Les premières oeuvres de la collection Gurlitt à Berne
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Les premières oeuvres de la collection Gurlitt à Berne

Une partie est soupçonnée d'être des pièces volées par les nazis durant la Seconde Guerre mondiale à leurs propriétaires juifs

Des photos diffusées par le parquet d'Augsburg, en Allemagne, le 12 novembre 2013, montrant cinq des 1 400 tableaux volés par les nazis et saisis au domicile de Cornelius Gurlitt à Munich. (Crédit : Lostart.de/parquet d'Augsburg/AFP/File)
Des photos diffusées par le parquet d'Augsburg, en Allemagne, le 12 novembre 2013, montrant cinq des 1 400 tableaux volés par les nazis et saisis au domicile de Cornelius Gurlitt à Munich. (Crédit : Lostart.de/parquet d'Augsburg/AFP/File)

Le Musée des Beaux-Arts de Berne a présenté vendredi les premières oeuvres de la collection qu’il a héritée de Cornelius Gurlitt (1932-2014), fils de Hildebrand Gurlitt, un célèbre marchant d’art sous le IIIème Reich.

Parmi la sélection des oeuvres présentées vendredi à Berne figurent des pièces d' »art dégénéré » des artistes Otto Dix, Ernst Ludwig Kirchner, Franz Marc, August Macke et Otto Mueller, selon l’agence suisse ATS.

Environ 200 oeuvres de l’héritage du marchand d’art Cornelius Gurlitt seront montrées au public dès le 2 novembre prochain dans la capitale suisse, sous l’angle de « l’art dégénéré ».

Parallèlement et en même temps que cette exposition à Berne, un musée allemand, la Bundesskunsthalle de Bonn présentera une partie de cette collection, mais sous des angles différents, celui des oeuvres spoliées dans le cadre des persécutions nazies, et un autre angle concernant les tableaux dont la provenance n’a pas encore pu être éclaircie.

Enfin, l’exposition de Bonn traitera des vols d’objets d’art sans précédent commis par les Nazis dans les régions occupées par le régime hitlérien.

A la surprise générale, selon le testament de Cornelius Gurlitt, décédé en 2014 et sans héritier direct, le musée suisse s’est révélé être l’héritier de sa collection composée de 1.500 oeuvres, dont une partie est soupçonnée d’être des pièces volées par les nazis durant la 2ème guerre mondiale à leurs propriétaires juifs.

Après l’annonce de ce legs, une longue bataille juridique avait commencé avec les héritiers lointains de Gurlitt, bataille qui s’est soldée en faveur du musée en décembre 2016.

Le musée suisse, dès l’annonce du legs, a lancé une recherche sur l’origine des oeuvres, ce qui a conduit à des restitutions de toiles spoliées à leurs propriétaires d’origine ou à leurs descendants.

Selon un accord conclu avec l’Allemagne, seuls les tableaux à l’origine irréprochable et incontestable, devraient être transférés à Berne.

Le trésor de Cornelius Gurlitt avait été découvert en 2012, deux ans avant sa mort, stocké dans de mauvaises conditions, lors d’une descente de la douane dans son appartement de Munich (sud de l’Allemagne) puis dans un autre logement, à Salzbourg en Autriche.

Selon les conclusions de la commission d’experts formée fin 2013 pour enquêter sur le trésor de Gurlitt, de nombreux soupçons ont pesé sur l’origine de quelque 150 oeuvres, tandis que celle d’environ 350 pièces reste encore à déterminer.

La commission a ensuite indiqué avoir identifié avec certitude que cinq pièces (sur les 1.500) avaient été volées par les nazis.

Parmi les pièces maîtresses figurent un tableau de grand format de Paul Cézanne, daté de 1847 et représentant la montagne Saint-Victoire.

La collection comprend également un tableau de Claude Monet de 1893, le « pont de Waterloo sous le brouillard », une « marine » de Manet, une œuvre « très significative » de Paul Signac, et plusieurs tableaux de Gustave Courbet, dont un autoportrait connu sous le nom de « L’apôtre ».

La famille du marchand d’art juif français Paul Rosenberg (1881 – 1959), grand-père de la journaliste Anne Sinclair, a récupéré pour sa part en mai 2015 une oeuvre de Matisse, « Femme assise », volée par les nazis et faisant partie de la collection Gurlitt.

Le tableau est estimé à quelque 20 millions de dollars.

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