Manifs anti-Israël: « inacceptables », selon La Vuelta ; Sánchez redit sa « profonde admiration »
Le directeur du Tour d'Espagne cycliste a estimé que les manifestations visant l'équipe Israel-Premier Tech auraient pu se dérouler dans le respect du déroulement de la course

Le directeur du Tour d’Espagne cycliste Javier Guillén a qualifié lundi les manifestations anti-Israël ayant conduit à l’interruption de la dernière étape de « totalement inacceptables ».
« Je souhaite condamner ce qui s’est passé lors de la dernière étape, il n’y a pas de commentaire à faire, les images parlent d’elles-mêmes. Ce qui s’est passé est totalement inacceptable », a déclaré Javier Guillén lors d’une conférence de presse, assurant que les manifestations visant l’équipe Israel-Premier Tech auraient pu se dérouler dans le respect du déroulement de la course.
Dimanche, la dernière étape de La Vuelta, l’un des événements sportifs les plus importants du pays, avait tourné court malgré des mesures de sécurité décuplées dans la capitale et un déploiement inédit de forces de l’ordre.
Malgré un dispositif policier renforcé, des milliers de manifestants ont pénétré sur le parcours de la course dans divers points du centre-ville alors que les coureurs approchaient de la capitale espagnole.
Sur Gran Via, en plein coeur touristique de la ville, à Atocha, près de la gare centrale, mais aussi Plaza de Colon, plusieurs groupes de manifestants avec des drapeaux « palestiniens » ont fait tomber les barrières qui protégeaient le circuit final que les cyclistes devaient emprunter à plusieurs reprises.
Des dizaines de milliers de personnes – 100 000 d’après le gouvernement – ont envahi le parcours avec drapeaux et pancartes pour dénoncer le « génocide sioniste » à Gaza, entraînant la fin précoce de la compétition.
L’annonce de l’arrêt définitif de la course, perturbée quasi-quotidiennement depuis trois semaines par des actions de militants anti-Israël demandant l’exclusion de l’équipe Israel-premier Tech, à été applaudi comme une victoire par les manifestants.
« Cette Vuelta, c’est la Palestine qui la gagne », ont-ils chanté.
Les podiums et cérémonies protocolaires ont été annulés et le Danois Jonas Vingegaard, en tête du classement général, a été déclaré vainqueur.
L’interruption de cette 21ᵉ étape a enflammé le débat politique en Espagne, où plusieurs membres du gouvernement se sont félicités du succès de la mobilisation, tandis que l’opposition fustige « une honte internationale ».
Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez a pour sa part redit lundi « sa profonde admiration pour la société civile espagnole qui se mobilise contre l’injustice ».
Le socialiste, très critique à l’égard du gouvernement de Benjamin Netanyahu, a en outre estimé lundi qu’Israël ne devrait participer à « aucune compétition internationale […] tant que la barbarie continuerait » à Gaza, évoquant l’exemple de la Russie et des sanctions qui visent ses sportifs depuis l’invasion de l’Ukraine.
Malgré les critiques virulentes émanant de l’opposition de droite depuis la fin chaotique de l’épreuve cycliste dimanche, après l’envahissement du parcours par des milliers de manifestants en plein Madrid, le Premier ministre socialiste est resté ferme sur ses positions.
« Nous, bien sûr, rejetons toujours la violence. Cela va de soi. Nous l’avons toujours fait. Nous ressentons, comme je l’ai dit hier, une profonde admiration et un grand respect pour nos sportifs, pour les cyclistes du Tour d’Espagne », a poursuivi le chef du gouvernement espagnol.
« Mais nous ressentons également un immense respect et une profonde admiration pour une société civile espagnole qui se mobilise contre l’injustice et défend ses convictions de manière pacifique », a-t-il ajouté, évoquant les manifestants anti-Israël qui ont perturbé l’épreuve cycliste quasiment tous les jours, et en particulier dimanche lors de l’ultime étape.
« Notre position est claire et catégorique, tant que la barbarie ne cessera pas, ni la Russie ni Israël ne devraient participer à aucune compétition internationale », a-t-il poursuivi, lors d’une réunion avec les élus socialistes au Parlement.
« Le gouvernement a non seulement permis, mais aussi encouragé l’interruption de La Vuelta, provoquant ainsi une honte internationale relayée dans le monde entier », avait fustigé dimanche soir sur le réseau social X Alberto Nuñez Feijoó, le chef de file du Parti populaire (PP, droite).







