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Les plages de Gaza plus sûres grâce à une ONG de protection de l’environnement

Le directeur israélien d’EcoPeace affirme que le travail de l’organisation israélo-palestino-jordanienne sur le dessalement a amélioré la qualité de l’eau

Des Palestiniens sur la plage de Rafah, dans le Sud de la bande de Gaza, le 3 juin 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)
Des Palestiniens sur la plage de Rafah, dans le Sud de la bande de Gaza, le 3 juin 2022. (Crédit : Abed Rahim Khatib/Flash90)

Selon une information partagée par Reuters, jeudi, les plages de la bande de Gaza sont sûres pour les baigneurs pour la première fois depuis des décennies, suite aux opérations de nettoyage de la mer Méditerranée financées par diverses organisations internationales et par un groupe écologiste israélo-palestino-jordanien.

EcoPeace, qui a des sièges à Tel Aviv, à Ramallah et à Amman, favorise la coopération environnementale en Israël, en Jordanie et au sein de l’Autorité palestinienne, en mettant l’accent sur les questions liées à l’eau et à l’action climatique. Le groupe gère également de nombreux programmes éducatifs en direction des jeunes.

L’un de ses derniers projets, baptisé le « Green Blue Deal », appelle à la construction d’usines de dessalement de l’eau à Gaza, dans le cadre d’un programme plus ambitieux visant à coordonner les ressources en eau et en énergie renouvelable. Selon une information publiée en décembre 2020, le groupe EcoPeace a, avec d’autres organismes, financé des recherches sur la faisabilité de l’ensemble du projet et plaidé pour sa mise en œuvre.

Gaza souffre d’une crise aiguë de l’eau, en l’absence de systèmes de filtration de l’eau suffisants pour approvisionner ses 2,3 millions d’habitants. Un rapport de la Banque mondiale a noté que plus de 95 % de l’eau à Gaza n’était pas potable, et que les sources d’eau souterraine existantes étaient non durables et contaminées. Plus de 97 % des habitants de Gaza se procureraient leur eau à partir de sources non réglementées, précise le rapport.

EcoPeace travaille au dessalement de l’eau à Gaza depuis 2016, a déclaré le cofondateur de l’organisation et directeur pour Israël, Gidon Bromberg, à la Douzième chaîne. C’est à ce moment précis que la Banque mondiale, qui travaillait sur le projet depuis plus d’une décennie, avait demandé l’aide d’EcoPeace.

Le projet de la Banque mondiale était bloqué par les autorités israéliennes pour des raisons de sécurité. Le ciment et les autres matériaux de construction nécessaires aux usines de dessalement sont en effet considérés comme des matériaux « à double usage », susceptibles d’être utilisés à des fins civiles ou militaires. Les autorités israéliennes réglementent fortement l’importation de ces marchandises à Gaza, sous l’autorité du groupe terroriste du Hamas.

« Les autorités israéliennes ont affirmé que le Hamas volait du ciment. Sans ciment, il est impossible de construire des installations de purification », explique Bromberg.

Illustration : un Palestinien travaille dans une station privée de dessalement de l’eau de mer, dans le centre de la bande de Gaza, le 22 mars 2010. (Crédit : Wissam Nassar/Flash90)

EcoPeace, cependant, a continué à plaider en faveur du projet, soulignant l’impact global que le manque d’usines de dessalement à Gaza avait sur la région, y compris sur la population israélienne. Les eaux usées non traitées de Gaza se déversaient en effet directement dans la mer Méditerranée à raison de plus de 108 millions de litres chaque jour, en 2017.

Parce que l’eau de mer, sur la côte israélienne, coule du sud au nord pendant la majeure partie de l’année, de grandes quantités d’eau contaminée parviennent sur les plages israéliennes.

La propagation des eaux usées a amené l’usine de dessalement d’Ashkelon à fermer à plusieurs reprises, par le passé, sans compter la fermeture de plages israéliennes.

Archive : Vue d’une usine de dessalement israélienne à Ashkelon, non loin de la frontière nord de la bande de Gaza. (Crédit : Edi Israel /Flash90)

Les responsables de la sécurité israélienne ont fini par autoriser le programme, financé conjointement par les États arabes du Golfe, la Commission européenne et d’autres bailleurs.

Selon Bromberg, il y aurait maintenant trois installations qui, ensemble, traitent environ 60 % des eaux usées de Gaza, améliorant ainsi la qualité de l’eau dans la bande ainsi que sur les plages israéliennes voisines.

Des responsables de l’Autorité chargée de la qualité de l’environnement et de l’eau à Gaza, placée sous la tutelle du Hamas, ont déclaré que 65 % de l’eau des plages était désormais maintenant propre à la baignade.

« Nos enfants rentraient chez eux avec des virus et des problèmes dermatologiques », a déclaré à Reuters Sahar Abu Bashir, une résidente de Gaza mère de quatre enfants, à propos de la qualité de l’eau sur les plages.

« Aujourd’hui, le coin est propre et la mer aussi. On avait l’impression de vivre dans un autre pays », a-t-elle ajouté.

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