Rechercher

Les violences conjugales en hausse de 3,6 % depuis le début de l’année

Les autorités ont fait part de 5 712 plaintes qui ont été déposées pour violences conjugales depuis janvier ; les inculpations pour meurtre restent rares dans la communauté arabe

Des manifestantes brandissent des pancartes avec des photos de femmes tuées, lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes et les féminicides, à Tel Aviv, le 25 juin 2022 (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)
Des manifestantes brandissent des pancartes avec des photos de femmes tuées, lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes et les féminicides, à Tel Aviv, le 25 juin 2022 (Crédit : Tomer Neuberg/FLASH90)

Les violences conjugales en Israël sont en augmentation, selon des données qui ont été diffusées lundi par le ministère des Affaires sociales.

Ce rapport, qui a été préparé en amont de la Journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes qui aura lieu vendredi, établit que le ministère a reçu 5 712 plaintes pour violences conjugales entre le mois de janvier et le mois d’octobre 2022 – une hausse de 3,6 % par rapport aux chiffres de l’année dernière.

Parmi ces plaintes, 3 432 portaient sur des violences faites aux femmes au sein du couple ; 184 concernaient des hommes souffrant de violences au sein de leur couple et 1 226 dénonçaient des violences faites aux enfants par un membre de la famille.

Les données ont aussi montré que davantage de victimes se tournaient vers des centres de soutien. Pendant toute l’année 2021, environ 21 491 ont cherché une aide contre 19 337 personnes en 2020 – une augmentation de 11,14 %.

Mais une partie de la population cherchant de l’aide a toutefois diminué depuis l’année dernière. Les données révèlent que, depuis le mois de janvier, environ 679 femmes victimes de violences conjugales se sont inscrites dans des refuges contre 738 l’année dernière – ce qui représente une baisse de 8 %. Le ministère des Affaires sociales a indiqué que cette baisse résultait probablement des quatorzaines imposées par le coronavirus, l’année dernière, qui avaient entraîné une recrudescence du nombre de femmes qui avaient cherché à entrer dans un refuge d’aide aux victimes de violences conjugales.

Des Israéliens allument des bougies pendant une veille pour les femmes victimes de violences à Tel Aviv, le 9 février 2021. (Crédit : Miriam Alster/Flash90)

« Les violences conjugales sont l’un des phénomènes sociaux les plus difficiles de notre époque mais elles sont évitables », a commenté Meir Cohen, le ministre des Affaires sociales.

« C’est de notre devoir, en tant que société, de nous opposer à ce phénomène avec tous les moyens qui sont mis à notre disposition. Le ministère des Affaires sociales considère la gestion et la prévention des violences comme une priorité absolue et en résultat, nous fournissons des outils pour venir en aide aux victimes de violences conjugales, pour qu’elles puissent y faire face de la meilleure manière possible », a-t-il ajouté.

Sigal Moran, directeur-général du ministère, a indiqué que le ministère développait « des services innovants pour les femmes et pour les familles qui subissent des violences », sans donner de détails.

Tandis que le gouvernement a augmenté constamment le budget alloué à la lutte contre les violences conjugales, les moyens ne sont pas encore suffisants pour atteindre les objectifs définis dans un plan interministériel qui avait été proposé en 2014 et qui avait été mis en œuvre en 2017.

Le budget est passé de 60 millions de shekels en 2020 à 105 millions de shekels en 2021, puis à 155 millions de shekels cette année – un chiffre encore loin des 250 millions de shekels nécessaire pour mettre le plan pleinement en vigueur.

Le ministre des Affaires sociales, Meir Cohen, dans les bureaux du ministère à Jérusalem, le 29 décembre 2021. (Crédit : Yonatan Sindel/Flash90)

Selon le site d’information Ynet, le budget qui devrait être approuvé pour le plan, l’année prochaine, devrait rester à 155 millions de shekels.

Les données qui ont été transmises par ailleurs la semaine dernière par le Centre d’information et de recherche de la Knesset ont montré que l’augmentation des violences conjugales ne se reflétait pas seulement dans la hausse du nombre de plaintes – mais dans la diminution du nombre des mises en examen. Ces données se sont basées sur les chiffres de la police.

Le rapport a souligné un écart dans le nombre des mises en examen et des condamnations dans les dossiers impliquant des femmes juives ou des femmes arabes.

Sur les 35 féminicides qui ont eu lieu dans la communauté arabe israélienne entre 2020 et 2022, il y a eu 16 mises en examen, contre 18 inculpations pour les 25 féminicides dont les victimes étaient Juives.

En savoir plus sur :
C’est vous qui le dites...