Les ministres reportent la décision sur la réouverture des écoles et commerces
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Les ministres reportent la décision sur la réouverture des écoles et commerces

Netanyahu a également appelé à condenser le plan de déconfinement, qui compte neuf étapes, mais les autorités sanitaires ont mis en garde contre une reprise de l'épidémie

Des chaises sont placées sur les bureaux d'une salle de classe d'une école fermée de la ville de Safed, dans le nord du pays, le 13 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (David Cohen/Flash90)
Des chaises sont placées sur les bureaux d'une salle de classe d'une école fermée de la ville de Safed, dans le nord du pays, le 13 mars 2020, en pleine pandémie de coronavirus. (David Cohen/Flash90)

Les ministres ont décidé mercredi d’attendre la semaine prochaine avant de lever d’autres restrictions liées au confinement national, sur fond de divergences quant au plan en étapes du gouvernement, et la potentielle réouverture de certaines écoles et de certains commerces.

Après une réunion qui aura duré plusieurs heures, la commission chargée de la lutte contre le coronavirus a été conclue sans qu’aucune décision concernant les écoles et les commerces ne soit prise. Il s’agissait, sur papier, de la deuxième étape du plan de déconfinement établie par le ministère de la Santé. Les ministres ont convenu de se réunir à nouveau lundi pour prendre une décision finale, selon les médias.

L’un des principaux points de discorde durant cette réunion portait sur le moyen d’écourter le plan en neuf étapes du ministère de la Santé. Si les ministres se sont montrés en faveur d’une version condensée du plan – le Premier ministre Benjamin Netanyahu a proposé un plan en cinq étapes – les autorités sanitaires se sont montrées inquiets par une telle démarche.

« Avec les chiffres de la mortalité [que nous observons], je ne vois pas comment fonctionner avec un plan en cinq étapes. Je propose de mettre en oeuvre les quatre premières étapes et puis de condenser le reste », a suggéré Sharon Alroy-Preis, directrice par intérim du département de la Santé publique au sein du ministère.

Ronni Gamzu, chargé de la lutte contre le coronavirus, a également indiqué qu’il ne voyait pas comment condenser le plan, destiné à pallier les expériences chaotiques d’Israël après le premier déconfinement. La violence de la deuxième vague a été justement attribuée à la première stratégie de déconfinement, jugée trop précipitée.

Des gens déambulent dans le marché presque vide de Rehovot, le 19 octobre 2020. (Yossi Aloni/Flash90)

« Réduire le nombre d’étapes, c’est risquer de revenir en arrière », a-t-il dit, selon des fuites sur cette réunion.

Netanyahu a répondu qu’il avait l’impression qu’un plan en neuf étapes, qui s’étale sur plusieurs mois était « dur à digérer ». Les ministres du parti Kakhol lavan se sont également montrés favorables à un plan en cinq étapes, selon la Douzième chaîne.

Le Bureau du Premier ministre et le ministère de la Santé ont ensuite publié un communiqué qui stipule que le passage d’une étape à une autre sera déterminé par les taux d’infection et non pas par des dates ; qu’il y aura deux semaines entre chaque étape ; qu’une évaluation sera menée avant chaque levée de restrictions et que les délibérations sur le plan à cinq étapes se poursuivront la semaine prochaine.

Comme convenu entre les ministres, Netanyahu a publié une vidéo vantant le succès du confinement – sur la baisse des taux d’infection – et a déclaré que le plan de déconfinement ne comptera pas neuf étapes.

« Il y aura moins d’étapes mais elles seront progressives », a-t-il dit.

Il a également averti que si les taux d’infection venaient à augmenter à nouveau, les restrictions seraient rétablies.

Une baisse soudaine du nombre de contaminations la semaine dernière, après un mois de confinement, a donné lieu à des appels à la réouverture des écoles et des commerces et à la reprise de l’activité publique.

Au début de la réunion, Yuli Edelstein, ministre de la Santé, a mis en garde contre la réouverture trop rapide de l’économie et du système scolaire, qui serait une répétition du premier déconfinement.

Mais plusieurs ministres ont profité de cette réunion pour demander la réouverture rapide de tous les commerces, y compris les salons de coiffure et de manucure, les lieux de vacances et les centres commerciaux, selon la Douzième chaîne.

Les boutiques du centre-ville de Jérusalem fermées, alors qu’Israël amorcent son deuxième déconfinement, le 21 octobre 2020. (Crédit : Nati Shohat/Flash90)

Un scénario similaire s’était produit après le premier déconfinement et les autorités sanitaires avaient abandonné leur plan progressif et ouvert la quasi-totalité des écoles et des commerces d’un coup. La montée en flèche du nombre de cas pendant l’été a été imputée à cette réouverture trop rapide, et a conduit à un deuxième confinement national.

Les écoles maternelles et les crèches ont rouvert dimanche, et conformément au plan du ministère de la Santé, les classes de CP et de CE1 reprendront le 1er novembre. Cependant, les autorités sanitaires ont demandé à ce que le ministère de l’Education nationale revienne sur son plan et inclue la segmentation des classes en capsules. Selon le ministère cette démarche prendrait un mois à mettre en place et coûterait 6 milliards de shekels.

Durant la réunion de mercredi, Gamzu a également présenté les chiffres aux ministres. Ces chiffres montrent une augmentation de 400 % du taux de contamination chez les enfants âgés de 9 à 11 ans, pendant les deux semaines et demi d’ouverture des écoles en septembre. Alroy-Preis a déclaré devant la commission que les enfants étaient vecteurs de l’infection.

Les autorités sanitaires auraient également soumis un plan de réouverture des écoles primaires, dans lequel la segmentation en capsules – groupes d’études à petits effectifs fixes – est prévue dès le CP. Les plans précédents ne prévoyaient la segmentation qu’à partir du CE2.

Cependant, le ministre des Finances Israël Katz a demandé au cabinet d’autoriser, au lieu des écoles, les petits commerces à rouvrir des dimanche, notamment les salons de coiffure et instituts de beauté.

La pandémie de coronavirus continue de s’atténuer. Le nombre de cas quotidien est tombé à 1 171 mardi, après avoir atteint les 9 000 il y a quelques semaines.

Photo d’illustration : Les employés de l’organisation United Hatzalah, vêtus de leur habit de protection contre le coronavirus, dépistent des hommes ultra-orthodoxes à la Yeshiva Wolfson de Jérusalem, le 27 août 2020 (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon les derniers chiffres du ministère de la santé, 816 nouveaux cas ont été confirmés mercredi, ce qui fait grimper le total des cas à
307 259 depuis le début de la pandémie.

En date de mardi soir, le bilan était de 2 291 victimes, dont 13 dans le journée de mardi.

Le nombre de cas actifs, un chiffre qui a également drastiquement chuté, est tombé à 19 547. C’est la première fois depuis le 12 juillet qu’il ne dépasse pas la barre des 20 000.

Le ministère de la Santé a déclaré que 596 personnes étaient dans un état grave, dont 232 sous respirateurs. 176 patients sont dans un été modéré et le reste des malades n’ont que peu ou pas de symptômes.

Le ministère a indiqué que 30 581 tests avaient été réalisés en date de mercredi à minuit, avec un taux de positivité de 2,7 %. Le taux de positivité a grimpé à 15 % en septembre, au plus haut de la seconde vague.

Un groupe de travail militaire a écrit mercredi matin dans son rapport quotidien qu’Israël continuait à prendre le contrôle de l’épidémie, mais a ajouté qu’en valeur absolue, le taux de mortalité était encore très élevé.

Les autorités sanitaires ont également averti que la tendance à la baisse pourrait rapidement s’inverser si le public ne faisait pas preuve de vigilance.

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