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Les musulmans doivent « dissuader l’escalade israélienne » à Jérusalem – Abdallah II

Abdallah II a rencontré une délégation dirigée par le président de l'AP quelques semaines après les tensions avec Israël entraînées par un discours de Smotrich à Paris

Le roi Abdallah II de Jordanie écoute le discours du président français pendant un déjeuner de travail au palais royal Al-Husseiniya à Amman, le 21 décembre 2022. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)
Le roi Abdallah II de Jordanie écoute le discours du président français pendant un déjeuner de travail au palais royal Al-Husseiniya à Amman, le 21 décembre 2022. (Crédit : Ludovic MARIN / POOL / AFP)

Le roi Abdallah II de Jordanie a souligné dimanche son engagement à « sauvegarder » les lieux saints de Jérusalem, lors d’une réunion à Amman avec les chefs religieux musulmans et chrétiens de la ville.

La Jordanie « sera toujours avec vous », a assuré le roi en recevant une délégation conduite par le président palestinien Mahmoud Abbas.

« Il est du devoir de chaque musulman de dissuader l’escalade israélienne contre les lieux saints de Jérusalem », a ajouté le souverain, selon un communiqué du Palais royal.

Le roi a souligné son engagement à préserver « la paix et l’harmonie » dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa de Jérusalem, troisième lieu saint de l’islam, administré par la Jordanie. Cette mosquée est construite au sommet de ce que les Juifs appellent le Mont du Temple, le site le plus sacré du judaïsme – c’est là où se dressaient les deux anciens Temples.

La Jordanie se considère comme la tutrice du mont du Temple – un statut qu’Israël ne reconnaît pas, même si le pays prend acte « du rôle particulier » tenu par le royaume hachémite dans le traité de paix signé entre les deux nations. La Jordanie était devenue, en 1994, le deuxième pays arabe à reconnaître et à signer un traité avec Israël, après l’Égypte.

Un grand nombre de Palestiniens rejettent l’idée que le mont du Temple serait sacré pour les Juifs, après avoir accusé Israël et les sionistes, depuis environ un siècle, de vouloir détruire la mosquée pour la remplacer par un Temple – une initiative qui n’est pas soutenue par la société israélienne mainstream.

Des personnes accomplissent la première prière du vendredi midi du mois de jeûne islamique du Ramadan, devant le Dôme du Rocher dans l’enceinte de la mosquée Al-Aqsa à Jérusalem, le 24 mars 2023. (Crédit : AHMAD GHARABLI / AFP)

Israël avait capturé le mont du Temple et la Vieille Ville de Jérusalem à la Jordanie lors de la guerre des Six jours, en 1967, après sa conquête lors de la guerre de l’Indépendance de 1948 par Amman, presque deux décennies auparavant. Toutefois, Israël avait accepté que le Waqf jordanien continue à administrer le lieu saint.

Selon les dispositions qui prévalent sur le mont du Temple placé sous tutelle jordanienne, les Juifs et les non-musulmans ont le droit de visiter les lieux à certains horaires mais il leur est interdit d’y prier. Ces dernières années, les nationalistes religieux juifs, et notamment les membres de la nouvelle coalition au pouvoir comme Itamar Ben-Gvir, le ministre de la Sécurité nationale d’extrême-droite, ont multiplié les visites sur le site et ils ont réclamé de pouvoir y prier, suscitant la colère des Palestiniens et des musulmans du monde entier.

Au mois de janvier, le Premier ministre Benjamin Netanyahu avait fait une visite qui n’avait pas été annoncée à Amman où il avait rencontré le roi Abdallah II, un entretien au cours duquel il aurait promis que le statu-quo serait préservé sur le mont du Temple.

Le ministre de la Sécurité nationale, Itamar Ben Gvir, sur le mont du Temple, le 3 janvier 2023. (Crédit : Minhelet Har Habayit)

Dans ses propos tenus dimanche, Abdallah a aussi salué « les efforts des habitants de Jérusalem… en faveur de la sauvegarde » des lieux saints et il a également « souligné la nécessité de mettre un terme au déplacement des chrétiens, ainsi qu’aux attaques répétées contre les églises, les personnalités religieuses et les biens chrétiens à Jérusalem ».

Les lieux de culte chrétiens, à Jérusalem, ont connu une vague d’attaques, ces derniers mois. Certaines ont été attribuées à des extrémistes juifs.

Les églises de Jérusalem ont appelé le gouvernement, vendredi, à s’assurer que les chrétiens seraient en mesure de se prêter à leur culte avant Pâques et pendant la fête, exprimant leurs inquiétudes face aux violences croissantes et aux actes de vandalisme et de profanation qui ont été commis au cours de l’année passée.

La communauté chrétienne catholique romaine a célébré les rameaux, dimanche, avec des processions religieuses massives dans la Vieille Ville.

Des diacres catholiques romains marchant avec des palmes lors d’une procession autour de l’Édicule, traditionnellement considéré comme le lieu de sépulture de Jésus-Christ, lors de la messe catholique du dimanche des Rameaux, à l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem, le 2 avril 2023. (Crédit : Menahem Kahana/AFP)

Les propos du roi de Jordanie surviennent alors que les tensions entre la Jordanie et Israël sont montées d’un cran, après des propos d’un ministre israélien niant l’existence du peuple palestinien et sur fond de craintes de recrudescence du conflit israélo-palestinien pendant le mois de jeûne musulman du ramadan qui a débuté le 23 mars.

Pendant la rencontre de dimanche, le roi a aussi « appelé la communauté internationale à prendre position contre les déclarations racistes (…) faites récemment par certains responsables israéliens », selon le communiqué.

Le mois dernier, le ministère des Affaires étrangères jordanien avait convoqué l’ambassadeur d’Israël pour lui remettre une « lettre de protestation fermement formulée », à la suite d’un discours du ministre des Finances d’extrême droite israélien Bezalel Smotrich.

« Il n’y a pas de Palestiniens car il n’y a pas de peuple palestinien », avait déclaré Smotrich lors d’une visite privée à Paris.

Le chef du parti HaTzionout HaDatit Bezalel Smotrich s’exprime le 19 mars 2023 lors d’un service commémoratif à Paris pour Jacques Kupfer, militant de droite du Likud et membre du conseil d’administration de l’Agence juive, qui est décédé après une longue bataille contre le cancer en 2021. (Crédit : Capture d’écran via Ynet, utilisée conformément à l’article 27a de la loi sur les droits d’auteur)

Amman avait alors dénoncé « des incitations éhontées et une violation des normes internationales ».

Le ministère israélien des Affaires étrangères avait cherché à tempérer l’indignation générale, écrivant sur Twitter en hébreu et en anglais « qu’Israël est attaché au traité de paix qui a été signé en 1994 avec la Jordanie » et qu’il « n’y a pas de changement dans le positionnement de l’État d’Israël, qui reconnaît l’intégrité territoriale du royaume hachémite ».

Le président du Conseil de sécurité nationale Tzachi Hanegbi avait ensuite téléphoné au ministre des Affaires étrangères jordanien, Ayman Safadi, pour lui répéter l’attachement de l’État juif à son traité de paix avec le royaume hachémite.

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