Rechercher

Les recherches du terroriste qui a tué une soldate à un checkpoint se poursuivent

Le tireur présumé, qui se nommerait Udai Tamimi et qui vivrait au camp de réfugiés de Shuafat, est toujours en fuite après l'attaque mortelle qui a eu lieu samedi à Jérusalem-Est

Alors que l'armée mène une chasse à l'homme pour retrouver le tireur présumé de l'attaque meurtrière du 8 octobre 2022, au cours de laquelle une soldate a été tuée, des officiers s’entretiennent avec des passagers dans la circulation, après avoir fermé une entrée de la ville palestinienne d'Anata en Cisjordanie, le 9 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)
Alors que l'armée mène une chasse à l'homme pour retrouver le tireur présumé de l'attaque meurtrière du 8 octobre 2022, au cours de laquelle une soldate a été tuée, des officiers s’entretiennent avec des passagers dans la circulation, après avoir fermé une entrée de la ville palestinienne d'Anata en Cisjordanie, le 9 octobre 2022. (Crédit : Ahmad Gharabli/AFP)

Lundi matin, la chasse à l’homme visant à retrouver le tireur présumé qui a ouvert le feu sur une soldate à un checkpoint de Jérusalem-Est était toujours en cours. L’homme armé a pris la fuite après son attaque et l’armée israélienne poursuit ses recherches dans le camp de réfugiés de Shuafat et dans ses environs.

La caporale Noa Lazar, âgée de 18 ans, membre du bataillon Erez de la police militaire, et un garde civil ont été blessés, samedi en fin de journée, par un homme armé qui a ouvert le feu à un point de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est. Les deux victimes ont été évacuées vers un hôpital de Jérusalem après l’attentat, a indiqué la police et les secouristes. Le garde a été hospitalisé dans un état grave. La mort de Lazar a été prononcée à l’hôpital, a noté l’armée qui a depuis annoncé qu’elle avait succombé à ses blessures quelques heures après l’attentat.

Le tireur présumé a été identifié par les médias israéliens. Il se nommerait Udai Tamimi et serait un résident âgé de 22 ans du camp de réfugiés de Shuafat, à Jérusalem-Est.

L’armée est à la recherche de Tamimi depuis samedi soir, après la fusillade mortelle. Des images tournées par les caméras de surveillance montrent le tireur sortir du côté passager d’un véhicule blanc arrêté au checkpoint près de Shuafat, s’approcher d’un groupe de soldats et ouvrir le feu à bout portant.

Sur cette vidéo de l’attaque qui a été diffusée dimanche, deux soldats tombent au sol tandis que les autres s’abritent à la hâte pour échapper au tireur.

Ce dernier continue de tirer sur une victime allongée au sol avant de s’enfuir, son arme paraissant s’être enrayée.

La caporale Noa Lazar, 18 ans, tuée dans une fusillade à Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Selon le site d’information Ynet, une enquête initiale sur l’attaque a établi que le tireur avait tiré huit balles à bout portant en direction du groupe de soldats qui se tenait au poste de contrôle, sans qu’aucun des membres du personnel sur place ne parvienne à riposter ou à le toucher.

Selon ces investigations initiales, la fusillade a eu lieu au moment de la relève des soldats qui allaient laisser la place à une autre équipe – un moment de vulnérabilité tactique dans les checkpoints qui nécessite une sécurité accrue.

L’incident devrait entraîner le renvoi de certains des gradés présents sur les lieux, a rapporté Ynet.

Un grand nombre de policiers, de soldats et d’agents du service de sécurité intérieur du Shin Bet sont à la recherche de Tamimi, qui a semblé s’échapper en direction du camp de réfugiés de Shuafat après le meurtre, selon la police.

Quatre personnes soupçonnées de complicité ont été arrêtées dans la nuit de samedi à dimanche, et elles resteront en détention au moins jusqu’au 16 octobre, selon un communiqué de la police publié dimanche.

Selon les médias israéliens, la mère, le père et le frère du suspect ont également été arrêtés. Le frère s’est rendu à la police pour être interrogé, tout comme le conducteur du véhicule dans lequel se trouvait Tamimi, a rapporté Ynet.

Udai Tamimi, 22 ans, du camp de réfugiés de Shuafat, serait le tireur présumé de l’attaque meurtrière du samedi 8 octobre 2022, au cours de laquelle une soldate a été tuée à bout portant à un poste de contrôle situé près du camp de Shuafat, à Jérusalem-Est. (Autorisation)

Le conducteur et les trois autres passagers du véhicule ont nié avoir eu connaissance des intentions de Tamimi, a fait savoir Haaretz.

L’accès au camp de réfugiés de Shuafat et à d’autres zones de Jérusalem-Est a été fortement restreint dans le cadre de cette chasse à l’homme et les soldats qui sont entrés dans le camp de Shuafat, dimanche, ont dû faire face à des dizaines de Palestiniens qui ont jeté des pierres et des engins explosifs dans leur direction, selon la police et des vidéos de la scène.

Un hélicoptère a été utilisé pour balayer cette zone très fréquentée de Jérusalem-Est, et des forces spéciales ont également été déployées pour renforcer les recherches, a indiqué la police.

La police a déclaré que des outils de dispersion de foule avaient été utilisés pour évacuer les émeutiers masqués.

« Le camp de réfugiés est complètement encerclé… Cela pourra prendre plusieurs heures, plusieurs jours, mais nous l’attraperons », a déclaré dimanche le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, à la chaîne publique israélienne Kan. « Ce n’est pas la première fois que nous voyons des terroristes venir de Jérusalem-Est. C’est une situation très difficile. »

Dimanche, le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, s’est rendu sur les lieux de l’attaque, au checkpoint situé à l’entrée de Shuafat, remerciant les gardes qui tenaient le poste, mais laissant entendre qu’il y avait pu y avoir des défaillances en matière de sécurité qui avaient conduit au drame.

« Nous devrons étudier l’attaque et en tirer des leçons afin d’empêcher que cela se reproduise à l’avenir ; il en va de notre responsabilité et nous le ferons de manière appropriée », a-t-il déclaré aux troupes lors de sa visite, dimanche après-midi.

Le tireur palestinien, cerclé de rouge, s’approchant d’un groupe de soldats et de gardes civils de Tsahal, manifestement sans éveiller de soupçons, à un poste de contrôle de Jérusalem-Est, le 8 octobre 2022. (Crédit : Kan)

Selon la police, le tireur a été accompagné au poste de contrôle par un complice qui est également toujours en fuite.

Le Premier ministre israélien Yair Lapid a présenté ses condoléances à la famille de Lazar. « Nous ne prendrons pas de repos tant que nous n’aurons pas traduit ces abominables tueurs en justice », a-t-il déclaré.

L’attaque survient alors que l’armée et la police sont en état d’alerte élevée à Jérusalem et en Cisjordanie en pleine période des fêtes juives. Le bureau du Premier ministre a déclaré que Lapid avait procédé à une évaluation sécuritaire avant le début de la fête de Souccot qui a commencé dimanche soir « en mettant l’accent sur le déploiement des forces à Jérusalem et sur le mont du Temple, ainsi qu’ailleurs dans le pays ».

Le chef d’état-major de Tsahal, Aviv Kohavi, rencontrant des commandants et des soldats positionnés à un poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, où une soldate a été prise pour cible par un assaillant palestinien, le 9 octobre 2022. (Crédit : Armée israélienne)

Quelques heures plus tôt, samedi, deux adolescents palestiniens avaient été tués lors d’un raid israélien en Cisjordanie, alors que les Nations unies ont averti que la « montée de la violence » sur ce territoire « alimente un climat de peur, de haine et de colère ».

L’attaque a eu lieu la veille du début de la fête de Souccot. Israël avait prévu de limiter la fermeture de la Cisjordanie, une fermeture qui entrave les déplacements des Palestiniens et qui est habituellement imposée pendant les fêtes – entre le premier et le dernier jour de Souccot – mais Barlev a déclaré à la Radio militaire que les responsables de la sécurité se réuniront sans doute lundi soir pour discuter de l’extension des limitations.

Le ministre de la Sécurité intérieure, Omer Barlev, au centre, et le commandant de la police du district de Jérusalem, Doron Turgeman, à gauche, visitant le lieu de l’attaque au poste de contrôle près du camp de réfugiés de Shuafat à Jérusalem-Est, le 9 octobre 2022. (Crédit : Police israélienne)

Il a déclaré à Kan qu’Israël « faisait le maximum pour éviter une opération militaire en Cisjordanie », mais il a noté que la récente flambée de violences pourrait obliger Israël à prendre une mesure plus décisive.

« Même si nous sommes proches d’une opération militaire, nous n’en sommes pas encore là. Nous devons continuer à examiner la situation et prendre des décisions en conséquence », a déclaré Barlev.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...