conférence d'Amana, le 21 octobre 2014. (Crédit: capture d'écran YouTube)

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a renvoyé lundi son conseiller aux Affaires des implantations, suscitant l’indignation des chefs d’implantation qui considéraient ce haut-responsable comme un allié au sein du ministère de la Défense, qui a la responsabilité d’autoriser les constructions israéliennes au-delà de la Ligne verte.

Kobi Eliraz avait été nommé au poste par l’ancien ministre de la Défense Moshe Yaalon il y a cinq ans. Il était ensuite resté au service d’Avigdor Liberman et, plus récemment, il avait travaillé pour Netanyahu.

Un proche d’Eliraz a confié au Times of Israel qu’alors qu’aucune justification n’a été donnée au haut-conseiller concernant son limogeage, il lui semblait clair que son renvoi était dû aux liens qu’il entretenait avec Liberman et avec Yaalon, qui sont devenus des adversaires politiques du Premier ministre ces dernières années et ces derniers mois.

Yaalon a quitté le Likud après la décision de Netanyahu de donner son poste à Liberman, pour permettre l’entrée de ce dernier au sein de la coalition en 2016.

Depuis, Yaalon a fondé le parti Telem – qui figure aujourd’hui sur la liste de Kakhol lavan – et il utilise cette nouvelle plateforme pour critiquer régulièrement Netanyahu qui est, selon lui, corrompu et dépourvu des qualités nécessaires à un homme d’Etat.

Liberman a entretenu une relation sous forme de montagnes russes avec Netanyahu au fil des années. Il a été directeur du bureau du Premier ministre à la fin des années 1990 sous les ordres du leader du Likud et a assumé différentes fonctions au sein des gouvernements Netanyahu au cours des deux dernières décennies.

Toutefois, les liens entre les deux hommes sont au plus bas depuis que, le mois dernier, Yisrael Beytenu a refusé de rejoindre la coalition du Premier ministre, précipitant l’organisation du deuxième scrutin de l’année qui aura lieu le 17 septembre.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et le chef du parti Yisrael Beytenu Avigdor Liberman après la signature de l’accord de coalition, à la Knesset, le mercredi 25 mai 2016. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

« Kobi ne se préoccupait pas de savoir pour qui il travaillait. Il venait tous les jours au travail dans le seul but d’aider les implantations », a déclaré l’ancien assistant du conseiller. « Malheureusement, avec Bibi, tout est politique », a-t-il ajouté, utilisant le surnom du Premier ministre.

Le bureau de Netanyahu n’a pas répondu à nos demandes de commentaires.

Le conseil de Yesha, organisation-cadre pro-implantations, a publié une lettre ouverte quelques heures seulement après l’annonce de ce renvoi, appelant Netanyahu à reprendre sa décision en considération.

« Kobi s’est occupé avec un grand professionnalisme des implantations israéliennes et de leurs résidents. Il a réalisé de nombreuses avancées [en notre nom] dans les domaines de la construction, du développement des infrastructures, de la sécurité et plus encore », annonçait la lettre, signée par plus d’une vingtaine de responsables de conseils régionaux et locaux de Cisjordanie.

La lettre suggérait que ce limogeage pourrait entraver sérieusement les initiatives du gouvernement de légaliser plusieurs projets sauvages en Cisjordanie, Eliraz étant considéré comme l’un des responsables du ministère les plus compétents dans la gestion des facteurs légaux complexes qui sont en jeu au-delà de la Ligne verte.

Travaux dans le nouveau quartier de l’implantation de Maale Amos, en Cisjordanie, le 18 juin 2017. (Crédit : Jacob Magid/Times of Israël)

Ces dernières années, le conseil de Yesha a lutté afin de rassembler tous ses membres autour de ses initiatives. La capacité du groupe à réunir les signatures de tous les maires de l’autre côté de la Ligne verte témoigne en elle-même du grand respect voué à Eliraz parmi les chefs d’implantation.

Parmi les candidats qui, selon les rumeurs, pourraient remplacer Eliraz, figure Shiloh Adler, ancien directeur-général du conseil. Adler, voisin d’Eliraz à Eli, une implantation située au centre de la Cisjordanie, a été consultant stratégique pour le parti du Likud au cours des dernières élections.

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