Pour les Turcs, Israël est la plus grande menace
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Pour les Turcs, Israël est la plus grande menace

Les personnes interrogées placent les États-Unis juste derrière Israël mais devant la Syrie

Stuart Winer est journaliste au Times of Israël

Une manifestation anti-Israélienne à Istanbul, en juillet 2014 (Capture d'écran: YouTube / PressTV News)
Une manifestation anti-Israélienne à Istanbul, en juillet 2014 (Capture d'écran: YouTube / PressTV News)

Un sondage récemment mené en Turquie a révélé que près de la moitié des citoyens de ce pays voient Israël comme la plus grande menace pour leur sécurité, suivi par les Etats-Unis, et ensuite seulement la Syrie.

Le quotidien Today’s Zaman a publié la semaine dernière les résultats du sondage, qui a été mené par l’université Kadir Has d’Istanbul auprès d’un échantillon de 1 000 personnes.

A la question : quel pays, selon vous, représente la plus grande menace pour la Turquie ? 42,6 % des personnes interrogées ont désigné Israël, et 35,5 % ont répondu les États-Unis.

Seuls 22,1 % des sondés ont mentionné la Syrie, qui partage une frontière avec la Turquie et est ravagée par une guerre civile de quatre ans, comme la plus grande menace pour leur pays.

La Turquie a naguère tiré sur les positions syriennes à travers la frontière, après que des obus perdus de la guerre civile ont atterri sur son territoire.

Un sondage similaire (en 2013) avait montré que 41 % des personnes interrogées voyaient les Etats-Unis comme la plus grande menace pour la Turquie, tandis que 37,1 % avaient nommé Israël.

Interrogé sur le groupe Etat islamique, qui a conquis de larges pans de l’Irak et de la Syrie pour son califat auto-proclamé, 85 % ont déclaré qu’ils considéraient l’organisation djihadiste comme un groupe terroriste et 65,4 % le voyaient comme une menace pour la Turquie.

24,1 % ont répondu que l’EI n’était pas une menace pour la Turquie et 10,1 % étaient indécis.

Israël et la Turquie sont désaccord concernant un incident survenu en 2010, au cours duquel le ferry turc Mavi Marmara avait été arraisonné par des commandos israéliens alors qu’il tentait de briser le blocus naval de la bande de Gaza.

Dans la mêlée qui a suivi, après que les soldats israéliens ont été attaqués avec des barres de fer et des battes en bois, les soldats ont ouvert le feu et neuf activistes turcs ont été tués ; 10 soldats israéliens ont été blessés.

L’incident a déclenché une crise dans les relations entre Israël et la Turquie, qui étaient déjà tendues depuis la campagne militaire israélienne à Gaza dans les années 2008-2009.

Israël a présenté des excuses officielles à la Turquie en mars 2013, mais des désaccords persistent sur l’exigence d’Ankara au sujet des dommages qu’Israël devrait payer aux familles des personnes tuées et aux blessés.

Les relations entre les deux pays sont encore difficiles, alors que les dirigeants turcs adressent souvent des reproches cinglants à Israël.

En janvier dernier, le Premier ministre turc, Ahmet Davutoglu, a accusé son homologue israélien, Benjamin Netanyahu, de tuer des enfants palestiniens et de radicaliser le monde musulman.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan est connu pour ses accès de colère contre l’Etat juif. Il a déclaré en juillet 2014 qu’Israël avait « dépassé Hitler dans la barbarie ».

La Turquie d’Erdogan a apporté un soutien constant au Hamas, l’organisation terroriste qui gouverne la bande de Gaza.

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