L’Etat islamique au Sinaï déclare la guerre au Hamas dans une vidéo d’exécution
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L’Etat islamique au Sinaï déclare la guerre au Hamas dans une vidéo d’exécution

Un membre de l'EI, qui aurait donné des armes à Gaza, a été abattu ; des tensions entre groupes terroristes rivaux éclatent ; pour le Hamas il s'agit d'une "production sioniste"

Dov Lieber est le correspondant aux Affaires arabes du Times of Israël

Capture d'écran d'une vidéo publiée le 3 janvier 2017 et produite par l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï dans laquelle le groupe terroriste déclare la guerre au Hamas et exécute l'un de ses propres membres pour avoir fait de la contrebande d’armes avec le groupe palestinien (Capture d'écran)
Capture d'écran d'une vidéo publiée le 3 janvier 2017 et produite par l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï dans laquelle le groupe terroriste déclare la guerre au Hamas et exécute l'un de ses propres membres pour avoir fait de la contrebande d’armes avec le groupe palestinien (Capture d'écran)

La branche de l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï a appelé mercredi ses partisans à attaquer le Hamas dans une vidéo d’exécution, alors que des tensions entre les groupes terroristes islamistes rivaux ont éclaté.

La vidéo de 22 minutes montrait notamment l’exécution d’un des membres de l’EI, abattu d’une balle dans la tête pour avoir prétendument fourni des armes au Hamas.

« [Le Hamas] utilise des armes de contrebande pour renforcer ce qui n’a pas été offert par Dieu. Il combat également les partisans de l’Etat islamique à Gaza et au Sinaï et empêche la migration de ses partisans de Gaza vers le Sinaï », a déclaré Abu Kazem al-Maqdisi, un prédicateur de l’Etat islamique originaire de Gaza, dans la vidéo.

Maqdisi a appelé les internautes qui visionneront la vidéo à attaquer le quartier général de la sécurité et les triibunaux du Hamas à Gaza, définis comme des « piliers de la tyrannie ».

A la fin de la vidéo, l’orateur déclare qu’un homme, nommé Musa Abu Zamat, qui était autrefois membre de l’Etat islamique, a été condamné à mort pour « trafic d’armes avec les apostats des brigades d’Izz a-Din al-Qassam », se référant à la branche militaire du Hamas, forte de quelque 25 000 hommes.

Capture d’écran d’une vidéo publiée le 3 janvier 2017 et produite par l’Etat islamique dans la péninsule du Sinaï dans laquelle le groupe terroriste déclare la guerre au Hamas et exécute l’un de ses propres membres pour avoir fait de la contrebande d’armes avec le groupe palestinien (Capture d’écran)

L’homme accusé a ensuite été abattu d’une balle dans la tête.

Le tireur a été identifié par les médias comme Muhammad al-Dajani, un ancien membre de la branche militaire du Hamas à Gaza.

La famille de Dajani a publié un communiqué de presse décriant ses actions dans la vidéo.

Le Hamas, groupe terroriste qui a juré la destruction d’Israël, a dirigé Gaza durant une décennie. Il a néanmoins été régulièrement critiqué par des groupes djihadistes plus radicaux dans la bande de Gaza.

Le Hamas a arrêté des dizaines de militants salafistes – une source de tension entre les différents groupes.

Le groupe terroriste palestinien qui gouverne Gaza a longtemps été accusé par le gouvernement égyptien voisin de soutenir l’insurrection de l’Etat islamique dans la région du Nord-Sinaï, en Egypte.

Au cours des derniers mois, le Hamas a renforcé la sécurité tout au long de sa frontière sud avec l’Egypte. Le groupe palestinien cherche ainsi à prouver au Caire qu’il combat les sympathisants de l’EI. La répression exercée par le Hamas contre les terroristes égyptiens a été perçu comme un élément clé dans la restauration des liens entre le Hamas et le Caire. Le gouvernement égyptien a depuis joué un rôle clé dans les accords de réconciliation palestiniens.

Des centaines de soldats, de policiers et de civils égyptiens ont été tués dans la violente lutte contre l’insurrection de l’Etat islamique dans le Sinaï. Récemment, le groupe terroriste a également tourné son attention sur le Hamas.

En août, un membre du groupe Etat islamique a perpétré le premier attentat-suicide contre les forces du Hamas à Gaza, tuant un garde-frontière.

Des salafistes palestiniens manifestent dans le sud de la bande de Gaza en septembre 2012 (Abed Rahim Khatib / Flash90)

Dans la vidéo de 22 minutes, l’Etat islamique a également blâmé le Hamas pour n’avoir pas empêché la décision du président américain Donald Trump de proclamer Jérusalem comme capitale d’Israël. La vidéo démarre avec un clip de cette annonce à la Maison-Blanche.

L’Etat islamique a également critiqué le Hamas pour ne pas avoir combattu les Juifs pour de bonnes raisons.

La vidéo montre des extraits de discours de leaders du Hamas affirmant que le groupe terroriste combat les Juifs car ils ont « occupé » des terres palestiniennes et que le groupe n’a aucun problème avec la religion juive.

Dans la vidéo, le narrateur critique le Hamas pour ne pas avoir combattu les Juifs pour leur « fausse croyance ».

L’Etat islamique critique également le Hamas pour avoir accepté les valeurs démocratiques en participant à des élections avec des factions rivales palestiniennes. Le groupe de Gaza est aussi accusé d’être à la solde de l’Iran. Le Hamas a affirmé que l’Iran était actuellement son plus grand allié militaire.

Jeudi, Salah Bardawil, porte-parole du Hamas, a défini la vidéo de l’Etat islamique comme une « production sioniste ».

Yahya Sinwar (au centre-gauche), chef du groupe terroriste du Hamas à Gaza, visite la frontière avec l’Egypte, dans la ville de Rafah, au sud de la bande de Gaza, le 6 juillet 2017 (Photo AFP / Said Khatib)

La vidéo est « une production sioniste dans laquelle des outils arabes sont utilisés afin de déformer la résistance… C’est ce que cherchent l’agence de renseignement sioniste et ses laquais », a-t-il écrit dans un communiqué publié sur Twitter.

Bardawil a soutenu que le conflit du Hamas avec les salafistes n’était pas d’ordre idéologique, mais qu’il s’agissait plutôt d’une question de sécurité.

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