Les vols intérieurs vers Eilat, des « nids à bactéries » d’après des passagers
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Les vols intérieurs vers Eilat, des « nids à bactéries » d’après des passagers

Les passagers d'un vol décollant de l'aéroport Ben-Gurion ont rapporté que 64 personnes avaient embarqué dans un avion de 72 places et sans contrôle préalable des températures

Un avion Israir sur le tarmac de l'aéroport Ben Gurion. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un avion Israir sur le tarmac de l'aéroport Ben Gurion. Illustration. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Tandis que les règles de distanciation sociale sont toujours en vigueur pour empêcher les rassemblements dans les espaces publics et qu’il est strictement interdit, dans les bus, de s’asseoir directement à côté d’un autre passager, ces instructions ne semblent guère s’appliquer pour les vols intérieurs en Israël, a indiqué un reportage diffusé mardi.

Les avions assurant la liaison entre l’aéroport Ben-Gurion, près de Tel Aviv, et Eilat, dans le sud du pays, sont pratiquement pleins, a fait savoir la Douzième chaîne, citant l’exemple d’un vol Israir, mardi, qui a accueilli 64 passagers, pour un avion conçu pour en compter 72 au maximum.

Certains passagers appartenaient à des groupes présentant un risque élevé pour la Covid-19 et rentraient chez eux après être venus dans le centre du pays pour y bénéficier d’un traitement médical.

Des personnes, à bord, ont averti l’équipage de l’appareil qu’elles étaient assises trop près les unes des autres et ont demandé à être plus éloignées, selon le reportage.

Elles ont également indiqué qu’il n’y avait pas eu de climatisation pendant environ 15 minutes avant le décollage.

Un employé d’Israir désinfecte un avion à l’aéroport international Ben-Gurion près de Tel Aviv, le 5 mai 2020 (Crédit : Yossi Zeliger/Flash90)

Il n’y a eu aucun contrôle de température des passagers avant l’embarquement, et personne n’a été interrogé sur d’éventuels symptômes.

« Nous étions entassés les uns sur les autres, sans aucune distance entre nous, sans les deux mètres de séparation nécessaires », s’est exclamée une passagère qui n’a donné que son prénom, Maayan.

Elle a souligné que les deux fauteuils étaient tellement étroits qu’elle touchait la personne assise à ses côtés.

« C’était un nid à bactéries », a-t-elle ajouté. « Et tout ce qu’ils ont fait, c’est nous crier dessus en permanence pour qu’on mette un masque sans l’ôter un seul moment de notre nez et de notre bouche ».

Les masques apportent une certaine protection contre l’infection, mais ne permettent probablement pas de l’empêcher lorsque l’on est assis à côté d’un porteur de la maladie.

Israir, pour sa part, a affirmé n’avoir reçu aucune instruction de la part du ministère de la Santé sur une éventuelle restriction du nombre de passagers par vol.

Un responsable de la Santé a déclaré à la Douzième chaîne, sous couvert d’anonymat, que les directives actuelles prévoyaient que les compagnies aériennes pouvaient embarquer jusqu’à cent personnes dans un avion, sous réserve qu’il soit possible d’assurer une distance suffisante entre elles. Il a noté que l’intention était que deux passagers ne se trouvent pas assis côte à côte sur des sièges adjacents et que les règles seraient clarifiées si cela devait s’avérer nécessaire.

Des ratés similaires ont été observés, dimanche, dans les gares routières de tout le pays, avec de longues files d’attente et des bus pris d’assaut avec le retour des soldats sur leurs bases respectives après le week-end et qui ont emprunté les transports publics. Ces derniers circulent à capacité limitée en raison de la pandémie.

Les soldats israéliens et d’autres à la gare routière centrale de Jérusalem, le 10 mai 2020 (Crédit : Olivier Fitoussi/Flash90)

Selon les dispositions mises en place par le ministère de la Santé, seules 20 personnes sont autorisées à monter à bord d’un bus pour permettre le respect des directives de distanciation physique, ce qui entraîne de longues files d’attente dans les pôles de transport avec un regroupement important des passagers qui se trouvent alors dans l’incapacité de se tenir à distance les uns des autres.

Cette congestion a également été favorisée par la suspension du trafic ferroviaire et la non-circulation des bus le samedi soir, ce qui force les voyageurs à venir en grand nombre le dimanche matin.

Des images de ces gares routières et de ces arrêts de bus surpeuplés ont entraîné des critiques à l’égard du ministère des Transports, qui n’aurait pas su se préparer à un tel scénario.

Israël a rouvert des services et octroyé une plus grande liberté de déplacement aux citoyens alors que le nombre de cas de Covid-19 n’a cessé de chuter, même si les responsables mettent continuellement en garde contre une seconde vague épidémique possible.

Les autorités israéliennes prépareraient actuellement un plan pour la réouverture complète de l’aéroport Ben Gourion aux Israéliens le 1er juin, selon la Douzième chaîne. Selon le plan, une liste de « pays verts », qui connaissent actuellement de faibles taux de contaminations et ont des lois exigeant le port du masque, est en cours d’élaboration. Les Israéliens signaleront à l’avance leur intention de voyager et seront testés avant le vol, puis testés à nouveau à leur retour, toujours selon la Douzième chaîne. Il n’a pas encore été décidé si les tests en question seront les tests COVID-19 typiques ou bien les tests sérologiques.

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