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Les Talibans approuvent les travaux de conservation d’une synagogue afghane

Même s’il ne reste plus un Juif dans la ville, la synagogue Yu Aw et le mikveh de Herat, autrefois foyer de dizaines de milliers de juifs, seront rénovés pour 500 000 de dollars

Un ouvrier afghan reconstruit une partie de la synagogue Yu Aw à Herat, en Afghanistan. (Crédit : AFP/Getty/JTA)
Un ouvrier afghan reconstruit une partie de la synagogue Yu Aw à Herat, en Afghanistan. (Crédit : AFP/Getty/JTA)

JTA – Bien que les Juifs aient quitté Herat, dans l’ouest de l’Afghanistan depuis des dizaines d’années, la synagogue historique de la ville, construite au début du XXe siècle, va faire l’objet d’un projet de conservation avec le soutien du gouvernement taliban, selon le journal Art Newspaper.

Le projet de 16 mois, qui devrait débuter en novembre, a pour but de prévenir l’effondrement de la structure de la synagogue Yu Aw. Il a été planifié par la municipalité d’Herat et d’autres organisations locales, et est financé à hauteur de près de 500 000 dollars par la Fondation Aliph, un groupe suisse dédié à la protection du patrimoine culturel dans les zones de conflit. Le mikveh communautaire, connu sous le nom de Hammam-e Mosaie, sera également réparé dans le cadre du projet.

La synagogue avait déjà fait l’objet d’un projet de restauration de deux ans, achevé en 2009, grâce au financement d’une autre organisation suisse.

La synagogue a servi pendant quelques années de centre éducatif pour les femmes et les enfants, mais elle a été refermée en 2014 en raison d’infiltrations provenant d’un « conduit d’égout municipal mal construit et financé par l’ONU sur la route adjacente « , selon le journal Art Newspaper.

Le site n’est pas explicitement un projet de patrimoine juif.

« C’est un site culturel et historique, qui n’est pas utilisé comme lieu de culte, et le gouvernement local entend le préserver », a déclaré Zalmay Safa, le chef du département des monuments de Herat, au Art Newspaper. « Malgré le changement de gouvernement, nos sites historiques restent protégés et ils ne sont en aucun cas liés à des questions religieuses. »

En 1948, la population juive de Herat, qui comptait autrefois des dizaines de milliers de personnes, était tombée à environ 280 familles juives. Suite à la naissance de l’État d’Israël, nombre de ces familles ont émigré en Israël ou aux États-Unis, et la communauté juive locale a complètement disparu dans les années 1970.

Durant les dizaines d’années qui ont suivi, presque tous les Juifs d’Afghanistan ont quitté le pays, à une exception notable près : Zebulon Simantov. Né à Herat, il a refusé de quitter le pays malgré les nombreux risques pour sa sécurité, et ce jusqu’en septembre 2021, soit un mois après la reprise du pouvoir par les Talibans, un régime islamiste radical que les États-Unis considèrent comme un groupe terroriste.

Zebulon Simantov, dernier Juif d’Afghanistan, après sa fuite vers un pays voisin, à côté de l’un de ses sauveteurs, septembre 2021. (Capture d’écran : Kan)

Simantov est alors parti en Israël, où son ex-femme vivait déjà avec leurs deux filles, en attendant qu’il lui accorde un guet, un document de divorce religieux que celui-ci avait refusé.

« Il y a un grand intérêt pour la conservation et l’étude des sujets liés à la culture et à l’histoire », a déclaré Safa. « Nous souhaitons prouver que nous sommes tolérants et que nous nous acceptons les uns les autres, que nous recherchons la paix et que nous ne sommes pas des extrémistes. »

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