Les S-300 russes livrés à Damas dans les plus grands avions militaires du monde
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Les S-300 russes livrés à Damas dans les plus grands avions militaires du monde

Moscou a commencé à livrer le système avancé anti-aérien ce week-end malgré les multiples mises en garde d'Israël

Un avion An-124 100 photographié en mai 2010 lors d'une parade de la Journée de la victoire à Moscou (Crédit :  Wikimedia, Sergey Kustov, CC BY-SA 3.0)
Un avion An-124 100 photographié en mai 2010 lors d'une parade de la Journée de la victoire à Moscou (Crédit : Wikimedia, Sergey Kustov, CC BY-SA 3.0)

Moscou a commencé dans la semaine à livrer son système antiaérien avancé, le S-300, à la Syrie, utilisant pour cela l’avion Antonov An-124 Ruslan, de fabrication russe.

L’An-124 Ruslan, également connu sous le nom de Condor, est considéré comme le plus grand appareil de transport militaire au monde et il est le deuxième plus grand avion connu après l’An-225 Mriya.

Le Mriya est l’appareil le plus lourd jamais construit et il présente la plus grande envergure d’un avion en service, avec 88,4 mètres. D’un poids à vide de 314 tonnes, il n’existe qu’un seul exemplaire de ce modèle.

Le Ruslan pèse, à vide, 192 tonnes et présente une envergure de 73,3 mètres.

Les avions qui ont été utilisés par les forces aériennes russes, ainsi que par plusieurs transporteurs cargo, ont été remarqués par les passionnés qui traquent les mouvements des avions dans le ciel sur la ligne reliant la Russie et la Syrie au cours des derniers jours, selon le site d’information israélien Ynet.

La Russie a fait savoir qu’elle avait commencé à livrer le système de défense antiaérien S-300 à la Syrie vendredi, malgré les protestations des Israéliens. Le premier avion Ruslan a été remarqué alors qu’il arrivait à la base aérienne de Hmeimim, aux abords de Lattaquié, en Syrie, jeudi soir, selon l’article paru dans Ynet.

Un système de défense antiaérienne russe Antey 2500 ou S-300 VM est présenté à l’ouverture du spectacle aérien MAKS à Zhukovsky, aux abords de Moscou, en Russie, le 27 août 2013. (Crédit : AP Photo/Ivan Sekretarev/archives)

Le ministre russe des Affaires étrangères Sergei Lavrov a annoncé que les livraisons avaient commencé au cours d’une conférence de presse aux Nations unies. Il a expliqué que le système « se consacrera à garantir une sécurité et une sûreté à 100 % pour nos hommes en Syrie ».

La décision prise par Moscou de livrer ces systèmes en Syrie a entraîné une grave inquiétude à Jérusalem. Un haut-responsable israélien a indiqué samedi que la présence du système S-300 en Syrie représentait un sérieux défi pour l’Etat juif, ajoutant qu’Israël oeuvrait à trouver des moyens pour empêcher que cette présence ne devienne une menace majeure pour la sécurité du pays.

« Le S-300 est un défi complexe à relever pour l’Etat juif. Nous appréhendons cette décision de différentes manières et pas nécessairement en empêchant la livraison de ce système anti-aérien », a commenté le responsable.

Il a ajouté qu’il pensait que le président russe Vladimir Poutine comprenait que tandis que Moscou « a pris une initiative, le terrain de jeu reste très large », indiquant qu’Israël se réservait le droit de se protéger et que le pays jouissait pour cela du soutien des Etats-Unis.

Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a qualifié la démarche russe, vendredi, « d’irresponsable », tout en faisant remarquer qu’Israël s’engageait à la déconfliction continue avec Moscou dans ses opérations militaires entreprises dans la région.

S’exprimant devant les caméras de CNN à New York à l’issue de l’Assemblée générale des Nations unies, Netanyahu a fait savoir qu’il s’était entretenu avec Vladimir Poutine au début du mois après que les forces syriennes, qui ripostaient à une frappe aérienne israélienne, ont abattu par erreur un avion de reconnaissance militaire russe, tuant 15 personnes.

Netanyahu a expliqué qu’il avait dit à Poutine : « Continuons cette déconfliction. Mais en même temps, je lui ai dit avec beaucoup de respect et très clairement qu’Israël continuera à faire ce qu’il faut pour se défendre ».

Le président russe Vladimir Poutine (à droite) serre la main du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu lors de leur rencontre au Kremlin à Moscou le 11 juillet 2018. (AFP/Pool/Yuri Kadobnov)

Il a noté que les deux parties étaient désireuses d’éviter un affrontement en Syrie, précisant que les nombreux militaires et autres groupes qui opèrent dans la région la rendent « très peuplée là-bas, dans un espace finalement minuscule ».

« Malgré tout ce désordre, nous avons pourtant été capables d’éviter tout affrontement pendant trois ans entre… les forces israéliennes et russes », a-t-il ajouté. « Je pense qu’il y a un désir de notre part et du côté de la Russie… d’éviter une confrontation ».

Le ministère russe de la Défense a également annoncé la semaine dernière qu’il commencerait à brouiller les radars des avions militaires qui frappent la Syrie depuis le large des côtes de la mer Méditerranée.

Israël et les Etats-Unis ont tous deux protesté contre la décision de fournir le système S-300 à la Syrie, qui pourrait grandement compliquer les efforts israéliens en cours visant à empêcher l’Iran de consolider sa présence militaire sur le territoire et à déjouer le transfert d’armes au Hezbollah sur le territoire syrien.

Israël a promis de continuer ses opérations.

L’Etat juif a mené des centaines de frappes contre des cibles syriennes et iraniennes en Syrie au cours des dernières années, avec des avions-chasseurs qui n’ont rencontré presque aucune opposition de la part des défenses aériennes du pays – même si un F-16 a été abattu par un missile antiaérien syrien au mois de février dans ce que l’armée a estimé être une erreur professionnelle des pilotes.

Jérusalem a promis d’empêcher le groupe terroriste chiite libanais du Hezbollah, basé au Liban, ou les groupes mandataires iraniens d’obtenir des armes avancées qui pourraient menacer l’Etat juif et oeuvre pour empêcher l’Iran de s’implanter en Syrie, une présence qui pourrait être utilisée pour attaquer Israël.

La Russie, principal soutien du président syrien Bashar Assad, a maintenu une ligne directe de déconfliction avec Israël, permettant à l’Etat juif de mener des attaques tant qu’elle en serait tenue informée en temps nécessaire au préalable.

L’avenir de ce programme est incertain depuis l’incident du 17 septembre, survenu alors que quatre avions israéliens menaient une frappe aérienne sur un dépôt d’armes situé près de la ville côtière de Lattaquié qui, selon les militaires, devait approvisionner en armement le groupe terroriste du Hezbollah et autres mouvements mandataires de l’Iran.

La photo avant/après d’un dépôt d’armes qui a été détruit lors d’une frappe israélienne sur une base syrienne à Latakia, le 18 septembre 2018 (Crédit : ImageSat International (ISI/Ynet)

Moscou a accusé Israël d’avoir utilisé l’avion-espion IL-20 comme bouclier après l’attaque, rejetant les affirmations israéliennes selon lesquelles la responsabilité de la mort des 15 membres d’équipage russes était à attribuer aux opérateurs des défenses aériennes syriennes, médiocrement formés.

Israël a nié l’accusation, insistant sur le fait que l’Etat juif avait averti les Russes 12 minutes avant l’attaque – alors que Moscou affirme n’avoir eu l’information de la frappe qu’une minute avant.

Au début de l’année, le ministre de la Défense Avigdor Liberman avait minimisé les inquiétudes israéliennes sur le plan russe présumé consistant à installer le système en Syrie.

« Une chose doit être claire : Si quelqu’un tire sur nos avions, nous le détruirons. Et peu importe s’il s’agit d’un S-300 ou d’un S-700 », avait-il dit.

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