Les Palestiniens furieux de la capture des évadés de Gilboa
Rechercher

Les Palestiniens furieux de la capture des évadés de Gilboa

De nouvelles manifestations ont eu lieu en Cisjordanie ; le Hamas a juré que les fuyards qui ont été capturés seraient libérés au cours d'un échange prochain de prisonniers

Zakaria Zubeidi après avoir été recapturé dans le nord d'Israël en date du 11 septembre, à gauche, et sur une photo retouchée où il sourit. (Autorisation)
Zakaria Zubeidi après avoir été recapturé dans le nord d'Israël en date du 11 septembre, à gauche, et sur une photo retouchée où il sourit. (Autorisation)

Les Palestiniens ont fait part de leur émoi et de leur colère dans les médias et sur les réseaux sociaux, samedi, suite à la capture par Israël de quatre des six prisonniers sécuritaires qui se sont échappés de prison au début de la semaine dernière – et ce dans un contexte d’appels à des manifestations massives et à des affrontements avec les forces israéliennes en Cisjordanie.

Selon la Douzième chaîne, des personnalités religieuses et politiques ont vivement appelé les Palestiniens à descendre dans les rues et à affronter les forces israéliennes.

De son côté, le Hamas a juré que les hommes qui ont été recapturés seront libérés lors d’un futur échange de prisonniers avec Israël.

Le groupe a également demandé aux Arabes israéliens – plusieurs d’entre eux ont aidé les forces israéliennes à rattraper les fugitifs – à apporter leur soutien aux deux individus qui sont encore en cavale.

Sur les réseaux sociaux, où les six hommes, ces derniers jours, avaient été considérés comme des héros, des photos retouchées ont été diffusées montrant les fugitifs après leur capture. L’expression lugubre et fatiguée de leur visage y a été transformée en sourire provocateur en direction des photographes.

De telles retouches sont faciles à faire par le biais d’applications variées.

Selon la Douzième chaîne, les détenus palestiniens dans les prisons israéliennes prévoiraient de lancer une grève de la faim en date du 17 septembre en signe de protestation contre les initiatives prises par les autorités de renforcer les restrictions appliquées aux prisonniers dans le sillage de cette évasion.

Plusieurs centaines d’Israéliens se sont heurtés, samedi soir, aux soldats israéliens en Cisjordanie, dans plusieurs secteurs. Les soldats ont utilisé des moyens de dispersion d’émeute pour venir à bout de ces heurts.

Le Croissant-Rouge palestinien a fait savoir qu’il avait pris en charge huit personnes blessées par des balles en caoutchouc et 15 autres qui avaient été indisposées par les gaz lacrymogènes pendant des échauffourées au checkpoint de Hawara, au sud de Naplouse.

Il y a également eu des manifestations dans toute la Cisjordanie – qui ont parfois tourné à la violence – après la capture par la police de deux des six évadés. Jusqu’à 1 000 personnes et émeutiers ont pris part à ces mouvements de protestation qui ont eu lieu à 11 endroits distincts de la Cisjordanie.

Les Palestiniens ont ouvert le feu vers les troupes israéliennes au checkpoint de Jalamah, près de la ville de Jénine, dans le nord de la Cisjordanie, pour la deuxième nuit d’affilée, selon les militaires israéliens.

L’armée israélienne a fait savoir que près de 600 manifestants s’étaient regroupés au checkpoint pour se confronter aux soldats. En plus des tirs, les émeutiers ont mis le feu à des pneus et ont lancé des cocktails Molotov vers les soldats qui se trouvaient là. L’armée a indiqué qu’elle avait dispersé les protestataires. Il n’y aurait pas eu de blessés.

L’évasion digne d’un film hollywoodien des six prisonniers palestiniens de la prison de Gilboa, lundi matin, a renforcé les tensions dans toute la Cisjordanie. Les forces israéliennes ont mené des opérations de recherche à grande-échelle et les groupes palestiniens armés ont juré de se venger si les fuyards étaient blessés.

Des vidéos circulant sur les réseaux sociaux ont montré de petits regroupements dans le centre de Ramallah et dans le camp de réfugiés al-Fawar de Hébron en solidarité avec les deux hommes qui ont été recapturés. D’autres images montreraient également des violences au checkpoint de Qalandiya, en Cisjordanie, au nord de Jérusalem.

Par ailleurs, toujours en Cisjordanie, les soldats israéliens auraient ouvert le feu sur trois Palestiniens près de Hébron. Un homme aurait été blessé. Un porte-parole de Tsahal a précisé que les trois hommes avaient lancé des cocktails Molotov sur les troupes. Ces dernières ont riposté en utilisant des balles Ruger – plus petites que les balles réelles mais qui peuvent encore être létales, selon l’armée.

Les trois suspects ont pris la fuite.

Les médias palestiniens ont fait état d’affrontements dans le camp de réfugiés d’al-Aroub, près de Hébron. L’armée israélienne n’avait pas répondu à une demande de commentaire au moment de l’écriture de cet article.

Un Palestinien pendant une émeute lors d’une manifestation en soutien à l’évasion de six prisonniers de la prison de Gilboa dans le village de Kafr Qaddoum, à l’ouest de Naplouse, en Cisjordanie, le 10 septembre 2021. (Crédit : Nasser Ishtayeh/Flash90)

De plus, des hommes armés ont attaqué vendredi soir l’habitation d’un éminent responsable arabe de la police, Jamal Hakroush, à Kaft Kanna, une ville du nord d’Israël. L’incident a endommagé le bâtiment mais il n’a pas fait de blessé, a fait savoir un communiqué émis par la police.

Il est difficile de dire pour le moment si cette attaque est liée à la capture des fugitifs, a noté un porte-parole de la police. Hakroush dirige une unité dont la mission est de combattre la recrudescence des crimes dans les villes et villages arabes.

Les violences ont eu lieu dans les heures qui ont suivi la capture de deux des évadés de la prison de Gilboa dans la ville de Nazareth, dans le nord du pays.

Peu après les arrestations, les terroristes, dans la bande de Gaza, ont tiré une roquette vers Israël qui a été interceptée par le système du Dôme de fer. Les services de secours du Magen David Adom ont annoncé qu’une femme avait été légèrement blessée alors qu’elle courait pour se réfugier dans un abri antiaérien.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...