Les USA annoncent l’envoi de soldats d’élite en Syrie
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Les USA annoncent l’envoi de soldats d’élite en Syrie

Washington a invité l'Iran à participer aux pourparlers concernant l'avenir du pays en ruines

Capture d'écran d'une frappe attribuée aux Russes en Syrie (Crédit : Capture d'écran YouTube)
Capture d'écran d'une frappe attribuée aux Russes en Syrie (Crédit : Capture d'écran YouTube)

Les Etats-Unis vont déployer sur le terrain en Syrie une cinquantaine de forces spéciales, une décision sans précédent et un revirement du président Barack Obama dans le cadre de l’effort de guerre international contre le groupe Etat islamique dans ce pays.

« Le président (Barack Obama) a autorisé le déploiement d’un petit effectif — moins de 50 — de forces d’opérations spéciales américaines dans le nord de la Syrie », a indiqué à Washington un responsable américain, afin « d’aider à coordonner les troupes locales sur le terrain et les efforts de la coalition pour contrecarrer l’EI ».

Le dispositif américain va également être renforcé par l’envoi d’avions d’attaque au sol A-10 et de chasseurs F-15 sur une base aérienne turque.

Cette annonce est intervenue alors que, dans un palace de la capitale autrichienne, les principaux acteurs diplomatiques du dossier syrien, dont les USA, la Russie –qui mène depuis un mois des frappes aériennes pour soutenir le régime syrien– et les deux rivaux iraniens et saoudiens tenaient une réunion cruciale.

Alors que l’on s’attendait à une rencontre formelle, devant se terminer à la mi-journée, les travaux se poursuivaient en milieu d’après-midi, ce qui était considéré dans certaines délégations comme un bon signe.

Ces soldats d’élite déployés au sol en Syrie « aideront à coordonner les troupes locales sur le terrain et les efforts de la coalition pour contrecarrer l’EI », a expliqué ce responsable.

Environ 50 militaires des forces spéciales seront donc cantonnés officiellement à un rôle d’assistance et de conseil aux groupes armés rebelles syriens dits modérés, et ne seront pas directement impliqués dans des opérations de combat.

« Ces forces n’ont pas de mission de combat », a assuré le porte-parole de la Maison Blanche Josh Earnest, lors de son point de presse.

Pressé de questions sur une possible augmentation du nombre de soldats, le porte-parole n’a pas exclu une telle éventualité.

« Je ne veux pas prédire l’avenir », a-t-il déclaré.

‘La stratégie n’a pas changé’

Interrogé sur une éventuelle évolution de la politique du président Obama à l’égard du conflit syrien, M. Earnest a affirmé que « le fait est que notre stratégie en Syrie n’a pas changé ».

Lors d’une conférence de presse qui avait fait grand bruit en août 2014, M. Obama avait admis que les Etats-Unis « n’avaient pas de stratégie » en Syrie.

Symbolique, la décision militaire de vendredi — en plein processus diplomatique sur la Syrie à Vienne — n’en est pas moins significative et représente un net changement de pied d’un président américain considéré comme un grand sceptique de l’interventionnisme militaire et qui ne veut pas engager de nouveau activement son pays dans une guerre au Moyen-Orient, après le retrait d’Irak.

Depuis le déclenchement de la guerre civile syrienne en mars 2011, il a longtemps refusé s’impliquer militairement en Syrie, avant que Washington bâtisse à l’été 2014 une coalition de 65 pays qui bombarde les positions de l’EI et d’autres groupes djihadistes en Syrie et en Irak voisin.

Un an plus tôt, en septembre 2013, le président Obama avait marqué les esprits et provoqué la colère de ses alliés — la France et des puissances du Golfe notamment — en renonçant au dernier moment à frapper militairement le régime du président syrien Bachar al-Assad.

M. Obama répétait à l’époque comme un mantra qu’il « ne placerait pas de troupes américaines au sol en Syrie ».

Le revirement vendredi de l’administration démocrate a été critiqué par l’opposition républicaine qui contrôle le Congrès.

Le président de la commission des forces armées à la Chambre des représentants, Mac Thornberry, a fustigé une décision « qui risque d’être trop timide et trop tardive, en l’absence d’une stratégie cohérente plus large ».

Depuis plus d’un an cependant, la coalition bombarde quasiment quotidiennement des bastions du groupe ultra radical sunnite EI en Syrie et en Irak voisin.

La Russie, allié de la Syrie et qui critique les Etats-Unis pour le manque de « résultats tangibles » des frappes, mène depuis un mois des raids aériens en Syrie, officiellement pour lutter contre le « terrorisme ». Washington accuse en retour Moscou de ne pas cibler l’EI et de vouloir renforcer le régime de Damas qui se bat contre la rébellion modérée.

Parallèlement à leurs activités militaires, les diplomaties américaine et russe pilotent en cette fin de semaine à Vienne des réunions diplomatiques internationales pour tenter de trouver un règlement politique à la guerre qui a détruit la Syrie et déstabilisé la région.

Par ailleurs, dans le cadre de l’effort de guerre, un responsable à Washington a confirmé que l’armée américaine allait déployer des avions d’attaque au sol A-10 et des chasseurs F-15 sur une base aérienne de la Turquie, voisine de la Syrie et membre de la coalition.

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