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L’État fait avancer le projet controversé de 700 logements à Jérusalem-Est

Le projet Givat Shaked est critiqué parce qu'il bloquerait les options de développement des résidents arabes de Beit Safafa, le quartier adjacent

Des ouvriers font une pause avant la visite de responsables de l'Union européenne sur le chantier de construction du quartier de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)
Des ouvriers font une pause avant la visite de responsables de l'Union européenne sur le chantier de construction du quartier de Givat Hamatos, à Jérusalem-Est, le 16 novembre 2020. (Crédit : AP Photo/Maya Alleruzzo)

La Commission de planification du district de Jérusalem a fait avancer lundi un plan portant sur le développement d’un quartier juif controversé à Jérusalem-Est.

Le projet, connu sous le nom de Givat Shaked, concerne le Nord-Ouest du quartier palestinien de Beit Safafa, qui touche la Ligne verte, et il anticipe la construction de 700 nouveaux logements.

Selon une source au sein de la Commission de planification, le plan doit être à nouveau soumis à la commission avant approbation finale – une approbation dont il est presque certain qu’elle sera donnée.

Les terres qui accueilleront Givat Shaked avaient été expropriées par le gouvernement de Rabin en 1995, entraînant l’indignation à l’international. Le projet avait été ensuite gelé par Rabin et il n’a plus été d’actualité jusqu’en décembre 2021, quand la commission de district a donné le feu vert au quartier à un stade de planification moins avancé.

La Commission de planification de district avait initialement prévu d’approuver Givat Shaked quelques jours seulement après la visite effectuée par le président américain Joe Biden en Israël mais cette approbation avait été reportée de manière à ne pas créer de tensions avec l’administration.

Selon le groupe de veille La Paix Maintenant, Givat Shaked se dressera sur les dernières parcelles qui auraient permis à Beit Safafa de se développer dans la mesure où ce quartier palestinien surpeuplé est déjà cerné de toutes parts – par le quartier juif de Gilo au Sud, par un parc à l’Ouest ou par une zone destinée à accueillir, à l’Est, un autre quartier juif controversé, Givat Hamatos.

Un chercheur de l’organisation Ir Amim déclare que ces terres doivent être utilisées pour permettre à Beit Safafa de se développer au vu de l’absence d’autres possibilités d’élargissement.

« Le gouvernement refuse de faire avancer les plans de construction des Palestiniens et, en même temps, il détruit de plus en plus d’habitations à l’Est de la ville », commente Aviv Tatarski.

La docteure Laura Wharton, conseillère municipale élue sous l’étiquette du Meretz, condamne également cette décision.

« La manière dont les autorités chargées des constructions approuvent des projets dans le cadre de leur obsession d’afficher un nombre toujours croissant de logements, indépendamment des frontières de la ville, de l’opinion mondiale ou des conséquences environnementales de ces plans, est absolument scandaleuse », s’exclame-t-elle.

« Et les effets à long-terme sont inquiétants quand la qualité, la préservation historique et la paix sont ignorées. Dans ce cas néanmoins, la situation en est presque comique : l’ultra-droite, qui désespère de pouvoir exhiber des réussites, appelle cela un ‘quartier’ quand il s’agit, en fait, de la construction de 700 logements. Cela en est presque embarrassant. Clairement, la ministre de l’Intérieur Shaked panique au sujet de son avenir politique », a ajouté Wharton.

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