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Les médias haredim fustigent le jugement de la Haute cour sur Aryeh Deri

Alors que les juges ont rejeté la nomination ministérielle du chef du Shas, les quotidiens ultra-orthodoxes ont dénoncé une décision "non démocratique" et "scandaleuse"

Le chef du Shas, Aryeh Deri, aux abords de son domicile de Jérusalem, le 18 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)
Le chef du Shas, Aryeh Deri, aux abords de son domicile de Jérusalem, le 18 janvier 2023. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Les journaux de la communauté ultra-orthodoxe ont fustigé le jugement rendu par la Haute-cour dans la matinée de jeudi, s’indignant dans leurs Unes de la décision prise par les juges de refuser les nominations ministérielles du leader du Shas Aryeh Deri, un verdict qui le prive de son siège au gouvernement.

Ces journaux de la presse écrite, qui sont très prisés dans les segments de la population haredi qui boudent l’utilisation d’internet, suggèrent notamment que les magistrats se sont opposés à la volonté du peuple – en écho à une thématique de campagne qui a été lancée par la formation du Shas dans la soirée de mercredi.

Le gros titre choisi par le quotidien populaire Yated Neeman a été « La Haute cour contre la démocratie ». Il a cité « des leaders de la coalition » qui ont affirmé que ce jugement était « une injustice énorme » et il a cité également le responsable de la faction haredi Degel HaTorah, intégrée au sein de l’alliance Yahadout HaTorah, qui a déclaré que le tribunal « intervient encore une fois dans des questions qui ne le concernent pas ».

Dans un jugement peu surprenant mais qui a toutefois fait l’effet d’une bombe, mercredi après-midi, la Haute-cour a estimé que le siège au cabinet de Deri était « déraisonnable à l’extrême » dans un jugement pris à une quasi-unanimité, à dix voix contre une. Le leader du Shas a été condamné pour corruption à de multiples reprises et les juges ont noté qu’il avait promis à un tribunal, l’année dernière, qu’il quitterait la politique dans le cadre d’une négociation de peine qui était venue régler des poursuites pour fraude fiscale lancées à son égard. Il avait finalement écopé d’une peine de prison avec sursis grâce à cette promesse.

Le jugement rendu par la plus haute instance judiciaire d’Israël a entraîné une forte colère parmi les politiciens ultra-orthodoxes et un grand nombre de leurs partisans qui ont affirmé que la Cour avait cherché à saper les votes des 392 000 Israéliens qui avaient déposé un bulletin pour le Shas dans l’urne au cours du scrutin du 1er novembre.

Pour sa part, le quotidien du magazine Bakehila a écrit en première page : « Face au caractère destructeur de la Haute-cour, le dernier recours est ‘Deri comme Premier ministre’. » Sous son titre principal, le journal a ajouté : « Ceux qui ne veulent pas de Deri à un haut-poste ministériel l’auront comme Premier ministre d’alternance ».

Des magazines et des journaux haredim à la vente à Jérusalem. (Crédit : Nati Shohat/FLASH90)

Certains membres de la coalition réfléchiraient à conserver Deri au cabinet en le nommant Premier ministre d’alternance par le biais d’une manœuvre compliquée à la Knesset, même si une telle nomination pourrait entraîner des difficultés juridiques et des recours judiciaires.

En Une, le quotidien Hamevaser a noté que la désignation de Deri avait été interdite par les magistrats – ajoutant qu’il s’agissait encore « d’une nouvelle démonstration scandaleuse d’intervention politique » de la part de la Haute cour. Un éditorial annoncé en première page a par ailleurs qualifié le jugement de « décision mauvaise et déraisonnable à l’extrême » – reprenant la formulation utilisée par les juges dans leur verdict concernant la nomination du chef du Shas.

Haderech, le journal porte-parole du Shas, a fait pour sa part une Une peu surprenante’, titrant : « La Haute-cour contre le peuple d’Israël ». Un article qualifie le jugement de « décision malheureuse » et salue Deri, « un homme fort et courageux ».

La décision prise par le tribunal place le Premier ministre Benjamin Netanyahu dans l’embarras – il se trouve ainsi contraint par les juges de limoger le chef d’une formation dont il a désespérément besoin pour se maintenir au gouvernement.

Le ministre de l’Intérieur et de la Santé Aryeh Deri, au centre, entre le Premier ministre Benjamin Netanyahu, à droite, et le ministre de la Justice Yariv Levin, à gauche, lors d’une réunion du cabinet au bureau du Premier ministre de Jérusalem, le 8 janvier 2023. (Crédit : RONEN ZVULUN / POOL / AFP)

Mercredi soir, quelques heures après le jugement, Deri a indiqué qu’il n’accepterait pas un départ en douceur. « Quand on vous ferme la porte au nez, on sort par la fenêtre. Et s’ils s’avisent de fermer la fenêtre, alors on cassera le plafond, avec l’aide de Dieu », a-t-il déclaré, jurant de « continuer la révolution qui a été commencée par nos prédécesseurs avec une énergie et une dévotion qui seront encore plus grandes ».

Deri, qui avait été emprisonné après avoir été reconnu coupable de corruption dans le passé, avait plaidé coupable de fraude fiscale en 2022 dans le cadre d’une négociation de peine. Il avait écopé d’une peine de prison avec sursis et il avait dû démissionner de la Knesset. Allié déterminant du gouvernement de droite, d’extrême-droite et religieux de Netanyahu, Deri est revenu à la Knesset en tant que dirigeant du Shas, fort de 11 sièges, à l’issue des élections du mois de novembre. Le mois dernier, la coalition avait fait adopter en accéléré une législation qui ouvrait la porte à son accession à un poste de ministre. Il avait hérité dans la foulée du ministère de l’Intérieur et de celui de la Santé.

Selon des informations qui ont été rendues publiques mercredi soir, le gouvernement devrait limoger Deri dans les prochains jours et tenter d’adopter, par le biais d’une procédure accélérée, une législation qui l’autoriserait à faire son retour, même si le jugement catégorique de la Haute cour pourrait ne laisser que peu de recours.

En plus de la notion juridique de « caractère raisonnable », les juges ont indiqué que Deri ne pouvait pas revenir sur la promesse faite sur son retrait de la Knesset et, plus largement, sur son retrait de la vie politique dans le cadre de la négociation de peine, évoquant le « principe d’Estoppel », qui précise qu’une partie ne peut se prévaloir d’une position contraire à celle qu’elle a prise antérieurement dans le cadre d’une procédure judiciaire.

L’utilisation de ce « principe d’Estoppel » par les juges pourrait empêcher cette décision d’être contournée par le gouvernement, même s’il avance une législation prévoyant d’annuler la notion juridique du « caractère raisonnable » pour permettre à Deri de conserver son siège au cabinet.

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