Les ultra-orthodoxes, moins bien intégrés dans la vie active israélienne ?
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Les ultra-orthodoxes, moins bien intégrés dans la vie active israélienne ?

Les études à plein temps en yeshiva sont en hausse, les taux d'emploi ont ralenti et l'enseignement supérieur laïque est en déclin, selon l'Institut israélien de la démocratie

Des Juifs ultra-orthodoxes manifestent devant le bureau d'incorporation de l'armée à Jérusalem le 13 décembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)
Des Juifs ultra-orthodoxes manifestent devant le bureau d'incorporation de l'armée à Jérusalem le 13 décembre 2018. (Yonatan Sindel/Flash90)

JTA – Le rythme de l’intégration des orthodoxes haredi dans le monde du travail et dans le monde universitaire s’est considérablement ralenti, indiquant une tendance « inquiétante » dans la société israélienne, a averti un groupe de réflexion de Jérusalem dans un nouveau rapport.

L’Institut israélien de la démocratie (IDI) a déclaré mercredi que le nombre des étudiants à plein temps inscrits en yeshiva a augmenté chez les haredim, que les taux d’emploi ont ralenti et que le nombre des membres de la communauté inscrits dans l’enseignement supérieur laïque est en baisse.

Selon l’IDI, l’an dernier, 114 000 hommes ultra-orthodoxe s’adonnaient à des études religieuses à plein temps, soit une augmentation de 21 % par rapport à il y a trois ans et un renversement de la tendance précédente, d’une participation accrue sur le marché du travail.

En revanche, entre 2013 et 2014, il y a eu une baisse de 16 % des inscriptions à la yeshiva. Au cours de la dernière décennie, au milieu des appels à la réforme, le nombre d’étudiants haredi a augmenté de 141 % et le nombre de haredim inscrits dans les programmes d’études supérieures laïques en 2017 était cinq fois supérieur à ce qu’il était en 2010.

« Le rapport de cette année révèle des tendances inquiétantes », ont déclaré les chercheurs de l’IDI Gilad Malach et Lee Cahaner. « Les résultats montrent que la tendance à la hausse du taux d’emploi et des études universitaires s’est arrêtée, après plusieurs années d’une augmentation constante dans les deux cas. Bien qu’il existe des données encourageantes concernant l’augmentation des revenus et la baisse des taux de pauvreté, cela semble être le fruit des politiques gouvernementales passées qui ont encouragé l’enseignement supérieur, le service militaire et l’emploi ».

La population haredi croissante d’Israël compte actuellement plus d’un million de personnes. Caractérisées par une stricte observance religieuse, les communautés affichent également des taux d’emploi et d’enrôlement militaire plus faibles. Les responsables politiques israéliens qui ne sont pas des haredi, et même certains membres de la communauté haredi, affirment que ce mode de vie n’est pas durable sur le plan économique et constitue une menace pour le tissu démocratique et civique d’Israël.

Les efforts d’intégration des Juifs haredi se sont multipliés ces dernières années. Bien que 45 % vivent sous le seuil de pauvreté, le revenu mensuel moyen des haredi a augmenté de 8 % entre 2015 et 2015-2016, « reflétant une augmentation des salaires ultra-orthodoxes parmi les personnes employées », a déclaré l’IDI. Bien que le taux de pauvreté parmi les haredim soit élevé par rapport au taux de 11 % des autres Israéliens, c’est en fait une amélioration significative par rapport au taux de pauvreté de 58 % des haredim en 2005.

Alors qu’un peu moins de la moitié des hommes haredi sont au chômage (et que 73 % des femmes haredi travaillent), cela représente une augmentation significative par rapport à 2003 où seulement 36 % des hommes haredi et 51 % des femmes haredi avaient un emploi.

Les progrès récents peuvent être attribués à « l’augmentation du nombre de membres instruits de la communauté ultra-orthodoxe et à l’avancement des travailleurs ultra-orthodoxes sur le marché du travail (grâce à une combinaison de compétences et d’éducation appropriées, et de programmes gouvernementaux) », ont déclaré Malach et Cahaner.

« Néanmoins, les dépenses des ultra-orthodoxes restent supérieures à leurs revenus, ce qui peut indiquer le transfert de fonds illégaux et la réception de dons non déclarés de l’étranger ».

Par ailleurs, malgré l’opposition de nombreux rabbins aux appareils connectés à Internet, 54 % des haredim en 2017 ont déclaré utiliser un ordinateur, soit 10 % de plus qu’en 2007. Le taux d’enrôlement dans l’armée a également sensiblement augmenté, 3 700 haredim s’étant enrôlés dans l’armée israélienne ou dans un programme de service national civil l’année dernière, soit une légère augmentation.

Selon un rapport gouvernemental publié l’année dernière, la population d’Israël doublera d’ici 40 ans environ. Quelque 29 % – soit 5,25 millions de ses 18 millions d’habitants prévus – seront des juifs orthodoxes haredi.

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