Les universités s’opposent à un projet de loi concernant les étudiants-réservistes
Des doyens ont envoyé une lettre à la commission de l'Éducation de la Knesset, exhortant à modifier la formulation d'un texte destiné à aider les réservistes à reprendre leurs études

Les directeurs des principales universités israéliennes ont envoyé dimanche une lettre à la commission de l’Éducation de la Knesset, les exhortant à modifier la formulation d’une proposition de loi destinée à aider les réservistes à reprendre leurs études, car, selon eux, elle viole l’indépendance académique des universités.
Selon la proposition de loi, les universités seraient obligées d’accorder un certain nombre de notes de passage aux examens et aux cours, ainsi qu’un nombre stipulé de crédits académiques automatiques, aux réservistes qui reprennent leurs études. Les avantages particuliers, qui comprennent également des bourses financières, dépendent de la durée et du type de service de réserve, les avantages les plus importants étant accordés à ceux qui ont servi le plus longtemps dans des unités de combat.
La loi, qui a été adoptée en première lecture par la commission de l’Éducation, devrait faire l’objet d’un nouveau débat mardi.
Si elle est adoptée telle quelle, la loi « bafouerait l’autorité des établissements d’enseignement supérieur […] Son adoption signifierait que la Knesset, et non les universités, déterminerait ce qu’un étudiant doit étudier pour obtenir un diplôme académique », affirme l’Association des directeurs d’université dans sa lettre.
« Même si de nombreuses organisations et membres de la Knesset qui soutiennent la promulgation de la loi sont motivés par un souci sincère de l’avenir des réservistes, la législation aboutira à l’inverse. Si la loi est adoptée, tout étudiant qui recevra un diplôme universitaire accordé avec la bénédiction de la Knesset, sans satisfaire aux normes académiques déterminées par les universités, se trouvera désavantagé », souligne la lettre.
La proposition constitue « une violation de l’autonomie » des universités israéliennes qui pourrait causer « des dommages fatals à la qualité du système […] Par conséquent, nous déclarons que les universités de recherche continueront à fonctionner de manière indépendante et responsable », ont écrit les chefs d’université, indiquant que même si une telle loi était adoptée, ils ne s’y conformeraient pas.
Comme le soulignent les chefs d’université dans leur lettre, les établissements ont tous mis en place diverses initiatives destinées à aider les étudiants-soldats de retour au pays, notamment des bourses, des cours particuliers, un soutien en matière de santé psychique, des aménagements du calendrier des examens et bien d’autres choses encore. Ces mesures ont été mises en œuvre de manière indépendante, souvent en s’appuyant sur les réseaux d’anciens étudiants pour la collecte de fonds.







