Les manifestations de Gaza toujours plus proches de la frontière avec Israël
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Les manifestations de Gaza toujours plus proches de la frontière avec Israël

Malgré les informations selon lesquelles l'Egypte tenterait d'endiguer les "marches du retour" par peur d’une guerre, le Hamas promet de continuer "de plus belle"

Khaled Abu Toameh est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Des enfants palestiniens font du vélo près de la frontière avec Israël à la périphérie de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, alors qu'ils participent à une course cycliste exigeant un "droit au retour" en Israël pour des millions de Palestiniens, le 26 mars 2018 (AFP / Said Khatib)
Des enfants palestiniens font du vélo près de la frontière avec Israël à la périphérie de Khan Younes dans le sud de la bande de Gaza, alors qu'ils participent à une course cycliste exigeant un "droit au retour" en Israël pour des millions de Palestiniens, le 26 mars 2018 (AFP / Said Khatib)

Les campements installés dans la bande de Gaza dans le cadre des manifestations de la « Marche du retour » seront déplacés de 50 mètres plus proches de la frontière avec Israël, ont annoncé mercredi les organisateurs de l’évènement.

Le Forum national pour la marche du retour, l’un des groupes palestiniens à l’origine des manifestations hebdomadaires, a déclaré que la décision venait « affirmer notre droit au retour » – une référence à la demande palestinienne qu’Israël autorise des dizaines de milliers de réfugiés et leurs millions de descendants à retourner dans leurs anciens foyers en Israël, une demande qui signifierait la fin d’Israël en tant qu’Etat à majorité juive.

Cette décision s’inscrit également dans le contexte des efforts déployés par les Palestiniens visant à contrecarrer le plan de paix du président américain Donald Trump, qui doit encore être annoncé, et mettre fin au blocus imposé par Israël sur la bande de Gaza. (Israël affirme qu’il maintient le blocus afin d’empêcher le groupe terroriste du Hamas, qui dirige Gaza et qui cherche à détruire Israël, d’importer des armes.)

L’Egypte aurait exercé des pressions sur le Hamas et d’autres groupes palestiniens afin qu’ils mettent fin aux manifestations. Selon différentes sources, les Egyptiens ont exprimé leur crainte que les manifestations puissent échapper à tout contrôle et déclencher une nouvelle guerre entre le Hamas et Israël.

Des manifestants palestiniens brûlent un drapeau israélien lors d’affrontements avec les forces israéliennes près de la frontière avec Israël, à l’est de la ville de Gaza, dans le centre de la bande de Gaza, le 13 avril 2018 (AFP / Mahmud Hams)

Une délégation du Hamas dirigée par Saleh al-Arouri et Moussa Abu Marzouk est arrivée mardi au Caire pour des entretiens avec des responsables égyptiens des services de renseignement concernant les manifestations hebdomadaires, la réconciliation entre le groupe terroriste et la faction dirigeante du Fatah dirigée par Mahmoud Abbas et un possible échange de prisonniers entre le Hamas et Israël.

Selon le ministère de la Santé de Gaza, dirigé par le Hamas, 35 Palestiniens ont été tués par des tirs israéliens depuis le début de la Marche du retour, il y a trois semaines. Le Hamas a reconnu que plusieurs de ses victimes faisaient partie de ses membres et Israël a identifié d’autres individus comme membres d’autres groupes terroristes.

Vendredi, au moins 10 000 Gazaouis ont pris part aux manifestations. L’armée israélienne a affirmé que des manifestants avaient lancé un engin explosif et des bombes incendiaires sur les soldats israéliens déployés à la frontière et que plusieurs tentatives de sabotage de la clôture avaient été menées afin que les militants puissent pénétrer en territoire israélien. Une semaine plus tôt, environ 20 000 Palestiniens avaient pris part aux manifestations, et la semaine précédente environ 30 000 personnes.

Ahmed Abu Rtaimeh, membre du Forum national pour la Marche du retour, a déclaré mercredi que les manifestations se poursuivraient « de plus belle » dans les semaines à venir.

Un jeune Palestinien lors d’affrontements après une manifestation près de la frontière avec Israël, à l’est de Khan Younès dans le sud de la bande de Gaza, le 1er avril 2018 (AFP / Said Khatib)

Il a déclaré au site d’information Al Resalah, affilié au Hamas, que la Marche du retour avait « imposé une nouvelle réalité qui a dynamisé les Palestiniens et redéfini la cause palestinienne comme cause d’un peuple qui veut retourner dans son pays ».

Parallèlement, le Hamas a indiqué mercredi qu’il avait repris ses versements aux Palestiniens blessés lors des événements survenus près de la frontière avec Israël. Selon le Hamas, quelque 350 Palestiniens blessés ont reçu un total de 75 000 dollars ces derniers jours. Le groupe terroriste a déclaré que les paiements venaient en « remerciement » à ceux qui ont risqué leur vie durant les manifestations.

Le Hamas a déclaré que cette aide financière entrait dans le contexte de sa responsabilité envers les Palestiniens « malgré la crise financière dont il souffre et à la lumière de l’incapacité du gouvernement de l’Autorité palestinienne à assumer ses responsabilités envers les résidents de la bande de Gaza ».

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