Les Palestiniens refusent de redéfinir les blocs d’implantations
Rechercher

Les Palestiniens refusent de redéfinir les blocs d’implantations

Selon le porte-parole, les négociations ne peuvent reprendre que si Israël reconnaît les lignes d’avant 1967

La chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini et Saeb Erekat en conférence de presse à Ramallah, le 20 mai 2015 (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)
La chef de la diplomatie de l'UE, Federica Mogherini et Saeb Erekat en conférence de presse à Ramallah, le 20 mai 2015 (Crédit : AFP / ABBAS MOMANI)

L’Autorité palestinienne s’est élevée mardi contre des propos présumés du Premier ministre Benjamin Netanyahu exprimant son désir de négocier l’annexion future d’implantations juives en Cisjordanie.

L’Autorité palestinienne refuse de reprendre les négociations avec Israël sans la reconnaissance par Israël des frontières d’avant 1967 et de Jérusalem-Est comme future capitale palestinienne comme base préalable aux négociations, a annoncé un porte-parole de l’AP mardi, refusant ainsi une proposition de Jérusalem de reprendre des pourparlers visant à définir les frontières des blocs d’implantations.

Le porte-parole du président de l’AP, Nabil Abu Rudeineh, réagissait à des propos attribués au Premier ministre Benjamin Netanyahu – qu’il aurait prononcé lors d’une réunion avec la chef de la politique étrangère de l’UE, Federica Mogherini, la semaine dernière.

Le Premier ministre israélien aurait déclaré que son gouvernement était prêt à définir les limites des principaux blocs d’implantations, de façon à ce que des constructions soient autorisées.

Abu Rudeineh a répliqué que la construction israélienne en Cisjordanie devait cesser entièrement avant que les pourparlers de paix ne puissent reprendre.

« Rien de ce qui touche aux questions du statut final ne peut être segmenté ou reporté », a déclaré Abu Rudeineh dans un communiqué publié par l’agence de presse palestinienne Wafa.

« La base de toute négociation doit être la reconnaissance des frontières de 1967, Jérusalem comme la capitale d’un Etat palestinien indépendant… avec un arrêt complet de [la construction] des implantations et la libération du quatrième groupe de prisonniers [sécuritaire] incarcéré avant Oslo. »

Aucun commentaire n’a été publié pour le moment par le bureau de Netanyahu au sujet de l’article, sur ses propositions ou sur la réponse palestinienne.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chef de la diplomatie de l'Union européenne  Federica Mogherini en conférence de presse le 20 mai 2015 (Crédit : AFP / POOL / DAN BALILTY)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu et la chef de la diplomatie de l’Union européenne Federica Mogherini en conférence de presse, le 20 mai 2015 (Crédit : AFP / POOL / DAN BALILTY)

Netanyahu a refusé de reconnaître les lignes d’avant 1967 comme base pour les futures frontières palestiniennes, l’une des trois conditions présentées par Abbas avant le dernier cycle de négociations, qui se sont effondrées en avril 2014. Abbas a ensuite réintroduit la demande, en appelant à un retrait israélien au-delà de la Ligne verte dans les trois ans à venir.

Israël a régulièrement négocié sous l’hypothèse que certains grands blocs d’implantations feraient partie d’Israël, grâce à un échange de terres convenu en vertu d’un accord négocié avec les Palestiniens.

Le quotidien Haaretz cite mardi « une source israélienne » informée de la teneur de la rencontre qu’a eue la semaine dernière Netanyahu avec la chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, selon qui le Premier ministre israélien souhaiterait reprendre les négociations avec les Palestiniens, pour parvenir à des arrangements sur les frontières des blocs de construction qu’Israël annexerait dans le cadre d’un accord de paix.

« Le Premier ministre a expliqué que les zones où Israël pourrait continuer de construire deviendraient ainsi clairs », rapporte le journal.

Le négociateur palestinien Saëb Erekat a réagi en jugeant ce concept « totalement inacceptable ».

« La proposition de Netanyahu de discuter des frontières des blocs de colonisation est une tentative de légitimer les colonies », a-t-il déclaré à l’AFP.

« Les frontières qui doivent être fixées sont celles de l’Etat de Palestine reconnu internationalement sur la base des frontières de 1967. Les colonies devraient être stoppées au lieu d’être légitimées. »

Pour une autre responsable palestinienne, Hanan Ashrawi, la proposition attribuée à Netanyahu est « un exercice malhonnête et manipulateur de tromperie politique et juridique ».

« Toutes les colonies sont illégales et une contravention flagrante au droit et au consensus international ; tout effort destiné à annexer et légaliser les blocs de colonies sont une tentative criante de voler encore plus de terres palestiniennes », a-t-elle affirmé dans un communiqué.

Aujourd’hui, près de 580 000 Juifs vivent sur ce territoire occupé par Israël (qui comprend également Jérusalem-Est).

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...