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Carnet du journaliste

Les passagers du vol El Al pour Bucarest transportent des boîtes d’aide aux réfugiés

Partis d'Israël pour secourir des membres de leur famille en Ukraine, ils participent à une initiative visant à apporter une aide humanitaire aux réfugiés arrivés en Roumanie

Des passagers à destination de Bucarest, en Roumanie, se portant volontaires pour prendre à bord des boîtes d'aide humanitaire pour les Juifs fuyant l'Ukraine vers la Roumanie, le 14 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)
Des passagers à destination de Bucarest, en Roumanie, se portant volontaires pour prendre à bord des boîtes d'aide humanitaire pour les Juifs fuyant l'Ukraine vers la Roumanie, le 14 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

BUCAREST, Roumanie – Un vol El Al qui a décollé lundi de Tel Aviv vers la capitale roumaine de Bucarest était le parfait exemple des temps inhabituels que nous vivons.

Un courriel d’El Al dimanche, suivi lundi matin, d’un appel téléphonique, demandait aux passagers s’ils étaient prêts à transporter un colis d’aide humanitaire à bord – une boîte contenant des médicaments, des aliments pour bébés et des couches – qui serait distribué aux réfugiés ukrainiens arrivant en Roumanie dans les heures suivant l’arrivée de leur avion.

L’initiative conjointe entre El Al, l’organisation Sasa Setton – qui soutient l’éducation des enfants hospitalisés en Israël – et le Center for Jewish Impact a été lancée pour la première fois lundi.

De nombreux passagers à bord du vol ont accepté de servir de coursiers.

Le vol était bondé. Il comprenait une délégation de l’hôpital Beilinson de Petah Tikva composée de deux médecins et de deux infirmières russophones, partis pour une semaine afin de faire des examens médicaux aux Ukrainiens en route pour Israël.

Il y avait également à bord des Israéliens d’origine ukrainienne venus aider leurs proches à quitter ce pays déchiré par la guerre.

Des boîtes d’aide humanitaire transportés par les passagers à bord d’un vol El Al de Tel Aviv à Bucarest, Roumanie, le 14 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

D’origine ukrainienne, Vladimir Gomon, qui a immigré en Israël depuis Moscou il y a quatre ans, vit à Haïfa, dans le nord du pays, et travaille comme ingénieur électrique à Yokneam. Il se rendait à Tchernivtsi (Cernowitz), dans le sud-ouest de l’Ukraine, pour y retrouver ses parents, en route depuis leur ville natale de Severodonetsk, dans la région de Louhansk, à l’est du pays.

Ils prévoient de prendre ensemble l’avion pour Bucarest, puis de continuer vers Paris, où le frère de Gomon vit depuis quelques années.

Vladimir Gomon de Haïfa, dans le nord d’Israël, en route pour rencontrer ses parents et les emmener à Paris, le 14 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

« Mon père est Juif mais n’a pas tous les documents nécessaires pour immigrer. Nous devons essayer de les trouver », a déclaré Gomon, qui a réussi à immigrer lui-même parce que sa femme est juive.

« Mes parents ont emménagé chez des amis dans leur ville et après leur départ, leur maison a été bombardée », a-t-il ajouté. « Beaucoup de gens là-bas s’abritent maintenant dans des sous-sols. Chaque jour, le maire annonce sur WhatsApp si des bus circulent vers l’Ukraine occidentale. Mes parents avaient tellement peur de partir, mais hier, ils ont accepté que je vienne les chercher et mes employeurs m’ont simplement dit de partir ! »

« Ils ont toujours soutenu la Russie, même après 2014″ – lorsque la Russie a envahi la péninsule de Crimée et que les séparatistes soutenus par la Russie ont déclaré que les régions de Donetsk et de Louhansk, dans l’est de l’Ukraine, étaient des républiques indépendantes – « mais ce matin, ils m’ont dit qu’ils avaient changé d’avis. Ils disent que toute la ville est devenue anti-russe », a ajouté Gomon.

Katrin Polit, 30 ans, qui a immigré d’Ukraine en Israël il y a cinq ans et travaille comme programmeur informatique dans la ville centrale de Holon, se rendait à Bucarest pour rencontrer ses parents, qui étaient en route depuis la ville de Dniepr avec environ 28 autres personnes dans un minibus fourni par le bureau des services sociaux Hesed de la ville.

L’assaut de la Russie sur Dniepr a commencé il y a quelques jours seulement.

Katrin Polit, de Holon, dans le nord d’Israël, en route pour rencontrer ses parents et les emmener à Paris, le 14 mars 2022. (Crédit : Sue Surkes/Times of Israel)

Bon nombre des 18 bureaux Hesed d’Ukraine, gérés par l’American Joint Distribution Committee (JDC), ont été contraints de fermer depuis l’invasion de la Russie, mais ils tentent de continuer à fournir des services sociaux, notamment aux personnes âgées et aux personnes qui ne peuvent quitter leur domicile.

Polit fait partie des nombreux Israéliens ukrainophones qui se sont portés volontaires auprès du JDC pour appeler les personnes âgées dans toute l’Ukraine afin de leur demander si elles avaient besoin de quelque chose et de leur donner des conseils sur la possibilité d’immigrer en Israël.

« À Kiev, ils répondaient au téléphone, mais à Kharkiv [qui a subi de nombreux bombardements russes] ils étaient peu à le faire. Ils étaient dans les sous-sols », dit-elle.

« Certains des travailleurs sociaux de Hesed continuent à fournir des soins, malgré le danger, ce qui est extraordinaire », a ajouté Polit.

Elle prévoit de rencontrer ses parents mardi soir et de les faire venir en Israël avec des visas touristiques. Enfant unique, elle dit,  » j’aimerais beaucoup qu’ils immigrent, mais ils ne sont pas prêts à en parler pour l’instant. Se déraciner a été trop stressant ».

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