Les Palestiniens se préparent à un « Mardi de la colère »
Rechercher

Les Palestiniens se préparent à un « Mardi de la colère »

Un représentant de l'OLP indique qu'il y aura des marches et des discours pour protester contre la politique américaine concernant les implantations

Des manifestants palestiniens brandissent des banderoles et des drapeaux nationaux lors d'une manifestation contre la conférence économique du Moyen Orient parrainée par les États-Unis qui s'est ouverte à Bahreïn, dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 25 juin 2019. (Jaafar Ashtiyeh/AFP)
Des manifestants palestiniens brandissent des banderoles et des drapeaux nationaux lors d'une manifestation contre la conférence économique du Moyen Orient parrainée par les États-Unis qui s'est ouverte à Bahreïn, dans la ville de Naplouse, en Cisjordanie, le 25 juin 2019. (Jaafar Ashtiyeh/AFP)

Les Palestiniens prévoient d’organiser des manifestations en Cisjordanie et dans la bande de Gaza mardi pour protester contre la déclaration du secrétaire d’État américain Mike Pompeo selon laquelle l’administration Trump ne considère pas les implantations comme illégales, a déclaré lundi un responsable de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

M. Pompeo a fait savoir la semaine dernière à des journalistes rassemblés au Département d’État que « l’implantation de colonies civiles israéliennes en Cisjordanie n’est pas en soi incompatible avec le droit international« , en rupture avec des décennies de politique américaine.

« Nous déclarons un jour de la colère pour rejeter cette déclaration du secrétaire d’Etat américain », a indiqué Wasel Abu Yousef, membre du Comité exécutif de l’OLP, lors d’un entretien téléphonique. « Nous condamnons totalement cet effort américain pour légitimer les implantations ».

Comme les Palestiniens, la plupart des membres de la communauté internationale considèrent les implantations comme illégales. Cette position se fonde en partie sur la quatrième Convention de Genève, qui interdit à une puissance occupante de transférer une partie de sa propre population civile dans un territoire occupé.

Israël, cependant, soutient que la Cisjordanie n’est pas un territoire occupé, mais plutôt une terre disputée qui a été prise à la Jordanie lors d’une guerre défensive en 1967.

Le secrétaire d’Etat américain Mike Pompeo en conférence de presse au Département d’Etat à Washington DC, le 18 novembre 2019. (Crédit : JIM WATSON/AFP)

D’après le responsable de l’OLP, basé à Ramallah, les manifestations dénonceront également l’engagement pris par le Premier ministre Benjamin Netanyahu en septembre dernier d’appliquer la souveraineté israélienne sur la grande majorité de la vallée du Jourdain en Cisjordanie, si un nouveau mandat lui est confié.

Les Palestiniens espèrent créer un État indépendant en Cisjordanie, y compris dans la vallée du Jourdain ainsi qu’à Jérusalem-Est et à Gaza.

Abu Yousef a ajouté que les manifestations incluront de courtes marches à partir de 11h30 à travers les centres-villes et des discours de dirigeants de factions palestiniennes, ajoutant qu’ils ne s’aventureront pas à des « points de friction » avec les forces de sécurité israéliennes.

Les manifestations aux « points de friction » se transforment souvent en affrontements entre les Palestiniens et les forces de sécurité israéliennes.

Isam Bakr, un éminent activiste palestinien, n’a cependant pas exclu la possibilité que des manifestants se rendent dans ces zones.

« Il y a des voix qui appellent les gens à se rendre aux points de friction, il est donc possible que les gens s’y rendent », a-t-il dit lors d’une conversation téléphonique. « Ils iront là où ils doivent aller pour protester contre cette décision américaine illégale. »

L’armée israélienne n’a pas répondu immédiatement à une question sur la façon dont elle se préparait à l’éventualité d’affrontements.

Des manifestants palestiniens affrontent les forces de sécurité israéliennes à la suite d’une manifestation de soutien aux prisonniers palestiniens en grève de la faim dans les prisons israéliennes, près de l’implantation juive de Beit El, au nord de Ramallah, en Cisjordanie, le 27 avril 2017. (AFP PHOTO / ABBAS MOMANI)

Abu Yousef a également déclaré qu’il s’attendait à une participation très élevée, car toutes les factions palestiniennes ont accepté d’envoyer leurs membres à ces manifestations.

« Nous nous attendons à une participation très importante », a-t-il ajouté.

Le ministère de l’Éducation de l’Autorité palestinienne a annoncé dimanche soir que les écoles suspendraient les cours entre 11h30 et 13h.

« Le ministère de l’Éducation affirme la nécessité de participer aux événements organisés », a-t-il dit dans un communiqué.

Les Palestiniens ont organisé de multiples manifestations au cours des deux dernières années en réponse aux décisions américaines, largement considérées comme marginalisant les dirigeants palestiniens basés à Ramallah.

Ces mesures comprenaient la décision de reconnaître Jérusalem comme capitale d’Israël, le transfert de l’ambassade des États-Unis dans cette ville et la fermeture du bureau diplomatique palestinien à Washington. Ces mesures ont été largement, mais pas universellement, bien accueillies en Israël.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...