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Les pays arabes à la COP28: tous derrière l’Arabie saoudite ?

Parmi les 22 pays arabes, Ryad peut compter sur le soutien inconditionnel des six membres de l'Opep, appelés par son secrétaire général à se mobiliser contre une sortie des fossiles

Un panneau COP28 à l'Expo City pendant le sommet des Nations Unies sur le climat à Dubaï le 5 décembre 2023. (Crédit : Karim SAHIB / AFP)
Un panneau COP28 à l'Expo City pendant le sommet des Nations Unies sur le climat à Dubaï le 5 décembre 2023. (Crédit : Karim SAHIB / AFP)

L’Arabie saoudite, farouche opposante à une sortie des énergies fossiles, domine le bloc arabe dans les négociations mondiales pour le climat, malgré des intérêts divergents au sein du groupe, notamment avec le pays hôte.

« On assiste à une divergence entre les Emirats arabes unis et d’autres grands Etats pétroliers sur l’avenir des combustibles fossiles », souligne Jim Krane, du Baker Institute de l’Université de Houston, aux Etats-Unis.

Alors que Ryad, premier exportateur de brut au monde, refuse une mention des énergies fossiles dans un texte sous l’égide de l’ONU, le président émirati de la COP28, Sultan Al Jaber, répète vouloir un accord historique, évoquant le sort du pétrole, du charbon et du gaz.

Parmi les 22 pays arabes, Ryad peut compter sur le soutien inconditionnel des six membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), appelés par son secrétaire général à se mobiliser contre une sortie des fossiles.

Ces Etats, ainsi que le Qatar, producteur géant de gaz, dépendent des hydrocarbures pour financer leurs économies et leurs projets de développement, explique Laury Haytayan, directrice pour la région MENA du Natural Resource Governance Institute, basée à Bruxelles.

Ryad a lancé un programme de réformes pour transformer le royaume en un centre d’affaires et de tourisme. « Pour réaliser sa vision 2030, il a besoin de l’argent du pétrole », ajoute-t-elle.

Pour les Saoudiens, « malgré le fait qu’ils vivent dans l’une des régions les plus chaudes de la planète, sauver le pétrole est plus important que sauver le climat », abonde Jim Krane.

Les Emirats, eux, malgré des investissements massifs prévus dans le secteur, sont « plus à l’aise avec l’abandon progressif des combustibles fossiles, car leurs économie est beaucoup plus diversifiée que celle de la plupart des membres de l’Opep », explique-t-il.

Pour lui, le petit pays du Golfe pense surtout « au prestige qui découle de l’accueil d’une COP réussie ».

Selon une source proche des négociations, ayant requis l’anonymat, Abou Dhabi est toutefois restée en retrait jusque-là dans les discussions au sein du bloc arabe, qui ont historiquement toujours été dominées par l’Arabie saoudite.

Des militants écologistes affichent des pancartes lors d’une manifestation sur le site du sommet climatique des Nations Unies COP28 à Dubaï, le 5 décembre 2023. (Crédit : Karim SAHIB / AFP)

Première économie arabe

Pour les pays arabes qui n’ont pas de pétrole, au Levant ou au Maghreb, l’alignement historique sur l’Arabie saoudite se heurte à leurs intérêts environnementaux, agricoles et sanitaires, relèvent les ONG.

La région est en effet l’une des plus affectées au monde par la hausse des températures.

« Nous avons recensé cette année les effets du changement climatique sur les oasis au Maroc, sur l’agriculture en Egypte, en Tunisie, en Algérie, ou encore sur les forêts de cèdres au Liban », souligne la directrice de Greenpeace pour le Moyen-Orient et l’Afrique du Nord (MENA), Ghiwa Nakat.

Même en Arabie saoudite, le pèlerinage annuel à la Mecque, que tout musulman est censé faire au moins une fois dans sa vie, « va devenir très difficile si les températures augmentent de 2 degrés ».

Mais le royaume est aussi la première économie du monde arabe et un important bailleur de fonds de pays non pétroliers, dont la Jordanie, l’Egypte et le Liban.

A la COP28, les délégations de ces pays, très tournés vers le tourisme, comprennent de fervents défenseurs du climat.

« Certains font entendre leurs voix, d’autres pas du tout en raison probablement de cette dépendance », souligne Mme Nakat, qui mise plutôt sur des pays comme le Maroc, classé récemment parmi les 10 pays les plus actifs au monde dans la lutte contre le réchauffement de la planète, selon l’indice de performance du changement climatique.

Alors que les négociations sont entrées dans leur sprint final, « nous n’avons pas vu le leadership que nous souhaitons et dont la région a besoin », déplore la militante.

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