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L’État efface la dette de Dead Sea Works, de peur de perdre contre Idan Ofer

Le ministère de la Justice aurait renoncé à demander à Dead Sea Works, firme contrôlée par le milliardaire, à payer pour l'eau salée pompée dans le lac déclinant

Un portrait de feu  Sammy Ofer avec son fils,  Idan Ofer. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)
Un portrait de feu Sammy Ofer avec son fils, Idan Ofer. (Crédit : Moshe Shai/Flash90)

Une dette de 65 millions de shekels due à l’État par le milliardaire Idan Ofer aurait été effacée par le ministère de la Justice, a fait savoir dimanche soir la Treizième chaîne.

Selon la chaîne, le ministère aurait décidé d’effacer la facture d’Ofer – dont la fortune s’élèverait à 6,5 milliards de dollars, selon les estimations – de crainte de perdre une bataille judiciaire contre l’homme d’affaires devant les tribunaux.

La somme due remonte à 2017, année où Israël avait adopté une loi obligeant les compagnies utilisant les eaux naturellement salées du pays à payer, selon la Treizième chaîne. Mais la firme Dead Sea Works, contrôlée par Ofer, aurait affirmé qu’elle n’était engagée à rien d’autre qu’aux termes précisés dans l’accord signé par Israel Chemicals (ICL), son entreprise parente, dans les années 1960.

Le ministère de la Justice a été convaincu de revenir sur ses demandes concernant le versement des 65 millions de shekels dans la mesure où il n’est pas certain qu’une revendication rétroactive soit acceptée par les juges, a noté la Treizième chaîne.

Selon le quotidien économique Calcalist, la dette totale due par Dead Sea Works à l’Autorité de l’eau s’élevait au début de l’année à 83 millions de dollars, mais la plus grande partie de cette somme sera effacée.

Au mois de juin, l’Autorité de l’eau avait émis un permis annuel à ICL autorisant l’usine de Dead Sea Works à extraire plus d’eau de la mer Morte que cela n’avait été le cas l’année dernière.

Une vue de Dead Sea Works Ltd.,
le 2 février 2018. (Crédit : Issac Harari/Flash90

L’Autorité permettra à Dead Sea Works de pomper 445,8 millions de mètres-cube pendant toute l’année 2021 contre 439 millions de mètres-cubes l’année dernière – première année durant laquelle le pompage avait été déterminé par une licence gouvernementale.

En réponse au reportage de la Treizième chaîne, l’Autorité de l’eau a déclaré à la chaîne que cela faisait longtemps qu’elle recommandait que Mekorot, la compagnie israélienne de l’eau, s’abstienne de collecter des frais en liaison avec les « zones de concession » inclues dans l’accord de longue date conclu avec ICL « dans la mesure où cette question est actuellement clarifiée par le ministère de la Justice ». L’Autorité de l’eau a ajouté que dans d’autres domaines, la Mekorot avait collecté « des dizaines de millions de shekels en totalité concernant des paiements » dus suite à l’adoption de la loi de 2017.

Une vue de l’usine de la mer Morte, le 2 février 2018. The Dead Sea Works est une usine israélienne de potasse située à Sdom, sur la côte de la mer Morte en Israël. (Crédit : Issac Harari/Flash90)

Le nom d’Ofer figurait parmi les noms de centaines d’Israéliens mentionnés récemment par les Pandora Papers, un ensemble de millions de documents qui ont récemment fuité donnant le détail des secrets financiers de riches et célèbres personnalités du monde entier. Ces documents concernent très largement des millionnaires et des milliardaires qui ont placé leur fortune dans des paradis fiscaux offshore et qui ont établi des sociétés-écran leur permettant de conserver leurs distances face à certaines activités.

Selon ces documents, Ofer serait propriétaire d’une compagnie dont le siège se trouve aux îles Vierges, appelée Better Place, dont les avoirs incluent un yacht de 50 mètres qui avait été utilisé comme garantie dans le cadre d’un prêt consenti en 2015 par le crédit Suisse à hauteur de 15 millions d’euros.

Sue Surkes a contribué à cet article.

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