Rechercher

Les responsables de la sécurité fustigent Netanyahu sur l’Autorité nationale de cyber-défense

Les chefs de la défense et du renseignement affirment que les pouvoirs de l’Autorité sont “trop larges” et peuvent nuire à la sécurité de l’Etat

Jacob Magid est le correspondant pour les questions liées aux implantations pour le Times of Israël

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence Cybertech de Tel Aviv, le 31 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)
Le Premier ministre Benjamin Netanyahu pendant la conférence Cybertech de Tel Aviv, le 31 janvier 2017. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

Les responsables de l’establishment sécuritaire d’Israël ont envoyé une lettre furieuse au Premier ministre Benjamin Netanyahu, mettant en garde contre la mise en place prévue d’une Autorité nationale de cyber-défense, selon un article publié lundi.

La lettre est signée par Yossi Cohen, le directeur du Mossad, Nadav Argaman, le directeur du Shin Bet, Yair Golan, vice-chef d’Etat-major de l’armée israélienne, et Udi Adam, le directeur général du ministère de la défense. Ils préviennent Netanyahu que, dans la forme qui est actuellement proposée, l’autorité pourrait « nuire gravement à la sécurité de l’Etat d’Israël ».

Les responsables ont indiqué que les pouvoirs de l’autorité étaient définis trop largement, lui donnant trop de puissance.

La lettre a été révélée par la Deuxième chaîne. Il n’y a eu aucune réponse à cette information, ni de confirmation.

Elèves officiers du cours de l'unité de cyber-défense de l'armée israélienne, le 10 juin 2013. Illustration. (Crédit : unité des portes-paroles de l'armée israélienne)
Elèves officiers du cours de l’unité de cyber-défense de l’armée israélienne, le 10 juin 2013. Illustration. (Crédit : unité des portes-paroles de l’armée israélienne)

En août 2016, la Knesset avait proposé de réformer l’Autorité nationale de cyber-défense, conçue pour rassembler les différentes institutions de cyber-défense du pays au sein d’une même organisation.

L’Autorité surveillerait, entre autres responsabilités, les cyber-défenses de l’armée israélienne et du Mossad, ainsi que de la Corporation électrique et de l’Autorité de l’eau.

L’institution a été créée en février 2015, mais la loi israélienne ne lui a accordé aucun pouvoir et aucune responsabilité. La réforme d’août 2016 visait à corriger cette question.

La législation amendait une loi précédente, qui autorisait officiellement le Premier ministre à nommer un directeur de l’Autorité nationale de cyber-défense qui serait « l’officier autorisé » pour les sujets concernant la cyber-défense nationale. Dans le cadre d’une ordonnance temporaire valable jusqu’en 2018, Baruch Carmeli a été nommé à la tête de l’Autorité nationale de cyber-défense.

Les dirigeants de la défense et du renseignement auraient obtenu la promesse que l’autorité soit mise en place avec leur coopération totale, mais ont réalisé que ce ne serait pas le cas quand le projet de loi a été rédigé l’été dernier. Ils ont détaillé leurs frustrations dans la lettre de la semaine dernière.

« Ce projet de loi cherche à accorder des pouvoirs étendus à l’Autorité de cyber-défense, dont l’objet n’est pas clairement défini », ont-ils écrit selon la copie de la lettre publiée par la chaîne.

Ils ont demandé l’interruption immédiate du processus législatif et la rédaction d’un nouveau projet de loi qui soit plus adapté aux besoins sécuritaires d’Israël.

Judah Ari Gross a contribué à cet article.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...