Les partis Travailliste et Gesher vont-ils rejoindre Gantz ?
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Les partis Travailliste et Gesher vont-ils rejoindre Gantz ?

Les alliés de Liberman excluent toute entrée dans la coalition, le chef de Hossen LeYisrael dit être "en paix" avec sa décision au cours de cette période d'urgence

Les députés Orly Levy-Abekasis (à gauche) et Amir Peretz lors de la soirée post-électorale de l'alliance Travailliste-Gesher-Meretz à Tel Aviv, le 2 mars 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)
Les députés Orly Levy-Abekasis (à gauche) et Amir Peretz lors de la soirée post-électorale de l'alliance Travailliste-Gesher-Meretz à Tel Aviv, le 2 mars 2020. (Avshalom Sassoni/Flash90)

Des sources proches du dirigeant de Yisrael Beytenu, Avgidor Liberman, ont indiqué vendredi qu’il n’y avait « aucune chance » que le mouvement suive l’exemple de Benny Gantz qui a intégré le gouvernement de Premier ministre Benjamin Netanyahu alors même que l’ex-leader de Kakhol lavan s’est dit « en paix » face à sa décision qu’il a jugée inévitable en période de crise nationale.

Les sources ont indiqué à plusieurs médias en hébreu que « la conduite entière de Gantz est allée de travers » depuis le dernier scrutin. « Il a dissimulé des choses et il s’est conduit comme un amateur », ont-elles ajouté.

Certains avaient laissé entendre que Liberman pourrait renoncer à ses demandes de politiques laïques et qu’il chercherait à entrer au gouvernement après la dissolution par Gantz de l’alliance Kakhol lavan, jeudi, et après que l’ex-chef d’Etat-major a indiqué qu’il inclurait sa formation Hossen LeYisrael dans un gouvernement d’unité avec le Likud et le bloc de droite et religieux.

Pour sa part, Akiva Novick, journaliste de la Treizième chaîne, a écrit vendredi sur Twitter que le leader du parti Travailliste Amir Peretz avait appelé les activistes de sa formation en leur disant de préparer la base électorale du parti à un éventuel ralliement de ce dernier à la coalition, aux côtés de Gantz.

La députée Itzik Shmuli devrait se joindre à ce rassemblement.

Selon la Douzième chaîne, la députée du Gesher, Orly Levy-Abekasis, qui avait rompu son alliance avec l’union Travailliste-Meretz suite aux élections et dont la formation n’a qu’un siège au parlement, entrera également dans la nouvelle coalition.

Le dirigeant d’Yisrael Beytenu, Avigdor Liberman, lors d’une conférence à l’Institut israélien de la démocratie, à Jérusalem, le 24 février 2020. (Yonatan Sindel/Flash90)

Dans un message publié vendredi sur Facebook, Gantz a répété être « encore plus en paix avec sa décision ».

Gantz a expliqué qu’il n’avait pas eu d’autre choix durant ce moment « d’urgence nationale ».

« A des moments comme ceux-là, les dirigeants doivent faire le choix de ce qui est juste et laisser leurs doutes et leurs comptes personnels de côté », a-t-il écrit.

Les anciens partenaires de coalition de l’alliance Kakhol lavan ont pour leur part fustigé Gantz, jeudi soir.

Le chef du parti Yesh Atid, Yair Lapid, l’a vivement critiqué au cours d’une conférence de presse organisée aux côtés du numéro un de Telem, Moshe Yaalon, disant que Gantz était « entré en rampant » dans une coalition « d’extrémistes et d’escrocs ».

Il a clamé que l’ex-chef d’Etat-major avait trahi les électeurs de Kakhol lavan et qu’il avait volé leurs votes avant de les offrir en cadeau à Netanyahu. Malgré ses dires, Gantz n’entrera pas dans un gouvernement d’unité mais il « rend tout simplement les armes » devant Netanyahu, a dit Lapid.

Benny Gantz à la Knesset le 26 mars 2020, après avoir été élu président de la Knesset. (Knesset)

Yaalon a joint sa voix à celle de Lapid, estimant que Gantz allait intégrer un gouvernement « qui représente tout ce à quoi nous nous opposons » – une initiative « malheureuse, pour ne pas en dire plus ».

Gantz a écrit dans un tweet adressé aux deux hommes, jeudi, qu’il avait décidé de rejoindre Netanyahu pour sauver la nation d’une quatrième élection dans « une période aussi difficile ».

Il a déclaré que « finalement, j’ai la conviction que nous ne devons pas entraîner Israël vers un quatrième scrutin à une période aussi difficile, alors même que le pays fait face à la crise du coronavirus et à ses répercussions. Nous sommes en désaccord à ce sujet. »

Gantz a remercié les deux hommes pour le partenariat établi l’année passée. « A mes yeux, vous serez toujours des patriotes qui aimez leur pays et qui agirez pour son bien, où que vous vous trouviez », a-t-il écrit.

Vendredi, Gantz a estimé toutefois que Lapid et Yaalon n’étaient pas honnêtes vis-à-vis de leurs électeurs.

« Ceux qui veulent – et qui poussent même – à envoyer des familles qui ont perdu leur revenu et qui craignent pour leur vie aux urnes devraient dire leurs intentions ouvertement et clairement », a-t-il déclaré.

« Vous savez très bien qu’il n’y a pas d’autre moyen, qu’il n’y aura pas d’autre moyen et que si cela été avait le cas, nous aurions fait autrement », a écrit Gantz qui a ajouté que sa porte restait ouverte à ses anciens partenaires.

L’alliance Kakhol lavan avait été fondée en 2019 à partir de trois formations différentes : Yesh Atid, de Yair Lapid – qui avait fourni une grande part des infrastructures du mouvement après s’être déjà présenté dans plusieurs élections ; Hossen LeYisrael de Gantz et Telem, de Yaalon, de nouveaux venus sur la scène politique israélienne.

C’est Gantz qui avait obtenu le mandat de formation d’un gouvernement, au début du mois, après trois cycles électoraux non-concluants, mais il était apparu qu’il avait peu de possibilités claires de mettre en place une coalition stable.

Lui et Netanyahu, qui est à la tête de l’Etat juif depuis une décennie mais qui a été mis en examen pour des faits de corruption, avaient publiquement clamé la nécessité de la mise en place d’un gouvernement national d’urgence au vu de la crise du coronavirus – mais aucune des parties n’avait semblé entreprendre de démarche significative en faveur de cet objectif avant un entretien téléphonique qui a eu lieu mercredi soir entre les deux hommes.

Le président d’Yisrael Beytenu Avidgor Liberman (au centre) rencontre les dirigeants de Kakhol lavan, Benny Gantz, (2e à gauche), Yair Lapid, (2e à droite), Gabi Ashkenazi (à droite) et Moshe Yaalon (à gauche), le 10 mars 2020. (Autorisation : Elad Malka)

Selon des informations révélées ces dernières semaines, Gantz, un néophyte en politique, avait soutenu la mise en place de compromis pour rejoindre Netanyahu mais Lapid et Yaalon – qui ont été, dans le passé, ministres de Netanyahu avant de se fâcher avec lui – s’y étaient fortement opposés.

Gabi Ashkenazi, le quatrième de ce qui était appelé le « cockpit » de Kakhol lavan, devrait rejoindre Gantz dans ce partenariat avec Netanyahu. Les deux anciens chefs d’Etat-major devraient servir aux postes de ministres des Affaires étrangères et de la Défense.

Gantz a été élu président de la Knesset dans la soirée de jeudi.

Selon le projet d’union qui serait actuellement esquissé, Gantz devrait établir un partenariat avec Netanyahu au sein d’une coalition d’unité, s’emparant d’abord du portefeuille des Affaires étrangères ou de la Défense avant d’occuper le poste de Premier ministre au mois de septembre 2021 – même si de nombreux analystes politiques doutent de la réalisation effective de cette rotation au pouvoir.

Les factions Yesh Atid et Telem ont déposé une requête officielle demandant de rompre avec le parti de Gantz, vendredi en fin d’après-midi, laissant Hossen LeYisrael et son dirigeant rejoindre seuls le Likud de Netanyahu.

Lapid aurait déclaré à Gantz que plutôt que de voir Kakhol lavan s’unir à Netanyahu, il préférait qu’un quatrième scrutin soit organisé dans le pays.

Gantz devrait démissionner de son poste de président de la Knesset après la formation d’un gouvernement d’unité et il sera remplacé par un député du Likud – peut-être même par le président sortant, Yuli Edelstein, qui avait démissionné de sa fonction mercredi afin d’éviter de mettre en oeuvre un jugement de la Cour suprême avec lequel il était en désaccord.

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