‘Les raids aériens de la Russie en Syrie entraîneront une escalade du conflit’
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‘Les raids aériens de la Russie en Syrie entraîneront une escalade du conflit’

Les membres de la coalition internationale exhortent Moscou à arrêter immédiatement de viser les forces de l'opposition

Bashar el-Assad (Crédit : capture d'écran Youtube/CNN)
Bashar el-Assad (Crédit : capture d'écran Youtube/CNN)

Les frappes aériennes de la Russie en Syrie vont entraîner une escalade du conflit, ont déclaré vendredi des membres de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis contre le groupe Etat islamique (EI), exhortant Moscou à arrêter immédiatement de viser les forces de l’opposition.

« Ces opérations militaires constituent une nouvelle escalade et ne feront que nourrir l’extrémisme et la radicalisation », ont ajouté sept pays de la coalition, dont la Turquie, l’Arabie saoudite et les Etats-Unis, dans un communiqué publié sur le site internet du ministère turc des Affaires étrangères.

« Ces opérations militaires constituent une nouvelle escalade et ne feront qu’attiser l’extrémisme et la radicalisation », ajoute le texte publié sur le site internet des ministères des affaires étrangères de plusieurs pays signataires, dont la Turquie.

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a affirmé jeudi que les frappes russes en Syrie visaient le groupe « Etat islamique, (le Front) al-Nosra et d’autres groupes terroristes », tout comme celles de la coalition antijihadistes conduite par les Etats-Unis.

Mais selon les Américains, les Européens et des rebelles syriens, l’action russe s’est concentrée mercredi et jeudi sur des groupes d’opposants armés menaçant le régime de Damas, et pas exclusivement sur l’EI (Daech, selon son acronyme arabe).

Les membres de la coalition expriment également leur « vive inquiétude devant le renforcement de l’engagement militaire russe en Syrie et, en particulier les frappes de l’armée de l’air russe sur Hama et Homs hier (jeudi) qui ont tué des civils et ne visaient pas Daech ».

Selon l’Observatoire syrien des droits de l’homme, au moins sept civils, dont deux enfants, ont péri dans des frappes russes qui ont visé jeudi la province d’Idleb dans le nord-ouest de la Syrie.

Jeudi soir, l’aviation russe a pour la première fois visé la province de Raqa, principal fief de l’EI, tuant au moins 12 combattants de l’organisation extrémiste, selon une ONG vendredi.

UE : Les frappes aériennes doivent cibler uniquement l’Etat islamique

Les frappes aériennes en Syrie doivent viser les jihadistes du groupe Etat islamique (EI) et être coordonnées pour éviter de faire des victimes parmi les civils, a insisté vendredi l’Union européenne.

« Nous sommes très préoccupés par des informations concernant des frappes aériennes qui ont touché des civils à Homs, nous appelons la Russie à frapper avec précision », a affirmé Catherine Ray, une porte-parole des services diplomatiques de l’UE.

« Nous disons qu’aucune frappe ne doit toucher les civils au sol et doit viser Daech », a-t-elle affirmé, utilisant l’acronyme arabe de l’organisation extrémiste.

Le Premier ministre truc Ahmet Davutoglu a accusé la Russie vendredi de frapper les positions de l’opposition syrienne modérée, l’Armée syrienne libre (ASL), afin d’aider le régime de Bachar al-Assad à se maintenir au pouvoir.

S’adressant aux journalistes turcs qui l’accompagnaient dans l’avion de retour de l’Assemblée générale des Nations unies à New York, M. Davutoglu a rejeté les déclarations de Moscou qui affirme que ses frappes aériennes, lancées cette semaine, visaient les djihadistes de l’Etat islamique (EI).

M. Davutoglu, cité par plusieurs quotidiens turcs dont Hurriyet et Milliyet, a fait état de sa vive préoccupation à ce propos.

« L’opération a été montée entièrement contre les positions de l’Armée syrienne libre », a affirmé Ahmet Davutoglu, faisant allusion au principal groupe armé modéré qui lutte contre la président syrien et soutenu par la Turquie.

« Il s’agit clairement d’un soutien au régime syrien qui est sur le point de tomber », a-t-il assuré.

La Russie et la Turquie s’opposent sur la Syrie depuis le début du conflit en 2011, Ankara demandant le départ de Bachar al-Assad qui bénéficie du soutien indéfectible de Moscou.

La Turquie tout d’abord méfiante à l’égard d’une action contre les jihadistes de l’EI, qui occupent aujourd’hui une grande partie du territoire syrien, est maintenant considérée comme un membre à part entière de la coalition conduite par les Etats-Unis contre les jihadistes et a mené ses propres frappes contre les positions de l’EI en Syrie.

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