L’État fait appel de l’assignation à résidence d’un condamné
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L’État fait appel de l’assignation à résidence d’un condamné

Le tribunal donne 48 heures aux procureurs pour faire appel avant de libérer Roman Zadorov, et insinue que les arguments pour son maintien en prison ne sont pas convaincants

Roman Zadorov arrive pour une audience au tribunal de district de Nazareth le 18 août 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)
Roman Zadorov arrive pour une audience au tribunal de district de Nazareth le 18 août 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

Le tribunal de district de Nazareth a retardé mercredi la libération prévue d’un homme reconnu coupable du meurtre d’une écolière de 13 ans, alors qu’il attend son nouveau procès pour cette affaire qui a horrifié la nation il y a 15 ans.

Roman Zadorov doit à nouveau passer en jugement sur la base de nouvelles preuves, après plus d’une décennie derrière les barreaux pour le meurtre de Tair Rada en 2006, qu’il affirme ne pas avoir commis.

Le tribunal a autorisé la libération de Zadorov en résidence surveillée mercredi, mais a également accepté la demande du parquet de le garder pendant encore 48 heures pour donner à l’État le temps de faire appel contre sa libération.

Le procureur a déclaré au tribunal que Zadorov présentait un risque de fuite et devrait rester derrière les barreaux jusqu’à la fin de la procédure à son encontre.

Cependant, la défense de Zadorov a déclaré au panel de juges qu’il serait surveillé 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, notamment par sa femme, sa mère et un autre parent. Il devra également porter un bracelet électronique à la cheville.

Le mois dernier, le parquet a annoncé un nouveau procès pour Zadorov, condamné à la prison à perpétuité pour le meurtre de Rada, malgré ses affirmations répétées qu’il a été condamné à tort.

En 2006, Rada a été retrouvée morte dans les sanitaires de son école à Katzrin sur le plateau du Golan avec des entailles au cou, des coups de couteau sur le corps et des coups violents à la tête.

Tair Rada. (Capture d’écran YouTube)

L’affaire du meurtre de Rada fait la une depuis longtemps dans le pays, à la fois en raison de la manière brutale dont elle a été assassinée et des affirmations persistantes de certains selon lesquelles ce n’est pas Zadorov qui a commis ce meurtre.

Peu de temps après le meurtre, Zadorov, qui travaillait alors à l’école comme agent d’entretien, a été arrêté et inculpé du meurtre.

Deux semaines après son arrestation, la police a annoncé que Zadorov avait avoué le meurtre de Rada et reconstitué l’agression pour les enquêteurs. Mais le lendemain, l’avocat de la défense de Zadorov a annoncé que son client s’était rétracté, affirmant que ses aveux et sa reconstitution avaient été forcés et contenaient des informations incorrectes.

En 2010, près de quatre ans après son arrestation, le tribunal du district de Nazareth a condamné Zadorov à la prison à vie.

Olga Zadorov (au centre), l’épouse de Roman Zadorov, arrive pour une audience au tribunal de district de Nazareth, le 3 août 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

Ses avocats, ainsi que des milliers de gens qui le soutiennent, insistent sur le fait que Zadorov a été accusé d’un acte qu’il n’a pas commis et que le véritable meurtrier était Olga Kravchenko, dont l’identité, par ordre du tribunal, n’avait initialement pas été révélée – elle était alors appelée « O.K. ».

En 2018, suite à une analyse ADN des enquêteurs, l’Institut médico-légal d’Abou Kabir a annoncé qu’un cheveu trouvé sur le corps de Rada n’appartenait pas à Zadorov mais correspondait à celui d’un ancien petit-ami de Kravchenko, ravivant les spéculations sur le meurtre.

En 2019, l’avocat de Zadorov, Yoram Halevi, a déposé une demande de procès devant la Cour suprême, affirmant qu’il existait « beaucoup de nouveaux éléments qui prouvaient sans équivoque que Roman n’avait pas assassiné la défunte et n’aurait pas pu l’assassiner ».

Yarom Halevi, avocat du meurtrier condamné Roman Zadorov lors d’une audience au tribunal de district de Nazareth, le 3 août 2021. (Crédit : David Cohen / Flash90)

La Cour suprême avait précédemment rejeté le témoignage de l’ancien petit-ami à propos de Kravchenko, tandis que la police avait conclu que sa version n’était pas fiable et qu’il s’agissait d’une tentative de piéger son ancienne petite-amie, a rapporté le site d’information Ynet en 2018.

En mai, dans sa dernière décision en tant que juge à la Cour suprême, Hanan Melcer a déclaré que, sur la base des preuves présentées par ses avocats, il y avait suffisamment de doute pour disculper Zadorov.

Selon la Treizième chaîne, cette décision était liée au moins en partie à des preuves concernant une empreinte trouvée près du corps de Rada, qui n’aurait pas été laissée par Zadorov.

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