Les règles contre le virus ignorées lors de funérailles et d’une circoncision
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Les règles contre le virus ignorées lors de funérailles et d’une circoncision

Des dizaines de personnes ont participé à un enterrement dans la ville israélienne druze d'Isfiya, et 200 ultra-orthodoxes étaient présents à une Brit Mila à Jérusalem

Capture d'écran d'une vidéo d'un enterrement dans la ville arabe israélienne d'Isfiya, le 15 avril 2020. (Douzième chaine)
Capture d'écran d'une vidéo d'un enterrement dans la ville arabe israélienne d'Isfiya, le 15 avril 2020. (Douzième chaine)

Mercredi, des dizaines de personnes ont participé à un enterrement dans la ville israélienne druze d’Isfiya. Les participants à la cérémonie ont enfreint les réglementations du ministère visant à endiguer la propagation du COVID-19 dans le pays, selon la Douzième chaîne.

Et à Jérusalem, la police a indiqué qu’elle avait interrompu la cérémonie d’une circoncision dans un quartier ultra-orthodoxe auquel participaient 200 personnes. Plusieurs participants s’en sont pris aux forces de l’ordre et leur ont jeté des oeufs, selon la police. Une personne a été arrêtée pour avoir attaqué la police et quatre ont reçu des amendes pour avoir enfreint les règles du ministère de la Santé, a rapporté le quotidien Israel Hayom.

Selon les règles en vigueur contre les rassemblements publics, Israël autorise au maximum 20 personnes à participer à un enterrement, à condition qu’elles maintiennent une distance d’au moins deux mètres entre elles. Seules 10 personnes peuvent assister à une circoncision.

La majorité des Israéliens ultra-orthodoxes respectent maintenant les restrictions gouvernementales, qui interdisent les rassemblements publics et imposent la fermeture de nombreuses institutions publiques, dont les synagogues. Pourtant, beaucoup ont d’abord commencé par enfreindre ces nouvelles régulations, en organisant des mariages et des enterrements de masse, ignorant de fait les règles de distanciation sociale. Certains ont réagi avec violence aux efforts de la police pour faire appliquer la loi.

L’incident à Isfiya, une localité à majorité druze, est intervenu alors que les autorités redoutent que le virus ne se propage très fortement dans certaines communautés arabes israéliennes.

Dans une vidéo de l’événement, on peut voir des dizaines de personnes rejoindre la procession pour l’enterrement d’une femme originaire de la ville. Même si les participants portaient des masques, on ne les voit pas respecter les mesures de distanciation sociale.

La police n’était pas présente à l’enterrement et n’a pas tenté de faire appliquer les restrictions imposées contre le COVID-19, selon le reportage.

Une source présentée comme étant « au fait de la vie quotidienne des communautés arabes du nord » a déclaré à la chaîne que l’événement n’était qu’un « symptôme » du manque global d’application des règles par la police dans les communautés arabes.

Il y a également eu des plaintes concernant un accès insuffisant aux tests dans certaines zones à fortes populations arabes. Le ministère de la Santé a tenté de répondre à ce problème en ouvrant des lieux de test mobiles.

Un agent du service médical d’urgence Magen David Adom réalise un prélèvement dans le cadre d’un test de dépistage du coronavirus sur un site en drive-in à Tamra, dans le nord d’Israël, le 31 mars 2020. (Crédit : Ahmad GHARABLI / AFP)

Mercredi, le ministère de la Santé a prévenu qu’un foyer de coronavirus se développait dans la ville arabe du nord de Deir al-Asad, alors que son maire a dit que la localité pourrait être confinée. Le ministère a indiqué que le nombre d’infections dans la ville de plus de 12 000 habitants était « très élevé », bondissant de 5 à 23 cas en une journée. Au total, il y a eu 8 autres cas dans les localités voisines de Nahf, Bi’ina et Majd al-Krum.

En plus de 31 infections totales dans la zone, le ministère a averti que des centaines d’autres personnes avaient potentiellement été exposées au virus.

Mardi, les deux communautés arabes avec le taux le plus élevé d’infections étaient Jisr az-Zarqa et Daburiyya. La semaine dernière, elles ont fermé les routes les reliant aux communautés voisines afin d’empêcher la propagation du virus.

La police a été déployée pour faire appliquer les ordres de confinement dans de nombreuses autres zones du pays qui respectent maintenant ces règles dans l’ensemble. Le rabbin Eliyahu Bakshi-Doron, l’ancien Grand rabbin séfarade d’Israël qui est décédé plus tôt dans la semaine à cause de complications dues au COVID-19, a été enterré mardi. Seulement quelques personnes étaient présentes à son enterrement, alors qu’il y aurait eu normalement beaucoup de monde pour un rabbin de son rang.

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