Les Palestiniens préparent une alternative au plan de paix de Trump
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Les Palestiniens préparent une alternative au plan de paix de Trump

Ramallah n’a pas été impressionné par le soutien de Trump à la solution à deux États et affirme "qu’il n’y a rien de nouveau à ce sujet"

Raphael Ahren est le correspondant diplomatique du Times of Israël

L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne aux Nations unies, Riyad Mansour, à gauche, s’entretient avec des journalistes alors que le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, est présent en arrière-plan, le mercredi 26 septembre 2018. (AP Photo / Seth Wenig).
L’ambassadeur de l’Autorité palestinienne aux Nations unies, Riyad Mansour, à gauche, s’entretient avec des journalistes alors que le ministre palestinien des Affaires étrangères, Riyad al-Maliki, est présent en arrière-plan, le mercredi 26 septembre 2018. (AP Photo / Seth Wenig).

Les ministres des Affaires étrangères et diplomates d’environ 40 pays et représentants d’organisations internationales ont assisté mercredi soir à une conférence organisée par la mission palestinienne aux Nations unies visant à promouvoir des alternatives à la proposition de paix attendue de l’administration américaine.

L’événement, fermé à la presse, s’est déroulé dans un contexte de fracture croissante entre Ramallah et Washington suite au refus palestinien de s’engager dans des pourparlers avec les responsables américains après que les États-Unis ont reconnu Jérusalem comme capitale d’Israël.

Les dignitaires étrangers présents « ont répondu positivement à notre invitation et ont échangé avec nous sur la meilleure manière de sauver la solution à deux États et de trouver des moyens de surmonter les obstacles actuels, à la fois causés par l’administration américaine et le gouvernement israélien », a déclaré le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, lors d’une conférence de presse qui a suivi la rencontre de deux heures.

Plus tôt mercredi, le président américain Donald Trump a exprimé pour la première fois son soutien à une solution à deux États, mais a également déclaré qu’il accepterait une solution à un État, si Israéliens et Palestiniens l’acceptaient.

« En résumé : si les Israéliens et les Palestiniens veulent un seul État, cela me convient », a-t-il déclaré. « S’ils veulent deux États, ça me va. Je suis heureux s’ils sont heureux », a déclaré Trump lors d’une conférence de presse.

« Je suis un facilitateur. Je veux voir si je peux obtenir un accord afin que plus personne ne soit tué », a déclaré le président américain.

Trump a déclaré que parvenir à une solution à deux États était « plus difficile car il s’agirait d’une transaction immobilière », mais qu’en fin de compte, « cela fonctionne mieux quand des gens [de culture similaire] se gouvernent ».

Il a également promis que le plan de paix tant attendu, élaboré par son gendre et conseiller principal Jared Kushner, qui travaillait sur le dossier du Moyen-Orient, serait « très juste ».

« Il aime Israël mais il va aussi être très juste avec les Palestiniens », a déclaré Trump lors de sa conférence de presse de 84 minutes.

Le président Donald Trump prend la parole lors d’une conférence de presse à l’hôtel Lotte New York Palace lors de l’Assemblée générale des Nations unies, le mercredi 26 septembre 2018, à New York. (AP Photo / Evan Vucci)

Il a déclaré que le plan pourrait être publié prochainement, même si les Palestiniens boycottent actuellement les Américains suite à la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par Trump, du transfert de l’ambassade américaine et de la réduction de l’aide américaine à Ramallah. Il devrait ainsi être publié « au cours des deux, trois ou quatre prochains mois », a déclaré Trump.

« Je pense qu’une solution à deux États est plus probable, mais vous savez quoi ? S’il n’y en a qu’un seul, s’il y en a deux ça me va, si ça leur va », a-t-il poursuivi.

Maliki a déclaré qu’il n’était pas impressionné par l’approbation ostensible de Trump à un État palestinien.

« Nous avons entendu la même déclaration lors de sa première rencontre avec Netanyahu [à la Maison-Blanche en février 2017]. Il semble que, chaque fois qu’il rencontre Netanyahu, il répète cette même déclaration. Il n’y a rien de nouveau à ce sujet », a-t-il déclaré en anglais.

« Il doit aller de l’avant et dire oui à une solution à deux États basée sur les frontières de 1967 et affirmer que la Cisjordanie, Gaza et Jérusalem-Est sont des territoires occupés. Ce sont des déclarations importantes que le président Trump a à dire afin de convaincre quiconque de son engagement en faveur d’une paix réelle dans notre région », a déclaré Maliki.

Le ministre des Affaires étrangères de l’Autorité palestinienne, Riyad al-Maliki, au centre, s’entretient avec des journalistes alors que l’ambassadeur palestinien aux Nations unies, Riyad Mansour, se tient à sa gauche, et le responsable palestinien Omar Awdallah se tient à sa droite, à New York, le mercredi 26 septembre 2018. (AP Photo / Seth Wenig)

« Tout le monde sait que l’administration américaine actuelle a mené une guerre ouverte contre le peuple palestinien », a-t-il accusé.

Les Palestiniens « ne cherchent pas la confrontation », a-t-il ajouté, mais considèrent que l’administration Trump fait preuve de parti pris en faveur d’Israël et souhaitent donc trouver d’autres médiateurs internationaux afin qu’ils jouent un rôle plus actif dans le processus de paix.

« L’un des principaux objectifs de cette réunion était de permettre à ce processus collectif… de commencer à prendre de l’élan », a déclaré l’ambassadeur palestinien à l’ONU, Riyad Mansour.

Le président de l’Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, doit prendre la parole devant l’Assemblée générale ce jeudi, quelques minutes avant que le Premier ministre Benjamin Netanyahu ne s’exprime depuis ce même podium. Il proposera un système multilatéral garantissant « qu’aucun pays ne puisse dominer le processus politique », a déclaré Mansour.

« Nous voulons un processus collectif », a-t-il ajouté.

Au cours de la conférence de mercredi, tous les dignitaires participants ont approuvé la solution à deux États, « réitéré les paramètres [du processus de paix] tels que nous les connaissons et qui ont été définis par tous et exprimé leur volonté de permettre la poursuite de ce processus collectif », a-t-il expliqué.

Les ministres des Affaires étrangères de Turquie, d’Irlande, du Japon, le ministre britannique des Affaires étrangères pour le Moyen-Orient, Alistair Burt, et des diplomates d’un certain nombre de pays tels que l’Allemagne, la Norvège, l’Espagne, le Maroc, l’Egypte, l’Éthiopie et l’Indonésie ont participé à l’événement organisé dans une salle relativement petite et sombre, sans fenêtre, à l’hôtel Grand Hyatt de Manhattan.

Les Nations unies étaient représentées par le Coordonnateur spécial pour le processus de paix au Moyen-Orient, Nickolay Mladenov, et le Secrétaire général adjoint aux affaires politiques, Rosemary DiCarlo.

Israël et les États-Unis n’ont pas été conviés à l’événement.

Par ailleurs, alors que se tenait la conférence palestinienne, la fondation Appeal of Conscience, une organisation interconfessionnelle fondée par le célèbre rabbin Arthur Schneier, a organisé son dîner annuel de remise de prix dans le même hôtel.

Le secrétaire américain au Trésor, Steven Mnuchin, y a prononcé le discours d’introduction et la Française Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international (FMI), a reçu le prix « Leader mondial » de l’organisation.

L’ancien ministre des Affaires étrangères égyptien Amr Moussa, le diplomate qatari Nassir Abdulaziz Al-Nasser et plusieurs anciens Premiers ministres et présidents de divers pays ont participé à ce somptueux dîner.

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