Les manifestants nus d’Auschwitz voulaient dire « non à la guerre »
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Les manifestants nus d’Auschwitz voulaient dire « non à la guerre »

"L'humanité qui permet des conflits militaires" mène le monde droit vers "un nouveau carnage et une terreur de masse", affirme le groupe "Love Macht Frei"

Miroslaw Celka, survivant d'Auschwitz, a rendu hommage à ses camarades tombés au "mur de la mort", lieu d'exécution de l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz, à Oswiecim, en Pologne, au 70e anniversaire de la libération du camp nazi, le 27 janvier 2015. (Crédit : Odd Andersen/AFP)
Miroslaw Celka, survivant d'Auschwitz, a rendu hommage à ses camarades tombés au "mur de la mort", lieu d'exécution de l'ancien camp d'extermination d'Auschwitz, à Oswiecim, en Pologne, au 70e anniversaire de la libération du camp nazi, le 27 janvier 2015. (Crédit : Odd Andersen/AFP)

Les manifestants qui s’étaient dénudés vendredi dernier à l’entrée du camp d’extermination nazi d’Auschwitz après avoir tué un mouton voulaient lancer un cri « contre la guerre », selon un communiqué de leur groupe, baptisé « Love Macht Frei », publié mercredi.

Ils avaient aussi attaché une banderole blanche avec l’inscription « love » en rouge en haut du portail de l’ancien camp nazi portant la célèbre inscription « Arbeit Macht Frei » (« Le travail rend libre » en allemand).

« Nous devons faire tout notre possible pour arrêter la guerre, ne pas permettre une nouvelle effusion de sang », peut-on lire dans le communiqué publié sur le site internet du journal polonais Gazeta Wyborcza. « L’humanité qui permet des conflits militaires » mène le monde droit vers « un nouveau carnage et une terreur de masse », poursuivent ses auteurs.

Selon eux, le mouton tué représentait une « victime de la guerre à qui la vie était enlevée définitivement ».

Les membres du groupe s’étaient dénudés devant le portail d’Auschwitz puis attachés entre eux avec des chaînes, après avoir tué le mouton à coups de couteau.

Une ancienne prisonnière du camp de concentration assistant à une cérémonie au mémorial de l'ancien camp de concentration nazi d'Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 2014. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)
Une ancienne prisonnière du camp de concentration assistant à une cérémonie au mémorial de l’ancien camp de concentration nazi d’Auschwitz-Birkenau le 27 janvier 2014. (Crédit : Janek Skarzynski/AFP)

Les gardes du musée d’Auschwitz et la police étaient aussitôt intervenus et les sept hommes et quatre femmes du groupe, âgés de 20 à 27 ans, six Polonais, quatre Biélorusses et un Allemand, avaient été interpellés, interrogés puis remis en liberté.

La justice polonaise a annoncé samedi des poursuites contre eux pour « profanation » d’un lieu symbolique. L’homme qui a tué le mouton doit en outre répondre de cruauté envers les animaux, et risque de ce fait jusqu’à deux ans de prison.

Le musée s’était dit « choqué et indigné » par leurs actes. Le grand rabbin de Pologne Michael Schudrich a dénoncé lui aussi une « profanation ».

Entre 1940 et début 1945, l’Allemagne nazie a exterminé à Auschwitz-Birkenau environ 1,1 million de personnes, dont un million de juifs de différents pays européens.

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